‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 290 sur 433 · G. Pansa, H Ghronicon Casauriense, p · texte numérisé non relu

G. Pansa, H Ghronicon Casauriense, p

2. « Denique ipsum pulelieiTÏmam purlicum ijuii' esl ante levavil, et sicut cernilur in tunitmm fabrieavit, et prior operi eûiijunxit. a

3. Hoc leinplum primo Ludovious stvuxii ab ùno, Cum volo magno Itoniiui f undavU in anne Abbas quod dure Léonas cupiens renouare, Milieu» neno cenieno sepfnageno.

II a pour supports de robustes piliers, cantonnés de colonnes appareillées. La baie centrale est en plein cintre légèrement surbaissé ; les deux autres baies ouvertes devant la façade et les deux baies latérales sont en tiers-point (fig: 249)'. Les voûtes qui couvrent les trois travées du porche sont celles que le chroniqueur désigne par un mot assez rare dans cette acception : le mot iumba. Ces voûtes sont soutenues par des branches d'ogives, qui, avec leur profil polygonal, sont plus Unes et moins archaïques que celles de Teramo et de Ronzano. Les voûtes, comme l'architecture entière du porche, sont imitées non plus de l'art lombard, mais de l'art monastique de la Bourgogne, qui, dès le xue siècle, était représenté, dans des régions d'Italie plus difficiles d'accès que l'île de la Pescara, par les églises abbatiales de Sant'Antimo et de Venosa2. Dans la « troupe de maîtres d'œuvres et de maçons », qui furent réunis par l'abbé Léonas, la première place était probablement tenue par un bénédictin français. Cependant l'architecture étrangère a été modifiée par la collaboration des artisans locaux. Le portail central est surmonté d'une archivolte, tracée non pas en plein cintre, ni en tiers-point, mais en fer à cheval. Au xu" siècle, cette forme d'arc, fort rare en Ilalie, est commune dans les séries d'arcatures qui décorent des ouvrages en bois et en stuc exécutés pour les églises des Abruzzes. La division extérieure tics (rois travées du porche de San Clémente, accusée par les quatre colonnettes qui s'élèvent au-dessus des piliers d'angle et entre les baies, est un parti de décoration architecturale fort analogue à celui qui a été employé à la façade de Sauta Giusta, près de Bazzano. La corniche, avec ses modillons séparés par des rosaces d'un fort relief, serait presque identique à celles des façades latérales de San l'ellino et de l'abside de San Piet.ro d'Alba, si les petites arcatures qui unissent les modillons en une chaîne continue n'étaient pas tracées en tiers point, à l'imitation des baies latérales du portique.

Lorsque le porche de San Clémente fut achevé, l'abbé Léonas commença, au-dessus delà terrasse de ce porche, la construction d'un oratoire qui devait être dédié à saint Michel Archange, à la sainte Croix et à saint Thomas de Cantorbéry 3, dont le culte se répandait déjà, quelques années après la canonisation de l'archevêque martyr, dans l'État romain et dans la Campanie. Cet oratoire n'était pas achevé à la morl de Léonas, en 1182. Sa place est occupée aujourd'hui par une loggia, dont les quatre fenêtres géminées remontent

1. Le porche de San Clémente a Casauria a élé plusieurs fuis reproduit: voir Schulz, Altas, pl. L1V (dessin très soigné de Cavallari] ; Hindi, Album, pl. 77 (médiocre photographie); Calore, Arch. Stor. dell'Arte, 1891, pl. [(photographie de M. G. Honi).

2. Le caractère français du porche de San Clémente a été reconnu par M. Calore, qui a été chargé par le gouvernement italien de la première restauration du monument. L'érudit ingénieur cite, à propos de ce porche, ceux de Saint- Gilles et de Saint-Trophime [Archivio stor ko deW Arte, 1891, p. 3b). M. J. Graus a rapproché beaucoup plus justement du porche de San Clémente ceux des églises cisterciennes qui furent élevées en Italie quelques années plus lard (Dcr Kirchensmuck, année 1899, p. 118).

