‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 33 sur 433 · AVEC SIX AILES. MOSAÏQUE DU BAI'TISTEHE DE NAPLES · texte numérisé non relu

AVEC SIX AILES. MOSAÏQUE DU BAI'TISTEHE DE NAPLES

n'indique point d'autres figures, et, des deux côtés de l'Agneau divin, elle laisse vide le paysage paradisiaque. Peut-être, malgré le silence du texte, faut-il imaginer entre les palmiers et parmi les Heurs douze agneaux, qui seraient les Apôtres. De môme que le Christ est ligure par le double symbole «le l'Agneau et de la Croix, ses disciples seraient figurés par les deux symboles des colombes et des agneaux.

L'addition des douze agneaux dans la mosaïque de Nola peut être légitimée non seulement par l'exemple des mosaïques conservées à Rome et à [{avenue, mais encore par l'analogiede la mosaïque absidale de la petite basilique de Fondi, exécutée, clic aussi, auxfrais de saint Paulin et décrite dans le Ululas de douze vers qui la surmontait. Cette mosaïque avait un autre sens religieux que celle de Nola, puisque, au lieu de la Trinité, elle représentait allégoriquement le Jugement dernier. Mais les lignes générales et les principaux motifs îles deux compositions étaient identiques : nous retrouvons, dans la seconde, et la Croix dans sa couronne brillante et l'Agneau nimbé debout sur un rocher. Ici les vers décrivent expressément la double procession des agneaux et des boucs qui se rangent à droite et à gauche do l'Agneau divin et n'omettent pas d'indiquer le décor de là scène: un paysage paradisiaque, avec des (leurs cl des arbres.

Les descriptions que Paulin a données des deux mosaïques d'absides exécutées par ses soins, s'appliquent fort exactement, ainsi que M. Wickhofl t'a remarqué, a la grande mosaïque du vi" siècle qui décore l'abside de Sauf Apollihare in Classe, près de P.avennc. Dans trois monuments, dont un seul est parvenu jusqu'à nous, on peut suivre une même composition symbolique, qui, tout en gardant s rdonnance primitive, change totalement de

signification par l'addition de quelques détails. La présence de la colombe du Saint-Esprit, entre la main divine qui apparaît dans les nues et la croix brillante sur le ciel, donne tout d'abord une représentation île la Trinité. La transformation de six agneaux en autant de boucs suffit pour évoquer une idée Imite différente de la première, celle du Jugement dernier. Enfin, à liavenne. la composition dont la basilique de Nola offrait un premier exemple devient une Transfiguration : pour donner cette signification nouvelle à une composition déjà vieille de plus d'un siècle, l'artiste s'est borné à ajouter, au pied de la Croix, rayonnante dans son cercle d'or, trois agneaux, qui sont les trois Apôtres, spectateurs du

';"''|,; dans le ciel, il a fait apparaître, sortant à mi-corps des nuées, les figures de

Moïse et d'Élie; enfin, pour satisfaire à la dévotion locale, il a mis dans le Paradis, au milieu des agneaux et des (leurs, saint Apollinaire, évèque de Mayenne. C'esL la «contamination .. d'un décor purement symbolique, et où ne se mêlait tout d'abord aucune figure humaine, avec des images empruntées au cycle his torique.

Comme la mosaïque absidale de la grande basilique de Nola, la mosaïque qui décorait l'abside ajourée de la basilique que l'évéque Sévère avait élevée à Naples, du vivant de saint Paulin, ne nous est connue que par une description. Le décor de cette abside était tout différent du décor purement symbolique formé à Nola par la grande Croix et les animaux mystiques apparus dans le ciel constellé ou dans un paradis terrestre. On ne voyait, dans

LES MOSAÏQUES OAMPANIENNES ANTÉRIEURES A JUSTINIEN 47

l'abside de la basilique de Sévère, que do grandes figures humaines, disposées sur deux zones : en bas, les quatre prophètes Jérémie, Isaïe, Daniel, Ézéchiel; en haut, le Sauveur assis au milieu des apôtres1.

Fig. 7. — Mosaïques du baptistère de naples; projection d'ensemble, d'après le relevé de terd. kazzante.

Nous trouvons enfin, sous la coupole et sur les trompes d'angle du baptistère bâti par l'évêque Soter, des mosaïques du v" siècle, que nous pouvons examiner de nos yeux (fig. 7).

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