‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 34 sur 433 · I. MONTE, Ree. arch., 1883, I, p · texte numérisé non relu

I. MONTE, Ree. arch., 1883, I, p

Elles ont été décrites à plusieurs reprises et la plupart des sujets représentés ont été iden-

Au Eond des quatre niches ménagées dans l'épaisseur des trompes, les symboles des Evangélistes sont représentés par quatre demi-figures, sans nimbe et ailées de six longues pennes-, qui se détachent sur un tond bleu, semé de grandes étoiles blanches3. Los arcs qui surmontent les niebes sont ornés tous les quatre de compositions uniformes: un berger debout ou assis entre deux agneaux ou deux cerfs, dans un paysage sur lequel se détachent deux palmiers. Quatre fenêtres étaient percées au milieu des quatre parois, à la hauteur des trompes '*. Des

deux côtés de chaque fenêtre était ligure un saint debout, en toge blanche, à laticlave brun, tenant une couronne de feuilles de chêne en or. La décoration de la coupole commence au-dessus de celte première série île mosaïques. La calotte qui forme le sommet de la coupole est comme un morceau de ciel, d'un bleu pâle, où brille, au milieu d'étoiles blanches et d'étoiles d'or, une grande croix monogrammatique, tout en or,

Fig. 8. — Les amphores de cana et la samaritaine au puits ; , ,

Mr.su.jn-: du baptistère DE pîaples, flanquée des deux lettres A e( <>, et

surmontée d'une couronne d'or, que lient la Main divine. La zone qui entoure le cercle est couverte de fleurs et de fruits, rl 'I oiseaux de tout plumage, perdrix, canards, geais et piverts, au milieu desquels une place d'honneur est réservée à deux paons solennels, affrontés des deux cotés d'un vase

1. Le P. Garrucci a le premier consacré une étude archéologique à ces mosaïques (Storia dcltArtc cristiana, iv, p. 79-82), avec deux planches d'ensemble, gravées au trait et assez inexactes. M. Mi ntz a fixé l'âge ilu monument et de sa décoration par l'analyse iconographique (Revue archëol., 1883, I, p. 21-27). M. Ajnalof a donné une description plus exacte que celle de ses prédécesseurs, éclairée par quelques croquis et par des rapprochements érudits [Mosaïques du tv» et du v siècle (en russe), Saint-Pétersbourg, 1895, p. 139-148]. M*r Galante, qui avait d'abord reporté les mosaïques dn baptistère napolitain à l'époque de Constantin, s'est, rallié à l'opinion de M. Miintz (Nuovo boit, di arch. crist., 1900). Dans un bref article consacré aux restaurations récemment achevées, M. l'ingénieur Abalino a publié quelques reproductions photographiques, les premières qui aient été exécutées (Napoli .Yo^""1, 1900, p. 101-104 . Il a bien voulu me confier des clichés inédits, avec une courloisie à laquelle je suis heureux de rendre hommage. C'est à la bienveillance de M. le comm. Avena, directeur de l'Office régional pour la conservation des monuments, qu'on devra de trouver ici, à cèle des photographies, une copie, légèrement corrigée, du relevé dessiné parle regretté Ferdinand.) Mazzante (fig. 7).

2. Il est impossible d'admeltre, comme l'ont avancé le P. Carrucci et M. Miïntz, que ces plumes soient « tout simplement des branches disposées sur un triple rang» (Cf. Ajnalof, p. 144).

3. Le bœuf de saint hue a disparu ; L'aigle est très fortement endommagé ; le lion et l'homme, qui est imberbe et vêtu de blanc, sont à peu près intacts.

4. Trois de ces fenêtres ont été bouchées par la suite ; à l'emplacement de deux d'entre elles, on voit aujourd'hui deux busles colossaux du Christ et de la Vierge, vingt fois repeints et qui, à en juger parleurs nimbes relevés, en relief sur la paroi, ont sans doute été exécutés au xiv siècle par un artiste toscan.

