‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 306 sur 433 · SIC UISTES VITA, VITE CONTRARIA VITE · texte numérisé non relu

SIC UISTES VITA, VITE CONTRARIA VITE

FRATER EGO JACOBOS TIBI HARTIR1 SUPPLICO CLEMENS 1STUU OI'L'S BECIPE [I li tjWiqUe] SIS HlfH CLEJIENS.

Biniii, p. &39-4Î0; — Pii cirilli, dans l'ouvrage Chronicon Cù8ai£riensetp. 100.)

Les quatre vers gravés sur l'une des faces de l'ambon nomment le prêtre Thomas, qui. avec l'aide des fidèles, fit exécuter l'ouvrage en 1240:

f A. D. MCCXL HOC OPUS ECCLESIAM QUOD PAULE BEATE DECORAT H ANC TIRI SUSCIPIAS CUJUS TE CLERUS HONORAT. PREPOSITUS SRUX (?) THOMAS FECIT FABRICARI QUOS QUI JUVERUNT ET EOS PAC CURISTE BEAR] 1

Le sculpteur reste anonyme. Cet artiste semble s'être donné pour tâche d'unir dans un seul monument les motifs d'imitation antique cl de création locale qui distinguaient

Flti. 250. — Fragment d'un ambon, dans la façade de l'église DE l'AGANICA.

les ambons sculptés pour les abbayes aux environs de 1180. Il a reproduit la frise d'acanthe qui se développait au-dessus des chapiteaux de l'ambon de Bominaco; mais il n'a mêlé aucune figurine d'animal au feuillage classique et il a détaillé le modelé des épaisses volutes par un travail décidé de ciseau et de trépan. Les deux rosaces, entourées de branches entrelacées, qui s'épanouissent à droite et à gauche du lutrin, ont l'air, avec leurs feuilles charnues et pointues, de gigantesques Heurs épineuses. Entre les colonnettes qui entourent le lutrin, deux thyrses feuillus portent une grappe. Des formes et des ligures nouvelles s'ajoutent aux motifs traditionnels, grossis et gonflés d'une sève plus vivace. Les deux chapiteaux qui seuls ont été sculptés en même temps que l'ambon sont ornés, non point de feuilles grasses, mais de « crochets » imités des chapiteaux

I. Cette inscription a été publiée pour la première fois par Leonïsi, Moiiunwnti... di Aquila, Aquila, 1 848, p. 279. M. Hindi propose pour le mol inintelligible la lecture tenus Cliristi, que la prosodie empêche d'admettre. — Cf. Picgisilli, Rassegna Abruzzese, III, 1899, fasc. 7, p. 22-23.

français du xm" siècle. Le livre ouvert au-dessus duquel se dresse l'aigle du lutrin est posé sur la tête d'une figurine qui n'est point un nomme demi-nu, comme celui de l'ambon de Salerne, mais une femme, dont le sein s'arrondit sous la tunique, et qui relève son vêlement jusqu'au genou. Trois autres figures en lias-relief représentent saint Paul, le patron de l'église, et ses deux disciples, saint Titus et saint Apollon. Les draperies de ces figurines sont striées de plis monotones; mais le relief du corps est bien accusé et les visages osseux sont vivants, avec leurs pommettes saillantes et leurs yeux tristes, dont la prunelle esl marquée en creux (Pl. XXV).

A ces ambons en pierre calcaire doivent être joints des fragments qui achèvent de donner une idée du nombre et de la variété des édicules décorés de reliefs dont les églises des Abruzzes ont été enrichies pendant le xn< et le xm" siècle. Sur un parapet d'ambon encastré dans la façade de l'église de Paganica, entre Aquilaet le Gran Sasso, le décor végétal, palmettes et rosaces, est compliqué d'un décoranimal : l.rois oiseaux et un quadrupède découpent leur silhouette sur les larges feuilles do la rosace centrale; deux paons affrontés et un chien poursuivant un cerf sont disposés dans le cadre de la plaque rectangulaire avec un art ingénieux à balancer les masses et les courbes (fig. 259). Des oiseaux et un grillon d'un relief bien accusé sont placés, à côté des rosaces et des branches entrelacées, sur quatre morceaux d'anlbon ou de transenna qui sont conservés dans l'église de Serramonacesca', et qui proviennent, sans doute, comme le pavement en mosaïque et le portail de celte église, de la grande abbaye bénédictine de San Libéra lore au Mont Majella.

Quelques-uns des artistes qui ont sculpté des ambons pour les églises des Abruzzes ont essayé de représenter dans la pierre calcaire ou dans une plaque de marbre antique des sujets religieux moins communs et plus compliqués que les symboles des Evangélistes5. Pans l'oratoire souterrain qui tient la place de l'église dédiée à saint Victorinus, non loin d'Aquila, à côté des ruines d'Amiternum, deux plaques de pierre, couvertes de grossières figurines en relief, racontent encore les légendes des martyrs dont l'église contenait les ossements. L'un des morceaux est de forme triangulaire : il a certainement figuré dans la rampe d'un ambon ; l'autre, de forme rectangulaire, était un parapet. Sur le fragment triangulaire, des figurines, de taille très différentes, sont rangées de manière à remplir exactement le champ. La plus grande de ces figurines est un saint Pierre debout. De la main gauche il tient un volumen; avec la main droite, d'où pendaient les deux clefs, il fait un geste ; sa tête nimbée se penche vers un personnage imberbe, également vêtu à l'antique et nimbé, qui s'appuie sur un bâton : c'est sans doute saint Victorinus, qui, martyrisé au temps de Trajan, a pu être disciple de l'Apôtre. Plus loin ce même personnage est tenu par quatre bourreaux, qui penchent sa tète sur une sorte de cuve. L'informe bassin est probablement une sorte d'image hiéroglyphique du lac voisin de llieti (Aquse Cutiliee) dans

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