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Montants du portail de l'églis

DE SANT'a.NDHEA, A liABLETTA.

groupes, usés par le passage des fidèles, représentent Adam et Eve au pied de l'arbre de la science, et Adam et Eve chassés du paradis par l'Ange (/?,'/. 307). La Rédemption suit la chute; Eve la pécheresse est comme blottie aux pieds de la nouvelle Eve, mère

du Sauveur. Le portail de Trani n'avait qu'un encadrement surmonté d'une archivolte semi-circulaire ; celui de liarletta a un tympan sculpté, Un groupe solennel est formé, entre le linteau et l'archivolte, par les trois personnages de la Mi--.: byzantine : le Précurseur et la Yiergè voilée <lu maphorion s'inclinent devant le trône sur lequel est assis le Rédempteur, bénissant à la grecque. A côté des sigles grecs [ÎC XCet MPfcTr), on lit, près de saint Jean-Baptiste, des lettres latines (S, 17JH. RAT.), et, sur a tA. | - i le livre du Christ, le verset: Eco soi Pastob bords.

' Des deux* côtés du groupe, deux anges agenouillés

balancent des encensoirs (/;<;. 308).

Ces diverses figures n'ont point le style âpre «'t vigoureux des sculptures du portail de Trani : tes draperies, au lieu d'être striées de gravures parallèles, régulièrement espacées sur une surface arrondir et polie, sont finement plissées. Le travail du ciseau faH penser à la ciselure des ivoires byzantins. La ttit.m du tympan est un véritable triptyque de marbre, semblable à ceux qui ont été encastrés dans les parois de Saint-Marc de Venise. Mais certains détails ini m nus de l'art byzantin sont ajoutés à la triple arcade qui abrite le groupe céleste: les bases des colonnes forment comme autant de niches carrées, dans lesquelles sont logées les tètes des quatre symboles des Évangélistes; les colonnettcs supportent des chapiteaux à crochets qui ont le galbe des chapiteaux Iran çais ou allemands du commencement du xm siècle. Dans ce mélange d'éléments hétérogènes, une part doit-elle être faite aiix souvenirs que le sculpteur dalmate, habitant de Trani, a pu rapporter de son pays natal '.' Ces! dww M première moitié du xm" siècle que la cathédrale de Raguse a été rebâtie: niais cette cathédrale a perdu jusqu'aux moindres traces de son architecture ancienne. Quant au portail de Traù, signé en 1240 par un sculpteur slave qui connaissait des modèles germaniques1, il

Montants du portail m HAgiiss

SAM'' ANDHKA, A BA II LETTA .

i. EiTUMiustn, Mitthcil. (1er K. K. Central-Commission, V, 1886, p. IM-SM; Istria, Oxford, 188':, 11, p. tU-U'J, pl. XXI.

Iacuon, Dalmatia, llic Quartiers

Pl. XXXI

PORTAIL DE LA CATHÉDRALE DL B1TONTO Commencement du XIÏÏ« siècle.

LA SCULPTURE APULIENNE 661

ne ressemble aucunement au portail signé par Siméon de Raguse. Cet étranger, qui s'établit à Trani eL qui travailla à Barletta, doit être compté parmi les sculpteurs

Jiehë Uui

de l'église de sant axdrea, a barletta, œuvre du sculpteur siméon de raguse.

apuliens. Comme maître Nicola, le sculpteur de l'ambon de Bitonto, il a introduit dans la composition de son œuvre des motifs byzantins très archaïques : les entrelacs qui accompagnent sur les montants l'image de la Vierge et celle du Christ, les fleurons et les rinceaux plais qui sont comme graves sur le linteau avaient figuré, au temps de

l'empereur Basile II, vers l'an mil, sur les bordures du grand rouleau d'Exidtet destiné à la cathédrale de Bari.

