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Ces reliefs sonl encastrés derrière l'autel moderne

2. Les silhouettes des quatre monstres ailés reparaissenlencore, au fond de réalise de Santa Giusta, près de Bazzano, sur des morceaux de pierre grossière, qui sont les restes d'un ambon.

lequel saint y ictorinus fut précipité. Au-dessus du groupe confus, un homme agite deux espèces de massues, tandis qu'un serpent lui mord le bras (fig. 260 1. L'autre relief montre, à côté d'un arbre en forme de hom, un évêque inconnu, avec la mitre à deux cornes du xue siècle, agenouillé devant un bourreau qui lève sur lui son épée. Cet évêque est sans doute un autre sainl Victorinus, qui était frère de saint Severinus. évêque de Septempedœ (San Scverino délie Marche), et qui devint lui-même évêque d'Amiternum1. Les sculptures de San Vittorino sont très primitives, malgré le relief épais : les plis sont indiqués par de simples gravures ; les cheveux, dessinés par des stries, se hérissent sur les crânes pointus.

Fig. 260. — Saint pierre et saint victorinus. Martyre de saint victorinus. Fragment d'un ambon du xii° siècle

A SAN VITTOnlNO, PRÈS Ii'aqLTLA.

Mais le sculpteur, si ignorant qu'il fût des formes savantes et nobles, a fait œuvre de créateur, en détaillant, sur la rampe d'un ambon, non pas l'histoire traditionnelle de Jonas, mais une légende locale, qu'il a racontée avec des épisodes dont les actes des divers saints du nom de Victorinus n'ont pas gardé la mémoire1.

Un autre sculpteur a été plus audacieux, sans être plus expérimenté : sur une plaque de calcaire, conservée dans l'église de Santa Maria, à Lueo, au bord de l'ancien bassin du lac Fucin, des reliefs qui peuvent remonter au xme siècle représentent en abrégé la scène du

1. Voir les dissertations fort confuses que les Bollandistes ont consacrées aux deux saints du nom de Victorinus qui étaient vénérés dans la région d'Amiternum (AA. SS. /an., I, p. 500-501 ; Sept., II, p. 489 et suiv.).

2. I.a date de ces reliefs est inconnue. Plusieurs historiens ont cité une inscription qui se trouvait encastrée au pied de la chaire moderne, dans l'église de San Vittorino, et qui contenait la signature de maître Pielro Amanite, avec la date de 1 107 : t Anno Domint M. C Nong. VII uagistbb Petrus Axabius hoc opus pecit tkmpoke Rayuundi Nicolai mues ec.clesie ahchiprksiutkri (Habangoni; Promis; Schi i./. p. 66, n. 2). ltieu ne prouve que cette inscription ait fait partie de l'ancien ambon.

Jugement dernier, qui, peinte à fresque dans l'église de Santa Maria ad Cryptas, couvrait toute la paroi intérieure de la façade. Le Christ est assis sur son trône, entre deux anges volants et deux chérubins à six ailes; au-dessous du trône, l'Agneau est flanqué de quatre anges qui portent les instruments de la Passion ; enfin au lias de la plaque sont rangés les quatre symboles des Évangélistes.

Les ambons ne sont pas les seules pièces du mobilier des églises que les sculpteurs des Abruzzesaienl taillées dans la pierre du pays. A côté du candélabre qui accompagne l'ambon de Bominaco, il faut citer un édicule isolé, le tabernacle de l'église de San Pietro ad Oratorium, qui a conservé les moindres détails de son architecture et de sa décoration, entre les murs de la nef que ne recouvre plus aucun toit1. L'auteur inconnu de ce tabernacle a reproduit la forme et les proportions des ciboria romains, avec plus d'exactitude que n'avait fait maître Roberto, en élévant, avec son père, maître Ruggiero, le tabernacle de San Clémente al Vomano. Cel artiste a donné au feuillage dru de ses chapiteaux et à la frise de rinceaux entrelacés et de palmettes qui, sur l'architrave, sort de la gueule d'un dragon, l'accent des reliefs qui décorent l'ambon de San Pellino. Les colonnettes qui portent, au-dessous des architraves, la pyramide octogonale de la toiture, son! unies les unes aux autres par des arcs entrecroisés. Les triangles qui restaient vides au-dessus des colonnettes, entre les arcs, oui clé remplis au moyen' de plaquesde faïence, préparées expressément pour cette destinalion. Huit de ces plaques sont encore scellées dans le tabernacle; elles sont décorées en bleu et en vert sur un fond plus clair, de mémo teinte. A côté de quadrillés et de pointillés, les motifs peints comprennent un Agneau de Dieu, avec la croix, un aigle, deux oiseaux affrontés, un lion héraldique. M. Piccirilli, qui le premier a décrit ces faïences, rappelle qu'à la fin du wiu" siècle Francescantonio Grue, un des membres de la famille de potiers qui travaillait dans la vallée de Castelli, près du Cran Sasso, vint établir une fabrique de majoliques dans la bourgade de Bussi, à trois milles de San Pietro ad Oratorium-. Mais un peintre céramiste habitué à modeler sur ses coupes et ses vases des nudités bibliques ou mythologiques n'a pu retrouver dans son imagination les motifs archaïques et les tons anciens des faïences qui foui corps avec l'architecture du ciborium. Il est nécessaire d'admettre, même sans le témoignage d'un document écrit, qu'un atelier de céramiste décorateur a été établi dans la vallée de Bussi, cinq siècles avant les Grue. L'origine de cet atelier est aussi inconnue que son histoire. Mais le tabernacle de San Pietro prouve, à lui seul, que, vers le lemps où les mosaïstes de la région salernitaine encastraient dans l'ambon de San Giovanni delToro, à Ravello, des bàcini sarrasins ou siciliens, les Abruzzes avaient des céramistes capables de collaborer avec les sculpteurs du pays à une œuvre originale.

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