Sur l'une des plaques conservées à l'évêché
2. Sur deux des plaques qui forment le parapet de la tribune.
pas trouvé place sur le sol des églises d'.Orient et dont le pavement de la cathédrale de Salerne n'offrait encore aucun exemple. Le motif central, fait de grands polygones étoilés, est un souvenir immédiat des pavements à demi sarrasins qui tapissent la Chapelle palatine de Païenne et la basilique de Monreale.
Ce décor complet de goût sicilien, dont se parait une église de la Terre de Labour, n'était point, au milieu du xm* siècle, une merveille isolée. Entre Salerne et Sessa l'influence sicilienne a suivi à travers la Campanie une route qui est jalonnée par des monuments ou des fragments remarquables.
La triste cathédrale de Caserta Vecchia, sur la montagne où elle s'élève, au milieu des ruines d'une ville abandonnée, possède encore les restes d'une décoration polychrome aussi
brillante que celle de la cathédrale de Sessa : un ambon carré, porté sur quatre colonnes, un candélabre orné de mosaïques et une plaque de transenna, couverte d'oiseaux d'une splendeur féerique. Les entrelacs polygonaux qui couvrent l'une des plaques de l 'ambon sont les plus riches qui se soient conservés dans la Sicile el l'Italie méridionale : ils ont exactement les tracés et les couleurs d'une mosaïque de faïence musulmane. Parmi les chapiteaux de cet ambon, les uns, ornés d'oiseaux et de figurines, ressemblent aux chapiteaux de Salerne et de Sessa; les autres ont des « crochets » pareils à ceux des chapiteaux français du xiii' siècle (fig. 271) '.
A quelques milles au nord de Caserta, Capoue, centre vivant de la plaine campanienne, conserve dans sa cathédrale des mosaïques à motifs géométriques, qui proviennent de deux décorations exécutées à plus d'un siècle d'intervalle. Des montants et des plaques de transenncù sont encastrés aux parois de 1 edicule rond, en forme de Saint Sépulcre, qui fut élevé au xvm" siècle dans la crypte-. Sur ces fragments juxtaposés, mieux encore que dans la cathédrale de Salerne, éclatent les différences qui séparent le décor byzantin en mosaïque de marbre du décor arabo-sicilien à entrelacs d'émail. A côté de mosaïques très simples, en morceaux de marbres colorés, qui remontent au temps de l'archevêque Ugo ou
Fig. 272. — Fragment d on ambon du xiii0 siEct