Les figures groupées sur le linteau et le tympan du portail de la cathédrale de Bitonto ressemblent beaucoup plus, par l'attitude légèrement inclinée et par le travail des draperies, aux reliefs du portail de Trani que les sculptures de l'artiste dalmate établi à Trani; mais les sujets religieux représentés à Bitonto sont tous empruntés au Nouveau Testament.

Sur le linteau sont alignés les groupes de l'Annonciation, de la Nativité, de l'Adoration des Mages, et de la Présentation au Temple. Le tympan est occupé tout entier par la scène de la Descente aux Limbes. L'Avàrcxtn; byzantine, si exactement copiée sur les plaques de bronze fondues par Barisanus de Trani, esta peine reconnaissable dans cette file de personnages aux gros yeux, symétriquement disposés pour remplir le cadre semi-circulaire; sous le vêtement uniforme et raide qui pèse sur les épaules des élus, il est impossible de désigner les acteurs ordinaires de la scène : les premiers Parents ou les rois patriarches, David et Salomon (Pl. XXXI).

Le portail de la cathédrale de Buvo, voisin du portail de Bitonto, diffère entièrement de ce dernier par la disposition des figurines empruntées au cycle chrétien. Parmi les rosaces qui décorent la bande extérieure de l'encadrement de marbre le sculpteur a introduit cinq médaillons, sur lesquels sont esquissés en quelques traits l'Agneau de Dieu et les quatre symboles des Évangélistes. Sous l'archivolte saillante des anges sont blottis, les uns tenant des instruments de musique et des banderoles, les autres balançant des encensoirs vers une image du Christ en gloire, qui occupe le sommet de l'archivolte, flanquée de deux demi-figures minuscules, la Vierge et saint Jcan-Bapliste (fig. 309). Dans cette décoration, qui rappellera la série de figurines sculptées sous la direction d'un maître étranger sur l'arcade centrale du porche de San Clémente a Casauria [fig. 267), il est impossible de méconnaître un souvenir lointain des portails du Nord, avec leurs multiples archivoltes, dont chaque claveau semble prendre vie et se métamorphoser en une figure d'ange ou d'élu, de Vertu ou de Science personnifiée.

Les portails de ce type sont rares en Italie : ceux des cathédrales de Borgo San Donnino et de Foligno, si éloignés qu'ils soient l'un de l'autre, doivent être tous deux attribués à des sculpteurs lombards qui auront subi des influences venues d'au-delà des Alpes. La région apulienne ne possède qu'un second portail qui puisse rappeler celui de Buvo: c'est le portail de la petite basilique de Cerrate, non loin de Lecce. Ce portail est encadré d'un double bandeau de rinceaux et de feuillages, dont le travail rappelle la décoration de l'église San Nicola e Cataldo de Lecce, fondée parTancrède. Sous l'archivolte qui abrite la baie sont disposées des figurines de haut-relief. Les couches épaisses de crépi à la chaux qui ont empâté ces sculptures laissent distinguer les images suivantes: la Vierge de V Annonciation, la Visita lion, les Mages, la Vierge couchée dans le petit lit de la Nativité, l'Enfant lavé par une des sages-femmes dans la cuve traditionnelle en forme de calice;

LA SCULPTURE APULIENNE 66:J

enfin, au-dessus du chapiteau placé à droite de l'entrée, l'Ange de l'Annonciation, qui fait face à la Vierge, placée au-dessus de l'autre chapiteau (fig. 310).

Cliché A. Je Mullia, Bari.

FlG. 309. — PoHTJUf. DE LA CATHÉDRALE DE BUVO.

La Capitanate participa ace développement de la sculpture religieuse, qui se manifeste aux environs de l'an 1200 jusqu'au milieu de la Terre d'Otrante. Le portail de l'église Santa .Maria Maggiore, à Monte Sauf Angclo. est daté de 1198. La série des sujets sacrés commence sur l'un des chapiteaux, qui porte les figurines des trois rois Mages. Ceux-ci se

dirigent vers la Vierge, qui est représentée dans le tympan, vue à mi-corps, et tenant l'Enfant. La grande figure centrale est accompagnée de deux anges et des quatre symboles des Évangélistes : dans un coin du tympan, une figurine agenouillée est le prêtre donateur, nommé Boniface (Pl. XXX).

