‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 310 sur 433 · Schulz, Atlas, pl. LXIII, lis · texte numérisé non relu

Schulz, Atlas, pl. LXIII, lis

colores. Le tabernacle, avec son toit en forme de pyramide octogonale, porté par deux étages de colonnettes \ est identique an x tabernacles de la Sabine, qui reproduisent les ciboria de Rome, tels nue celui de Saint-Laurent-hors-les-Murs2, Mais l'ambon de Rocca dei Botti n'a plus la base massive et les rampes d'escalier triangulaires des ambons romains3. Le lutrin seul est entouré de colonnettes torses, identiques à celles que maître Giovanni a sculptées pour l'ambon d'Alba Fucense. Quant à Pédicule lui-même, ses parapets ornés de méandres en mosaïque forment une caisse de marbre portée par quatre colonnes ', de même que les ambons en pierre calcaire du diocèse de Valva. L'un des chapiteaux qui soutiennent l'ambon de Rocca dei Botti a même les feuilles longues et collées qui distinguent deux des chapiteaux de l'ambon de San Pellino. Tout ce travail qui suppose l'intervention d'un maître indigène dans un atelier nomade de marbriers romains 5 doit être contemporain du magnifique mobilier de marbre que conserve l'église d'Alba.

Un ambonqui a la même forme que celui de Rocca dei Botti se trouve dans l'église du village de Corcumello, perdu au fond d'une vallée qu'une haute colline sépare de la ville d'Avezzano. Les deux ambons sont décorés de mosaïques composées des mêmes émaux : rouge, noir et blanc. Mais l'ambon de Corcumello est en pierre calcaire, au lieu d'être en marbre, et la polychromie est accompagnée de reliefs. On aigle de Gère allure, qui tient un dragon dans ses serres, supporte de ses ailes ouvertes le pupitre du lutrin. Un peu plus bas, une vieille femme, dont la tète est voilée par un pan de son manteau, se tient debout sur un animal, qui a l'apparence d'un porc. L'aigle et la femme sont séparés par une de ces rosaces qui sont si communes dans les sculptures des Abruzzes. Sur deux des parapets sont rangés deux par deux les quatre symboles des Évangélistes ; sur un troisième, saint Pierre, patron de l'église qui contient l'ambon, est représenté debout, tenant le livre et les clefs, à côté de saint Paul, qui tient le livre et l'épée. Seul un sculpteur des Abruzzes a pu, tout en imitant les mosaïques romaines, composer des groupes de sculptures qui rappellent à la fois l'ambon de Pianella, avec les animaux des Évangélistes, et celui de Prata, avec le saint Paul et la figurine de femme qui remplace la figurine virile communément représentée en Italie sous l'aigle du lutrin. Une inscription gravée aux pieds des deux apôtres faisait connaître le nom du sculpteur de Corcumello : ce nom a disparu du marbre mutilé0. Ce qui reste de l'inscription donne au moins la date de l'ambon, qui, achevé en 1267, était postérieur de plus de vingt-cinq ans à celui de Prata7.

t. Bihoi, Album, pl. 218.

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