‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 3 sur 433 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

voit passer sur des pages sans vie des énumêralions sans suite; il peut apprendre des faits, il ne découvre pas les causes. Aussi les historiens de l'architecture, de la sculpture et de la peinture qui ont ouvert sur leur table le pesant ouvrage n'en ont-ils à peu près tiré aucune lumière. S'ils ont essayé de citer les monuments que Schulz avait énumérés, ils n'ont pas su faire à ces inconnus une place dans tes familles des monuments qu'ils avaient eux-mêmes associés. Le livre de Schulz, tel qu'il a été conçu, ne pouvait avoir une utilité immédiate que pour celui qui tenterait de le refaire, à condition de recommencer les voyages de l'auteur. En ce cas, il offre au chercheur une statistique monumentale, accompagnée d'une collection de documents: il est un guide... en trois volumes in-folio.

Le livre de Schulz n'est pas une histoire. A celui qui voudrait écrire cette histoire, il offrait le fondement nécessaire. Il ne donnait pas tous les matériaux. Dans un temps où les archives étaient encore un chaos et où les routes n'étaient, le plus souvent, que des sentiers, il avait été impossible à un seul travailleur de dépouiller tous les documents et de découvrir tous les monuments. Les lacunes laissées par le savant allemand auraient fait, dans un exposé historique, des vides capables de compromettre la solidité des conclusions. Plusieurs de ces lacunes ont été comblées par le travail individuel ou collectif des érudils et des archéologues italiens.

L'année même où Schulz quittait l'Italie, en 1 842, l'architecte napolitain Luigi Catalani publiait un opuscule intitulé Discorso sui monumenti patrii. Déjà l'auteur se refusait ouvertement à souscrire aux inventions de de Dominici. A la place des Masuccio et de leurs congénères paraissaient pour la première fois, et près de trente ans avant la publication de l'ouvrage de Schulz, des noms authentiques, copiés sur tes inscriptions et dans les registres angevins.

L'exemple donné par Catalani ne fut pas suivi tout d'abord. Les écrivains qui collaborèrent avec Slanislao d'Aloe au recueil descriptif publié sous le titre Napoli e le sue vicinanze sont encore esclaves de toutes les erreurs invétérées. Cependant, dans les quarante ans qui se sont écoulés depuis la publication du livre de Schulz, le groupe des historiens qui appliquaient à Naples les méthodes critiques a apporté des contributions notables aux éludes d'histoire de l'art. Une guerre acharnée a été déclarée à de Dominici : après les solides articles de M. Faraglia et les spirituelles attaques de M. Benedetto Croce, le faussaire a été expulsé de Naples : il n'a trouvé asile que dans les provinces et chez les écrivains qui, au delà des Alpes, ne se tenaient pas au courant des travaux napolitains. Camillo Minieri-Iliccio, en compulsant lui-même les archives, et surtout en publiant ta plus grande partie des notes que l'érudil napolitain de Lellis avait relevées au XVII" siècle sur des pièces perdues, a augmenté du triple le nombre des actes royaux du XIW et du XI V' siècle qui avaient été publiés dans le IV volume de Schulz. L'étude des registres angevins et aragonais a été continuée d'une manière méthodique par MM. de Blasiis, Barone, Pércopo, Bevere. La fondation de i'Arcliivio storico per le provincie napoletane, en 1881 , a permis la publication régulière des documents mis au jour et des études originales auxquelles Us ont servi de base. Un amateur zélé, le

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