La décoration du portail latéral de San Leonardo, près Siponto, ressemble assez étroitement à celle du portail de Monte Sant'Angelo pour que l'on puisse attribuer ces deux

portails à un même atelier local. Les quatre symboles des Evangélistes reparaissent au portail de San Leonardo, où, groupés deux à deux, ils commencent la file des animaux qui se mêlent aux rinceaux de l'archivolte. Les rois Mages sont groupés, comme à Santa Maria Maggiore, sur l'un des chapiteaux; la Vierge tenant l'Enfant est assise devant eux : entre le premier des Mages et l'Enfant on dislingue l'étoile miraculeuse. Le groupe qui fait pendant à l'Adorai ion des Mages sur l'autre chapiteau représente Balaam sur son âne, arrêté par un ange. Le tympan est occupé par une image du Christ, trônant dans une auréole elliptique soutenue par deux anges. Un groupe de relief plus accusé est disposé sous le fronton du portail : deux saints, vêtus du capuchon monastique, et dont l'un tient une chaîne, regardaient une figure centrale qu'un trem- Fic 310. — pobt.ul de l'église santa MARIA di cerrate blemeiit de lerre a fait tomber (Pl. XXXII)1.

(province de lecce). ^ ,, „ , , -

Celte ligure se trouve déposée dans un coin obscur de la nef abandonnée ; elle représente le patron de l'église, saint Léonard, vu à mi-corps, et coiffé de son capuchon; une chaîne posée sur son épaule fait reconnaître en lui le protecteur des prisonniers (fig. 311)-.

L'école de sculpture dont les deux portails de la petite église de Monte Sant'Angelo et de l'église de San Leonardo sont les œuvres les mieux conservées, avait probablement son centre à Foggia3. La cathédrale de cette ville, dont le portail ancien est remplacé par une

1. Lenormant, qui a publié le premier une photographie de ce portail, a pris le groupe des trois moines pour le groupe traditionnel formé par le Christ, la Vierge et saint Jean-Baptiste (Gazette archéol., 1883, p. liil ; pl. XXIV).

2. Des chaînes rouillées sont, encore suspendues aux murs décrépits de l'église, à côté d'autres ex-voto, béquilles vermoulues ou escopettes dont la batterie a éclaté.

3. Il faut ranger parmi les œuvres de cette école, exécutées vers l'an 1200, la décoration sculptée de l'un des portails latéraux de la cathédrale de Troja. Le tympan de ce portail est entouré d'une archivolte en fer à cheval, qui rappelle

dirigent vers la Vierge, qui est représentée dans le. .tympan, vue à mi-corps, et lenant l'Enfant. La grande ligure centrale est accompagnée de deux anges et des quatre symboles des Kvangélisles : dans un coin du tympan, une figurine agenouillée est le prêtre donateur, nommé Bonifacc (Pl. XXX).

La décoration du portail latéral de San Leonardo, prés Siponto, ressemble assez étroitement à celle du portail de Monte Sant'Angelo pour que l'on puisse attribuer ces deux

portails à un même atelier local. Les quatre symboles des Kvangélisles reparaissent m portail de San Leonardo, où, groupés doua deux, ils commencent la file des animaux qui se mêlent aux rinceaux de l'archivolte Les rois Mages sont groupés, comme à Santa Maria Maggiore, sur l'un des çhapiteaul la Vierge tenant l'Enfant est assise devant eux : entre le premier des Mages et l'Enfant on distingue l'étoile miraculeuse. Le groupe qui fait pendant à l'Adoration des Mages sur l'autre cbapileau représente Halaani sur BM âne, arrêté par un ange. Le tympan est occupé par une image du Christ, trô dans une auréole elliptique soutenue par deux anges. Un groupe de relief plu-, accusé est disposé sous le fronton du portail : deux saints, vêtus du capuchon monastique, et dont l'un tient une cli regardaient une figure centrale qu'un ti Fin. 3io. — poutiil de l'église sama mabu di cebbate blement de terre a fait tomber (Pl. XWII

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Cette figure se trouve déposée dans un obscur de la nef abandonnée; elle représente le patron de l'église, saint Léonard, ¥9 ■> mi-corps, et coilîé de son capuchon; une chaîne posée sur son épaule fait recoi en lui le prolecteur des prisonniers (fig. 311)-.

