DANS LE PAVEMENT DE LA CATHEDRALE DE CAPOUE
1. Il est possible que cet ambon soit contemporain du tabernacle qui l'ut donné à la cathédrale de Caserta par l'évèque Nicola, en 1289, et qui a disparu (Ughelli, ïtalia sacra, VI, col. 48b; — Sohulz, II, p. 18*).
2. Voir la reproduction de ce « Saint Sépulcre» en miniature, donnée par M. Gbaus (Der Kirchenschmuok, XXVI, 1895, p. 132). Ce savant, trompé par les dix colonnettes du xir ou du xiii» siècle qui ont été réemployées dans l'édicule, a pris le tempietto de l'archevêque Caracciolo pour une construction «romane» (Ibid., XXV, 1894, p. 114), qu'il attribue au temps de l'archevêque Giorgio délia Pigna (1288), à cause des pignc, ou pommes de pin, qui font partie des incrustations de mosaïques. 11 va sans dire que ces pigne multicolores ne sont que des motifs de décoration, comme les fleurons. Le gracieu tuaipictta de la crypte de Capoue contient une statue du Christ mort, sculptée par le Napolitain Bottigliero. Cette statue mérite, par la noble élégance des formes et par la douloureuse intensité de l'expression, d'être citée comme une des œuvres les plus saisissantes de l'école du Bernin.
pu trouvé place sur le sol des églises d'Orient et dont le pavement de la ealhédrale de Salerne n'offrait encore aucun exemple. Le motif central, fait de grands polygones étoiles, est un souvenir immédiat des pavements à demi sarrasins qui tapissent la Chapelle palatine de Païenne et la basilique de Monreale.
Ce déeor complet de goût sicilien, dont se parait une église de la Terre de Labour, n'était point, au milieu du xm* siècle, une merveille isolée. Entré Salerne et Sessa J'influence sicilienne a suivi à travers la Campanie une roule qui est jalonnée par des monuments ou des fragments remarquables.
La triste cathédrale de CaserUi Vecchia, sur la montagne où elle s'élève, au milieu des ruines d'une ville abandonnée, possède encore les restes d'une décoration polychrome aussi
brillante que celle de la cathédrale de Sessa : un ambon carré, porté sur quatre colonnes, un candélabre orné de mosaïques et une plaque de transenna, couverte d'oiseaux d'une splendeur féerique. Les entrelacs polygonaux qui couvrent l'une des plaques de l'ambon sont les plus riches qui se soient conservés dans la Sicile et l'Italie méridionale : ils ont exactement les I racés et les couleurs d'une mosaïque de faïence musulmane. Parmi les chapiteaux de cet ainbon, les uns, ornés d'oiseaux et de figurines, ressemblent aux chapiteaux de Salerne et de Sessa; les autres ont des « crochets » pareils à ceux des chapiteaux français du xm" siècle ifuj. 271 )
A quelques millesau nord de Caserta, Capoue, centre vivant de la plaine campaiiienne. conserve dans sa cathédrale des mosaïques à motifs géométriques, qui proviennent de deux décorations exécutées à plus d'un siècle d'intervalle. Des montants et des plaques de transmncé sont encastrés aux parois de 1 edicule rond, en forme de Saint Sépulcre, qui fui élevé au xvm" siècle dans la crypte5. Sur ces fragments juxtaposés, mieux encore que dans la cathédrale de Salerne, éclatent les différences qui séparent le décor byzantin en mosaïque de marbre du décor arabo-sicilien à entrelacs d'émail. A côté de mosaïques très simples, en morceaux de marbres colorés, qui remontent au temps de l'archevêque Ugo ou
Fl".. 272." — KlUf.MKNT D'DN AMBON DU XIIIe SIK(;L DANS LE PAVBMBKT DE LA C VI II É DU A LE DE C'Al'OUE
1. Il est possible que cet ambon soit contemporain du tabernacle qui fut donné à la cathédrale de Caserta ftl l'év.'que Nicola, en 1289, et qui a disparu (Uc.helli, Ualia sacra, VI, col. 48:*. ; — SeBPU, II, p. I<4).
2. Voir la reproduction de ce « Saint Sépulcre » en miniature, donnée par M. Ga.'rs'f/ter Kirrhensrhmudi, XXVI. 18»'', p, 132). Ce savant, trompé par les dix colonneltes du .\n" ou du xm' siècle qui ont été réemployées dans Pédicule, a pi i~ le Icmpiello de l'archevêque C.aracciolo pour une construction «romane» (Ait/., XXV, 1894, p. 1141, qu'il atli'ibu* H temps de l'archevêque Giorgio délia Pigna (1288), à cause des pigne, ou pommes de pin, qui font partie des in. : lions .le mosaïques. Il va sans dire que ces pigne multicolores ne sont que des motifs de décoration, comme les Hf ur<m> Legracieu lempiello de la crypte de Capoue contient une statue du Christ mort, sculptée par le Napolitain BottigBan Celte statue mérite, par la noble élégance des formes et par la douloureuse intensité de l'expression, d'.'lp comme une des œuvres les plus saisissantes de l'école du Ilernin.
L'ART SICTJLO-CAMPANIEN DU XIII' SIÈCLE OU7
de l'archevêque Hervé, reparaissent les polygones étoilés, les baguettes blanches, les lins
émaux de couleurs vives et les petits losanges d'or qu'on a vus à Salerne et à Amalfl,
comme à Païenne et à Monnaie. Un ancien parapet d'ambon ou de chaire encastré dans lé
pavement de la crypte de Capoue est magnifiquement décoré
de polygones et de deux grillons affrontés; dans l'église liante,
deux autres fragments du même édicule font partie du [lavement de la chapelle du Saint-Sacrement, où ils sont mêlés
aux restes archaïques d'un pavement semblable à celui du
Mont-Gassin. L'un de ces fragments est une archivolte, dont
les écoinçons, encadrés d'un bande d'étoiles en émail, portent
en bas-relief deux figures de prophètes tenant des phylactères
[fig. 272)'. La cathédrale de Capoue avait autrefois, comme la
cathédrale de Salerne, une chaire portée par quatre colonnes
et un ambon porté par six colonnes : les dix colonnes se
retrouvent encastrées dans le tempietlo moderne de la crypte.
Les colonnes de l'ambon reposaient sur des lions, dont deux
servent de support à la cuve baptismale, faite d'une baignoire
antique en marbre cipollin.
Il est difficile de dater les morceaux les plus riches et les
plus récents de ce mobilier de marbre et d'émail. On peut
supposer que le second des deux édicules était contemporain
du candélabre du cierge pascal qui. après avoir été érigé,
de 1720 à 1856, sur la fontaine qui fait face à l'entrée de l'atrium2, a repris sa place dans la nef, d'où les ambons anciens ont disparu. Le fût, très svelte, est comme cerclé d'anneaux godronnés, sur lesquels des rinceaux sont dessinés en incrustations de marbre, d'émaux rouges et d'or. Dans l'intervalle des anneaux sont représentés en lias-relief des oiseaux et des lions, parmi des feuillages très gros et au milieu de rinceaux de vigne. Deux groupes de figurines humaines, d'exécution molle et sommaire, sont une illustration très simplifiée de la prose qui était lue, le Samedi Saint, devant le cierge placé sur la colonne de marbre. Les deux reliefs reproduisent deux thèmes empruntés aux miniatures peintes sur le rouleau d Exuttet qui est conservé dans le trésor de la cathédrale ; les représentations évangéliques et bibliques sont réduites au groupe des saintes Femmes qui se présentent devant
Pascal. Cathédrale de cafoub.