‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 311 sur 433 · Bindi, Album, pl. 21'J · texte numérisé non relu

Bindi, Album, pl. 21'J

le ne sais où M. Clausse a pu lire sur l'ambon de Rocca dei liolti le nom du fameux marbrier romain VassaUelto [les Marbriers romains, p. 243).

ô. Hindi, qui indique l'ambon de Corcumello, sans le décrire, cite exactement ta date de l'inscription ; je ne sais comment il a pu lire sur l'ambon le nom d'un certain maître Stefano de Mascino (p. 953).

7. Amto Doxi.ni MCCI.XVII nos Hf.kardls presbiter (?) et canonici hoc opus hbbi fkgimos pbb .uanusma [gistri]...

Les marbriers romains qui ont travaillé à Allia n'ont point passé du bassin du lac Fucin dans la conque de Sulmona et dans le diocèse de Val va. Ce n'est qu'en 1332 qu'un évêque de Teramo, romain de naissance, fera orner le portail de sa cathédrale par maître Adeodato, fils et petit-fils de ces deux maîtres Cosmas, dont le nom a été donné à l'école toute entière des sculpteurs et des mosaïstes qui les onL suivis ou même précédés. Cependant une imitation des mosaïques romaines du moyen âge fut tentée, au cœur même des Abruzzes, par le sculpteur local qui érigea un candélabre de cierge pascal dans l'église de San Clémente à Casauria (fig. 261).

Ce candélabre s'élève en l'ace de l'ambon qui Eut donné par le moine Jacques à la fin du xn" siècle. Les deux monuments diffèrent l'un de l'autre par la matière employée, par la décoration, par le style : ils ne sont point l'œuvre d'une même génération d'artistes. Le support du candélabre est une colonne de granit oriental, prise à une ruine romaine, comme les colonnes de la crypte; cette colonne a pour base un morceau d'autel antique, flanqué de quatre fêtes de lions très grossièrement sculptées. Le chapiteau de la colonne, taillé dans un bloc de marbre blanc, ne ressemble aucunement au chapiteau de l'ambon : sa corbeille lisse est entourée de larges feuilles sur lesquelles sont découpées des folioles dentelées, et qui se terminent par des crochets de style français. Une imitation aussi ample et aussi riche de la sculpture du Nord ne peut être antérieure à celle qu'a réalisée, en 1240, le sculpteur des chapiteaux à crochets qui soutiennent l'ambon de Prata.

Le candélabre proprement dit est un véritable édicule à deux étages, composé de deux lanternons hexagonaux, qui sont séparés l'un de l'autre par un fleuron massif. Chacun des prismes de marbre était entouré de six colonnettes torses, destinées à porter une double couronne de cierges, autour du grand cierge allumé le samedi saint1. Les colonnettes ont des formes variées, imitées des colonnettes torses que les marbriers romains ont sculptées à San Pietro d'Alba. Elles ne sont point elles-mêmes décorées de mosaïques : mais une série de rubans de mosaïque sont disposes en Irises, en carrés, en méandres circulaires sur les faces des deux prismes de marbre, entre les colonnettes, et jusque sur le tailloir du grand chapiteau à crochets. Ces mosaïques ne sont pas l'ouvrage d'un marbrier venu de Rome : elles dessinent de simples damiers, au lieu d'étoiles; leurs émaux ternes et pauvres, avec des tons de brique et de terre grise2, ont été sans doute fabriqués sur place, comme les carreaux vernissés de San Pietro ad Oratorium, Si médiocre que soit une telle polychromie, elle achève l'originalité de ce candélabre de marbre, composé à la manière d'un lustre, avec des couronnes do colonnettes suspendues (fig. 261).

La contrefaçon des mosaïques romaines, dont le candélabre de San Clémente donnait un spécimen, ne fut qu'une tentative isolée. Le candélabre de Santa Maria d'Arbona, à

1. Les colonnettes de l'étage inférieur sont intactes ; celles de l'étage supérieur ont été descellées et ont disparu : leur place est marquée par les trous des tenons dans les chapiteaux et les bases qui sont fixés en couronne autour du fût central.

2. Les différences qui séparent les mosaïques du candélabre de San Clémente de celles de l'ambon et de la transenna d'Alba Fucense ont été fort exactement notées par M, Piccirilli (G. Pansa, Il Chronicon Casauriense, p. toi ).

la fin du xin" siècle ou au commencement du xiv", reproduit assez exactement l'architecture ajourée du candélabre de Casauria; mais Pédicule tout entier est taillé dans le

Qicbé Uosdooi,

FlG. 201. — Candélabre du cierge PASCAL] en MAMIRE OIINÉ DE MOSAÏQUES, dans l'église de San clémente a casauria.

calcaire fin de Pescosansonesco ; le damier de la mosaïque est remplacé par les facettes multiples des reliefs'.

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