‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 340 sur 433 · lôirf., p. 351, fig · texte numérisé non relu

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L'ART SICULO-CAMPANIEN DU XIII" SIÈCLE 627 dissent au-dessus de ces salles sont recouvertes d'un stuc épais et godronnées de profondes cannelures, exactement comme la coupole de la cathédrale de Caserta VecChia.

Les ressemblances immédiates que ces constructions profanes présentent avec plusieurs édifices religieux de la Campanie permettent de déterminer, non seulement 1 école artistique à laquelle on doit attribuer la décoration du palais Rufolo, mais encore l'époque à laquelle peut être reportée la fondation de cette magnifique demeure. Le palais de Ravello est contemporain, à quelques années près, du campanile deGaète, achevé en 1570, et de la coupole de Caserta Veccbia, élevée après la conquête angevine et probablement terminée avant 1289.

C'est précisément entre 1270 et 1280 que la famille des Rufolo atteignil un haut degré de fortune et de puissance par la faveur, le Charles [« d'Anjou, qui était le débiteur des banquiers de Ravello. Matleo Rufolo, moins prudent que son père, abusa de la faveur royale pour rançonner les provinces ; il en fut terriblement puni. Comme Charles I" après' les Vêpres siciliennes, se trouvait en Romagne, Charles, prince de Salerne, qui exerçait l'autorité souveraine à la place de son père, mit au ban du royaume le fils de Nicola Rufolo et toute sa famille. Le texte de l'arrêt, daté de l'année 1283, accable le prévaricateur danathemes bibliques et le dénonce comme l'un des fonctionnaires indignes dont les exactions ont provoqué le soulèvement de la Sicile1.

Le palais Rufolo a sans doute été bâti en plusieurs années, du vivant de Nicoia qui en 12,2, donna l'amhon de la cathédrale, et dans les années prospères de Matteo qui en 1279 donna le tabernacle du maitre-autel. Les mosaïques qui revêtent ces merveilleux ouvrais' les incrustations et les stucs dont le palais voisin est décoré portent la marque d'une même école, qui achevé brillamment, sous Charles d'Anjou, le travail accompli depuis un siècle dans les divers ateliers qui avaient reproduit en Campanie les motifs siciliens en les compliquant des plus élégantes variations. Le palais Rufolo est le chef-d'œuvre de cette école. Tout en répétant les formes qui servaient à la décoration des églises, les artisans qui travaillèrent pour l'opulente famille de Ravello imaginèrent des combinaisons d'une fantaisie imprévue. Les arcatures du patio, après s être nouées en méandres, achèvent leur ascension en une floraison de palmettes ; toute une muraille est couverte de stucs modèles en forme de fleurons et de nœuds de rubans. On dirait que les créateurs de cette architecture de féerie ont été chercher des modèles au-delà même de la Sicile, en pays grec" ou sarrasin pour bâtir au marchand italien, favori d'un souverain français, le palais d'un despote oriental»

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L'école artistique fondée en Campanie, au temps du dernier roi normand, par les mosaïstes envoyés de Païenne pour décorer la cathédrale de Salerne, réalisa ses fantaisies les plus originales dans des œuvres d'architecture religieuse et profane, au temps du premier souverain de la dynastie angevine. L'art panormitain avait été acclimaté aux rives du golfe de Salerne par la munificence de deux dignitaires de la cour de Sicile, et non par la volonté d'un roi. La vogue rapide qu'eut cet art dans toute la région campanienne et les développements ingénieux qu'il y reçut ne peuvent être attribués à un goût personnel de l'empereur qui, le premier entre les rois de Sicile, avait fait de Capoue l'une de ses capitales et de ses résidences. L'art siculo-campanien avait produit ses premiers chefs-d'œuvre k Salerne avant la naissance de Frédéric II; il produisit les derniers, qui sont la coupole de la cathédrale de Caserta et le palais de Ravello, après la mort de l'empereur.

blaiènt à des cloîtres; leurs arcades s'entrelaçaient d'une manière capricieuse. Le portique de l'entrée était surmonté d'une coupole godronnée et ornée d'entrelacs qui ressemblaient à des nuls de serpents L'édifice, - probablement une tour pareille à celles qui s'élèvent à l'entrée du palais Rufolo, - était orné d'une multitude de colonne le. do piaf, et dé faïence, surmontées d'arcs très légers entrelacés les uns aux autres. Les lys et les croix qu, se mon ment paru ■ lesarcatures, indiquaient que la construction remontait à l'époque angevine. Voir Can,e«a, Stom A Amalfi, 2 éd., Il, p. 281.

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