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le sarcophage à slrigiles 1 sur lequel l'ange esl assis; derrière ce groupe, on aperçoit le Christ sortant d'une tour-': les représentations liturgiques sont figurées par les images de l'archevêque soutenu par deux acolytes et du diacre allumant le cierge planté sur une colonne torse. Le heaume pointu des soldats assis devant le tombeau du Christ est assez archaïque, mais l'archevêque porte une mitre triangulaire qui ne peut être antérieure aux dernières années du xu" siècle (fig. 273). Il est très probable que ce candélabre, comme l'ambon qu'il accompagnait, remonte au temps de Frédéric II3.
Aux portes de Capoue, l'ancienne cathédrale de Calvi, délaissée comme celle deCaserta Vecchia, garde elle aussi un ambon mutilé, dont les fleurons et les oiseaux de mosaïque ont toute la finesse des travaux exécutés à Sessa par maître Taddeo. Les animaux et les chasseurs sculptés dans le marbre, au milieu de rinceaux, rappellent, avec plus de mollesse, les reliefs signés par Peregrino (Pl. XXIX). En face de cet ambon, un très curieux siège épiscopal, dont les bras sont formés par deux éléphants massifs et informes, mutilés de leur trompe, est surmonté d'un fronton très pointu, tout incrusté de mosaïques d'émail semblables, pour la matière, aux mosaïques de l'ambon, et dont les couleurs dominantes sont le blanc, le noir et le rouge (fig. 274).
En continuant vers le nord, on rencontre, tout près du Mont-Cassin, dans la collégiale de San Vittore del Lazio, un ambon rectangulaire, dont les colonnes sont portées par des lions, et dont les parapets sont garnis de mosaïques d'émail dessinées d'après les schémas siciliens ou salernitains. Les chapiteaux sont de véritables chapiteaux français à crochets, fort semblables à ceux de l'ambon d'Amaseno, dans l'État de l'Église, qui est daté de 1281''. Les mosaïques de San Viltore marquent, sur la ViaLatma,\a. limite extrême qu'ait atteinte l'art sicilien transplanté en Campanie. Au nord du Mont-Cassin, la mosaïque d'émail à entrelacs compliqués fait place à la mosaïque de marbre composée de figures géométriques élémentaires, dont les moines deDesiderius enseignèrent la pratiqueaux marbriers romains. Dès les premières années du xn" siècle, maître Paolo, dont les fils furent des sculpteurs et des mosaïstes, avait gravé sur le ciborium de la collégiale de Ferentino une inscription où il se donne le titre d'opifex magnusb.
Le long de la Via Appui, les marbriers romains s'avancèrent au delà des frontières du royaume de Sicile; ils pénétrèrent dans la Terre de Labour, ou l'art sicilien avait remonté jusqu'à Sessa.
La petite église de Santa Lucia, à Gaète, a conservé deux parapets de transmua, encore
1 . Le sarcophage est surmonté d'un ciborium à coupole basse, porté sur quatre colonnettes torses.
2. Le candélabre de Sainl-Paul-hors-les-murs, sculpté à la tin du xn» siècle par Pietro Vassaletto et par Nicola di Angelo, marbriers romains, esl de même entouré de reliefs qui illustrent, au-dessous du cierge pascal, les évangiles de la semaine de Pâques, depuis la scène du Jardin des Oliviers jusqu'à la Descente aux Limbes.
3. Il est possible que les décorations entreprises dans le sanctuaire de la cathédrale de Capoue aient précédé de peu d'années la consécration de l'église qui fut faite par le pape Alexandre IV, en 1235 (fi. Jannelli, Sacra guida di Capua, p. 20).
4. Enlaiit, Origines. françaises de l 'architecture gothique en Italie, p. 111.
3. Bull, d'archcol. crhliana, 1880, p. 39; — [Stevenson], Mostra délia Città d<: Roma ail' Espos. di Torino, 1884, p. 191. Les quatre fils de maître Paolo sont les auteurs du tabernacle de Saint-Laurent-hors-les-murs (1148).
L'ART SICULO-CAMPANIEN DU XIII" SIÈCLE 009
en place à l'entrée du chœur. Ces parapets sont divisés en caissons, dont plusieurs portent
des figurines sculptées sur un champ de mosaïque à dessins géométriques élémentaires;
quelques cubes d'émail et d'or sont
mêlés aux fragments de marbre1. Ce
parapet diffère entièrement des grandes
plaques de Salerne et de Sessa, qui du
haut en bas forment un tissu serré de
mosaïque. La disposition de ces rectangles de couleur, juxtaposés dans des
cadres de marbre blanc, se retrouve sur
deux tramennas de l'église San Cesareo
à Rome et de l'église Santa Maria, à
Civilà Castellana, ainsi que sur la tran-
senna d'Alba Fueense, décorée par
Andréa, marbrier romain.
La sacristie de la cathédrale de Fondi renferme un trône de marbre, qui passe, d'après la tradition locale, pour le tronc de Clément VIL II est possible en effet que Robert de Genève se soit assis sur ce siège, quand les cardinaux réunis à Fondi en un conclave dérobé eurent fait de lui le premier antipape du grand schisme d'Occident.
Mais le monument lui-même est bien antérieur à l'année 13T9. A voir son dossier incrusté de gros fragments de marbres de couleur qui dessinent des méandres, il est impossible de n'y point reconnaître un ouvrage de marbrier romain du xus ou du xuic siècle. Dans la nef de l'église qui possède ce trône, un ambon décoré de mosaïques est encore debout sur ses quatre colonnes, portées par deux lions et deux béliers [fig. 275). Trois vers gravés au-dessus de deux des archivoltes contiennent la signature d'un marbrier romain :
j TABULA MARMORËIS V1TIÎE1S D1STINCTA LAPILLIS DOCTORIS STUDIO SIC EST E RECTA JOHANNIS ROMANO GEN1TO COGNOMINE NICOLAS -.
I. Fhothingham, American Juurnal of Arclixolor/y, X, 1893, p. 203-20i, pl. XIV.
Schulz, II, p. 132. C'est par ci reur ijue le savant allemand a pris le nom de Johunncs pour celui d'un évéque. On