3. « Cui super ecdilicavit oratorium, ad honorent sancti Michaelis Ârchangeli el sanct;e Crucis, sanctirrue Thoraœ martyris consecrandum. Sed ante quant opus ipsum consumare potuisset, oceurrit ci finis viu». »

4. Sainl Thomas de Cantorbéry est représenté, dès la (in du xne siècle, sur les médaillons qui décorent la reliure de l'Évangéliaire de Capoue (v. plus haut, p. 179 et pl. VII) et sur une mitre du trésor d'Anagni (p. 426, n. 2).

au xiV siècle; cette loggia a été probablement bâtie après le tremblement de terre de 1348; elle est séparée de l'église par un mur aveugle. L'oratoire commencé par l'abbé Léonas prenait vue, du côté de la nef, par une série d'arcades que portaient des colonnettes; l'une de ces colonnettes a été retrouvée dans le mur delà façade'. Gel oratoire, élevé au-dessus du porche, formait ainsi une tribune ouverte en face du sanctuaire '•' ; sa disposition imitait certainement celle des tribunes qui surmontent le ûàrthex de quelques grandes églises bourguignonnes, telles que l'abbatiale de Vézelay :;.

Cliohfi Moscioui.

Fie 249. — Porche de l'église hk san clémente a casauria (1176-1182).

Les seuls travaux entrepris autour de l'église de Casauria dont le chroniqueur Jean fasse honneur à l'abbé Léonas, sont la reconstruction de la façade et l'addition d'un porche neuf. Les trois portails commencés en 1176 donnent accès dans trois nefs, dont les piliers carrés font partie de l'édifice restauré dans les premières années du xn" siècle. Mais

i. Calobe, Arch. stor. dell'Arte, 1891, p. 28 et 36.

•2. L'établissement Je cet oratoire n'était pas prévu dans le projet primitif de reconstruction et d'embellissement de la façade, tel que l'abbé Léonas l'avait approuvé enli76. Ce projet, dont l'une des sculptures du portail central a conservé une sorte d'esquisse en relief, comportait une rose, largement ouverte au-dessus de la toiture du porche(Pl. XXVI).

3. L'église du Saint-Sépulcre à liarlclta, qui sera étudiée plus loin, et qui est un monument île pure architecture bourguignonne, a une tribune disposée comme devait l'être l'oratoire commencé par l'abbé Léonas.

il est visible, même dans l'intérieur de l'église, que la construction ancienne a été restaurée et remaniée soit par l'abbé Léonas, soit par l'un de ses successeurs immédiats. La série des piliers carrés est interrompue, au milieu de la nef. par deux piliers, dont chacun est cantonné de deux-demi colonnes appareillées; les chapiteaux de ces demi-colonnes ont été refouillés par un des sculpteurs des Abruzzes qui ont travaillé à l'opulente décoration du porche. Les arcades qui unissent les piliers delà nef sont en tiers-point. Les murs qui

FlG. — Chevet de l'église de sa.n clémente a casal'iua (vehs 1180).

reposent sur ces arcades sont percés de fenêtres en plein cintre. Au-dessus de la moulure qui court entre les fenêtres et qui contourne leurs archivoltes, le nu des murs latéraux de la nef est décoré à l'extérieur d'une série de colonnettes et d'une corniche à rosaces1. Un même artiste semble avoir dessiné ce décor architectural et celui de la partie supérieure du porche.

Le chevet, lui aussi, a été rebâti vers la fin du xu" siècle. Les murs de ce chevet n'ont plus pour soubassement les murs de la crypte ancienne. Celle-ci n'a pas été touchée, lors des grands travaux exécutés à la fin du xu" siècle : elle garde encore aujourd'hui ses voûtes basses et ses piliers, faits de tronçons de marbre antique. Mais le chevet de

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