Hindi, Album, pl. Ins
Dans là longue série des édicules variés qui ont été sculptés et décorés pour les églises des Abruzzes (de 1 150 jusqu'à 1250 environ), trois groupes se font suite : les ambons et les tabernacles de stuc; les ambons de pierre calcaire; les ambons et le candélabre de marbre ornés de sculptures et de mosaïques. Chacun de ces groupes est encore représenté par des monuments très riches, répartis pour la plupart dans des églises éloignées d'une ville importante. Les artistes des Abruzzes qui ont travaillé à ces monuments, et dont plusieurs ont signé leurs œuvres, forment pendant un siècle une école de décorateurs plus féconde encore, plus inventive, et plus minutieuse dans sa virtuosité que celle des
marbriers qui ont sculpté des ambons et des trônes d'archevêque pour les cathédrales de la Terre de JSari.
La sculpture monumentale s'est développée dans les Abruzzes beaucoup moins rapidement que les décorations multiples et changeantes du mobilier des églises. Chapiteaux et portails gardèrent jusque vers la fin du xu' siècle une simplicité égale à celle de l'architecture. Cependant il est facile de distinguer dans les sculptures qui ont fait corps avec un édifice une variété de motifs
plastiques qui correspond à la diversité des
Fig. 202. — Portail de ban clémente al vomano (1108). .... i i t
modèles imites par les sculpteurs.
Les ruines romaines avaient donné aux constructeurs des matériaux réguliers et des exemples classiques de décoration architecturale. Les marbriers copièrent, en même temps que les ovcs et les rais-de-cœur des architraves, les feuillages luxuriants de quelques morceaux de frises retrouvés parmi les colonnes rompues. Sur le portail de San Clémente al Vomano, qui porte la date de 1108 (fig. 262), et sur le portail de San Pellino (fig. 263), qui remonte sans doute au temps do Frédéric II, l'acanthe s'épanouit en larges volutes. Les montants et le linteau du portail de San Pellino passeraient sans peine pour des blocs de marbre relevés des ruines de Cortinium, si les rinceaux n'étaient accompagnés de lions debout qui ont la silhouette d'animaux héraldiques. Sur le linteau du portail de San Clémente al Vomano, une série de petits caissons imités de l'architecture antique esL interrompue par trois figurines de dragons à queue de serpent. Le portail de l'église de Sant' Eusanio Forconese est surmonté d'une archivolte dont les volutes d'acanthe ont la même rondeur que celles du portail de San Pellino ; l'encadrement de la baie est orné de caissons.
Los palmettes et les fleurons do stylo byzantin, qui s'étaient montrés vers l'an 1100 sur les portails de San Liberatore et de San Pietro ad Oratorium, trouvèrent quelques imitateurs pendant le xn" siècle. Les rosettes inscrites dans des cercles qui se suivent en chapelet tout autour du portail de Santa Maria in Lago, près Moscufo, rappellent d'une
FlG. 26:j. — PoHÏAIL DK SAN PF.LL1NO (xill0 SIÈCLE?).
manière singulière le décor tout oriental des plus anciens portails de Bari1. Les palmettes iln portail sculpté pour l'église de San Liberatore au mont MajVlla /'.</• 73) sont reproduites sur le linteau du portail de San Giovanni dell'ïsola, la petite église voisine du Gran Sasso. Le motif byzantin se trouve d'ailleurs entouré de motifs qui n'ont point même origine : l'archivolte du portail est parée de maigres acanthes, et les plaques de dimensions inégales qui font office de montants sont couvertes de griffons et de dragons tordus (fig. 239).
D'autres sculptures de marbre ou de pierre à relief plat imitent, non plus les motifs orientaux de l'école du Mont-Cassin, mais le travail du bois, dont s'inspiraient de leur côté les sculpteurs des tabernacles et des ambons en stuc. Le portail de l'église du cimetière