HOC OPUS EST MAGNE LAUDIS FACIENTE JOHANNE
Ces deux inscriptions rapprochées l'une de l'autre donnent une raison positive de croire que la partie de l'ambon qui remonte au temps de l'évêque Giovanni est bien l'escalier, avec ses rampes sculptées par Peregrino.
Le candélabre lui-même est une haute colonne cylindrique, entourée d'une torsade de mosaïque, qu'interrompent deux anneaux ornés, comme la base, de figures sculptées '. Le chapiteau est réduit à un simple rang de feuilles. Outre les inscriptions qui font connaître le nom du sculpteur et de l'évêque donateur, deux vers gravés, l'un, au-dessus de la hase, l'autre, au-dessous du chapiteau, font allusion à la lumière du cierge pascal :
POLCBA COLUMPNA N1TE, DANS NOBIS LUMINA VITE. AD LUMEN SANCTUM NOSTRUM, DEUS, ACCIPE CANTCJM.
Le chœur était autrefois entouré d'une magnifique Irawenna, tout incrustée de mosaïques d'émail, qui fut déplacée en 1866 et qui resta mutilée. Quelques fragments gisent au rez-de-chaussée du palais épiscopal ; une série de plaques et de montants, ingénieusement rassemblés, sert de parapet devant une haute tribune élevée à l'entrée de l'église (fiy. 270). Vu d'en bas, ce décor d'émail, dont les touches se fondent à distance, parait nu tissu d'or sur lequel seraient brodés en soies des teintes les plus fines un lacis d'arabesques et un semis d'oiseaux brillants. Avec les morceaux conservés et la description de Schulz -, il est possible de reconstituer la transmua dans sa disposition primitive. Au-dessus de l'entrée du chœur s'élevait une arcade analogue à celle de la cathédrale de Salerne. On lisait sur cette arcade deux passages de la liturgie relatifs au sacrifice de l'autel :
Calicem salutaris accipiam. Hoc est corpus meum.
i. Cette décoration sculptée sera étudiée plus loin. Z. Schulz, M, p. 147.
L'ART SICULO-CAMPANIEN DU XIII' SIÈCLE
Au bas des plaques de marbre qui formaient la clôture du chœur courait une inscription composée de trois distiques; l'un contenait une prière à saint Pierre, patron de la cathédrale; le second donnait le nom de l'évêque Giovanni (1259-1283), qui avait fait exécuter la transenna, en même temps que le candélabre du cierge pascal; le troisième enfin était une signature d'artiste :
EX HIIS CANCELLIS EXCLUSIS, PETRE, PROCELL1S 1 .
Ut locus iite nilet, sic per te sordida vitet. Laude tua, Petre, sculturn de scemale pelre Presidts est annis opus hoc insigne Joliannis.
QUI PAMA FULX1T, CJI'US HOC IN MARMORB SCOLPSIT NOMINE TADDEUS, CCI MISEREKI3 UEUS2.
Taddeo, qui collabora avec le sculpteur Peregrino aux décorations commandées par l'évêque Giovanni; a mis sa signature, non point sous nu bas-relief, mais sur l'étroite
DRALB DK CASBBTA VECCH1A.
bande de marbre qui reste nue au-dessous d'un précieux travail d'incrustation : le nom de l'artiste qui a exécuté ce travail in marmore est celui d'un mosaïste.
La patrie de maître Taddeo est inconnue. Campanien ou Sicilien, ce mosaïste a reproduit en pleine Terre de Labour, au temps de Manfred ou peut-être de Charles I" d'Anjou, toute la richesse orientale des décorations exécutées à Monreale et à Salerne au temps du dernier roi normand de Sicile.
La décoration polychrome de l'église de Sessa est complétée par un pavement qui couvre encore la nef entière. Les matériaux sont les marbres antiques des pavements du Mont- Cassin et de Home; mais, à côté des méandres byzantins, on distingue des entrelacs qui n'ont