MARTYRS PORTAIT LEURS COURONNES Mosaïques du Baptistère <J<- t'évèqne Sbttr, à Njples (V« nècl

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deux cotés de chaque fenêtre était liguré un saint debout, en toge blanche, à laticlave brun, tenant une couronne de feuilles de chêne en or. La décoration de la coupole commence au-dessus de celte première série de nmsaïques. La . - : ' ealolle l'orme le sommet de la

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I. Le P. Gahhucci a te premier consacré une étude archéologique à ces mosaïques [storia deil'Artr crintiàtut, iy, p. 79-92), avec deux planches d'ensemble*, gravées au trait et assez inexactes. M. Mi vu a lixé l'âge du monument et de sa décoration par l'analyse iconographique [Brous archéol., 1883, I, p. 21-27:. M. Ajnalop a donné une description plus exacte que celle de ses prédécesseurs, éclair^1 par quelques croquis et par «les rapprodSbme n t s êrudits [MotoSques du iv et du v* siècle (en russe), Saint-Pétersbourg, 1 8!j:;, p. 139-148}. MKr Calante, qui avait d'abord reporté les mosaïques du baptistère napolitain à l'époque de Constantin, s'est rallié à l'opinion de M. Miintz (Ruovo boll. di arch. crist., 1900). Dans un bref article consacré aux restaurations récemment achevées, H. l'ingénieur Abatino a publié quelques reproductions photographiques, les premières qui aient été exécutées (Supoti JVo&"», 11)00, p. 101-104). Il a bien voulu me confier dos clichés inédits, avec une courtoisie à laquelle je suis heureux de rendre hommage. C'est à la bienveillance de M. le comm. Avena, directeur de l'Office régional pour la conservation des monuments, qu'on devra de trouver ici, à c.'.té des photographies, nue copie, légèrement corrigée, du relevé dessiné par le regretté Ferdinando Mazzanle 'fin- '■ ■

î. Il est impossible d'admettre, comme l'ont avancé le P. Carrucci et M. Miintz, que ces plumes soient tout simplement des brandi. -s disposées sur un triple rang »• (Cf. Ajnalok, p. 144).

3. Lé bœuf de saisi LUC a disparu; l'aigle est très fortement endommagé ; le lion et l'homme, qui est imberbe et viHu de blanc, sont à pou près intacts.

î. Trois de cas fenêtres ont été bouchées par la suite ; à remplacement de deux d'entre elles, M v..if aujourd'hui deux bustes colossaux du Christ et de la Vierge, vingt fois repeints et qui, à en juger par leurs nifBDOl reit-vés, on relief sur lu paroi, uni sans doute été exécutés au xiv siècle par un artiste toscan.

L'A ut dans l'Italie Méridionale.

Pl. Il

MARTYRS PORTANT LEURS COURONNES Mosaïques du Baptistère de l'évêque Soter, à Kaples (Ve siècle).

LES MOSAÏQUES CAMPANIENNES ANTERIEURES A JUSTINIEN

d'or. Huit bandes, décorées avec la même richesse, se détachent de cette zone et séparent huit compartiments. Chacun des compartiments est surmonté d'une sorte de dais, formé d'une draperie bleue lamée d'or; dans les trapèzes qui restent vides, entre celle draperie et la base de la coupole, huit scènes évangéliques étaient représentées. L'une ûgure le Christ donnant la Loi à saint Pierre et à saint Paul; la scène voisine est la Pèche miraculeuse. Les restaurations récentes ont mis au jour quelques détails d'un troisième tableau, où se trouvaient réunis la Samaritaine au puits et une représentation abrégée des Noces de Cana : deux hommes, en tunique courte, versant, dans six vases rangés sur le sol, l'eau des amphores qu'ils tiennent sur l'épaule {fig. 8). Le dernier des tableaux qui se sont en partie conservés est resté inexpliqué (fig. 9). On y voit un homme (dont la tête a disparu) assis sur un rocher, devant un édicule, et tenant un volumen; devant lui, une femme voilée s'incline. Un arbuste, entre les deux figures, indique que la scène se passe en plein air. Le P. Garrucci a cru reconnaître dans la femme inclinée la Samaritaine : mais celle-ci est déjà représentée dans un autre compartiment. Un rapprochement suffit à résoudre l'énigme : sur le célèbre diptyque d'ivoire de la collection Trivulzio, on retrouve le même personnage assis sur la même pierre, et tenant le même volumen : c'est l'ange assis devant le tombeau du Christ ressuscité; deux femmes s'inclinent devant lui1.

