‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 35 sur 433 · AA. SS., sept., I, p · texte numérisé non relu

AA. SS., sept., I, p

0. Sur la légende de sainte Matrona, cf. AA. SS., mart., II, p. 398-40.1.

LES MOSAÏQUES CAMPANIENNBS ANTÉRIEURES A JUSTINIEN 51

Matronafit bâtir, sur le tombeau de l'apôtre de Capoue une petite basilique qui fut ornée de peintures et de mosaïques. Quand l'étrangère mourut dans la retraite qu'elle s'était choisie, elle fut à son tour vénérée comme une bienheureuse, et les habitants de Capoue élevèrent, contre la basilique de saint Prisais, une chapelle richement décorée, pour recevoir le tombeau de sainte Matrona.

La basilique du vi' siècle subsista, avec son revêtement complet de couleurs et d'émaux, jusqu'aux dernières années du xvr siècle. Alors l'archevêque de Capoue, Cesare Costa, pour agrandir l'église de SanPrisco, lit abattre la nef, qui était couverte de peintures représentant l'histoire de sainte Matrona5. De l'édifice ancien il resta, jusqu'en 1759, une coupole et la niche de l'abside, qui étaient l'une et l'autre ornées de mosaïques. Ces mosaïques sont connues par la description de Michèle Monaco et par les gravures sommaires qu'il a jointes à son livre : Sanatuarium Capuanum, publié en 1630. La base de la coupole était ceinte d'une large guirlande, sur laquelle se jouaient des amours nus; au sommet de la coupole, dans un disque entouré d'une autre guirlande, la gravure représente un objet indistinct, — peut-être un trône, — sur un fond étoilé. Le décor, entre les deux guirlandes, est divisé en quatre zones, dont chacune se subdivise en seize compartiments. Dans chacune des zones, huit compartiments sont occupés par des figurines, et les huit autres ont été laissés en blanc par le graveur3. D'une zone à la zone voisine, les compartiments vides alternent avec les autres, de manière à former une sorte de damier. Les deux zones supérieures sont décorées d'une double série de motifs uniformes, des rosaces, et, plus bas, des vases, flanqués chacun de deux oiseaux affrontés (des échassiers?). Dans huit compartiments des deux zones inférieures sont représentés des groupes de deux personnages, qui semblent occupés à une conversation animée. Ce sont, en haut, des prophètes debout, tenant des volumes; au-dessous, des martyrs, assis sur des rochers, et tenant chacun une couronne, h Ainsi que Granata l'a fait remarquer, six de ces saints sont des martyrs de Capoue, six autres des martyrs de la Campanie, les quatre derniers des martyrs étrangers ''. » On voyait, réunis dans h: même compartiment, saint Prisais et saint Félix, dont les sanctuaires voisins se disputaient les hommages des lidèles campaniens.

Dix autres saints, qui de même portaient à la main des couronnes, étaient rangés dans la conque de l'abside, en deux groupes qui s'avançaient l'un vers l'autre; on reconnaît parmi eux quelques-uns des saints qui déjà figuraient sur la coupole :

1. Les rcliiiues de saint Prisons furent transférées dans la nouvelle Capoue avant le xivc siècle. On en lit la translation solennelle en 1712. Une moitié des ossements fui alors trouvée dans un coffret d'argent, qui faisait partie du trésor archiépiscopal. Ce coffret, qui n'est plus connu que par la description contenue dans l'acle de 1712, avait trois palmes de long sur une de large ; il était orné de gravures et de reliefs, représentant le Christ, la Vierge et différents saints, dont les noms étaient écrits en caractères gothiques. On trouva dans le coffret des monnaies de Charles I" ou Charles II d'Anjou (A/l.SS., sept., I, p. 106, §34).

2. Momaobus, Sanctuarium Capuanum, p. 104. L'archevêque ht copier ces peintures sur un relahle, destiné au mailreautel, et qui a péri à son tour.

3. Voir la reproduction donnée par Gahhdooi, pl. 2.".:'>. Au dire de Monaco, ces derniers compartiments n'auraient jamais été décorés de mosaïques, mais seulement de peintures que le temps aurait effacées (p. 132).

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