Sur les cinq scènes qu'on peut encore distinguer2, trois sont empruntées à l'histoire sacrée de l'eau qui remplissait la cuve baptismale [la Pèche miraculeuse, la Samaritaine et les Noces de Cana); deux autres, le Don de Dieu et la Résurrection, concourent, avec l'apparition de la Croix triomphante et les Symboles des Évangélistes, à rappeler la vie nouvelle que la doctrine divine donne à l'âme purifiée par le sacrement.

LES SAINTES FEMMES. FllAi AU BAPTISTÈRE DE NAPLEf

0 CHRIST El' DE MOSAÏQUE

1. La meilleure reproduction est donnée par A. Ventubi, Sloria ctell' Aile italiana, I, 1901, p. 77, fig. 60. I] reste, dans le champ de la mosaïque napolitaine, la place d'une seconde figure féminine. J'ai cru pouvoir restituer celte ligure sur la vue d'ensemble de la mosaïque {fig. 7).

2. A la place de deux des quatre scènes disparues, on a grossièrement peint, au xvii" siècle, l'Annonciation et le Repos cTEmmaùs. Ces peintures ne reproduisent pas. comme l'avait cru M. Slûnlz, « les compositions incrustées à la même place en mosaïque ». On s'en convaincra en examinant une figure peinte, qui lient la place de l'un des saints portecouronnes. Un fragment de la mosaïque ancienne, qui avait été englobé sous l'enduit et qui vient de reparaître, montre que la peinture moderne représente une ligure de pure fantaisie, vêtue tout autrement que la figure de mosaïque et tenant en main une palme, au lieu de la couronne. Cf. Aj.nalok, p. 144.

L'art de la mosaïque fut pratiqué à Capoue, comme à Naples. L'ancienne cathédrale de Santa Maria di Capua Vetere, qui a conservé les colonnes précieuses de ses cinq nefs, a perdu, au siècle dernier, la mosaïque ancienne qui avait longtemps décoré son abside. D'après l'historien napolitain Mazzocchi, celte mosaïque représentait une Vierge avec l'Enfant Jésus, au milieu de rinceaux qui couvraient la conque tout entière. Sous la mosaïque on lisait la dédicace suivante, en grandes capitales : SANCTAE MARIAE SYMMACUS EPISCOPUS. Un évèque du nom de Symmaque, sur lequel on ne sait rien, assista aux derniers moments de saint Paulin. Mazzocchi, que M. Mûntz a suivi1, place la mosaïque, d'après celle inscription, dans la première moitié du v siècle; il a soin d'ajouter que, « par sa beauté », celte œuvre d'art ressemblait aux mosaïques absidales de Sainte-Marie-Majeure, qui furent exécutées avant 440. L'inscription du pape Xyste, qu'on lit sur l'arc triomphal de la basilique romaine-, est rédigée dans des termes analogues à ceux qui furent employés, dans l'inscription de Capoue, par l'évêque Symmaque. Nous n'avons plus aucun élément pour apprécier la valeur du rapprochement indiqué par Mazzocchi. En effet, le Couronnement de la Vierge, représente à l'abside de Sainte-Marie-Majeure, ne fait pas partie de la mosaïque du v° siècle, et n'a pas été ajouté aux rinceaux primitifs avant 129G3.

Pour trouver des restes ou des images de mosaïques capouanes, il faut sortir de la grande cité campanienne, et gagner, à un mille de là, sur la route de Bénévent, le village de San Prisco, qui a été riche autrefois en édifices du vi" siècle. San Prisco, comme Cimitile, occupe remplacement d'un ancien cimetière l. C'est là, au bord de la via Appia, que les premiers chrétiens de Campanie déposèrent le corps de saint Priscus, qui avait été, suivant la tradition, l'un des soixante-douze disciples de Jésus, et qui, après avoir suivi Pierre en Italie, devint le premier apôtre et le premier évèque de Capoue3. La tombe de Priscus, comme celle de saint Félix, attira les pèlerins. Au début du vi" siècle, une jeune malade nommée Matrona, qui était, dit-on, fille du roi de Lusitanie, vint au tombeau voisin de Capoue, dans l'espoir d'y trouver la guérison". Une fois exaucée, la princesse se fit construire près du Cimetière une habitation, où elle mena avec d'autres pieuses femmes une vie monastique, à l'exemple de la bienheureuse Therasia, femme de saint Paulin.

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