L'école de sculpture dont les deux portails de la petite église de Monte Sant'Angelo etnV

l'église de San Leonardo sont les œuvres les mieux conservées, avait probable;

centre à Foggia3. La cathédrale de cette ville, dont le portail ancien est remplacé

1. I.enormanl, qui a publié In premier une photographie de ce portail, a pria le groupe des groupe traditîoDDel formé par le Christ, la Vierge et saint Jean-Baptiste [Galette archéoL, 1883,

2. Ues chaînes rouillées sont encore suspendues aux murs décrépits de l'église, à coté d'autres ex-vol vermoulues on escopettes dont la batterie a éclaté.

3. Il faut ranger parmi les œuvres de cette école, exécutées vers l'an 1200. la décoration sculptée de latéraux île la calliédiale de Troja. l.e tympan de ce portail est entouré d"unc archivolte en fer à chei

Pl. XXXII

PORTAIL DE L'ÉGLISE SAN LEON'ARDO, PRÈS SIPONTO Commencement du XIIIe siècle.

LA SCULPTURE APULIENNE 665 porte d'architecture baroque, n'a conservé de la décoration sculptée de sa façade que les grappes de monstres suspendues sous une corniche saillante : des monstres tout pareils fourmillent autour de l'abside de San Leonardo. La façade de la cathédrale de Foggia était probablement décorée de la môme manière nue celle de la cathédrale de Termoli.

Les statuettes de haut-relief qui se trouvaient disposées dans les baies de cette dernière façade, ont été pour la plupart brisées et décapitées par les turcs, lorsqu'ils débarquèrent à Termoli, et mirent la ville à feu et à sang. Pourtant les inscriptions gravées à côté des têtes martelées permettent de reconnaître quelques-uns des personnages représentés. La scène qui occupait le tympan est la Présentation au Temple; à côté de saint Joseph et de la Vierge (Mater Dei), le vieillard Siméon est désigné par les paroles que lui prête l'Evangéliste : Nckg dimittis sebvum tuum in pace. Des deux côtés du portail, deux évèques sont debout sur des consoles; l'un d'eux est saint Bassus, évêque de Nice, le patron de la cathédrale. Dans l'encadrement de l'une des fenêtres aveugles, on distingue les restes du groupe de l'Annonciation (fig. 295).

Ce développement tardif de la sculpture religieuse dans un pays qui, comme l'Apulie, avait gardé sa large part des traditions artistiques de l'Orient chrétien, doit être rapproché d'un fait du même ordre qui se manifeste, vers le même temps, dans la ville de Venise, restée sous la tutelle étroite de la civilisation byzantine. Une école de sculpteurs vénitiens s'est appliquée pendant le xiu- siècle à décorer l'église de Saint-Marc d'une quantité d'images saintes en marbre. Les grandes icônes en relief qui se trouvent encastrées dans les parois extérieures et intérieures de l'église ducale, saints guerriers au fier visage d'éphèbe, évangélistes au front pensif, sont du style byzantin le plus noble'. Les modèles de ces icônes ont été de grands reliefs de marbre, rapportés après l'expédition de 1201 par les vaisseaux du doge Dandolo, et dont quelques-uns, placés aux murs de Saint-Marc, se distinguent à peine par leurs inscriptions grecques des imitations savantes qu'ils ont suscitées3. En même temps que les sculpteurs vénitiens rangeaient au hasard sur les parois de l'église une assemblée de saints de toutes grandeurs, ils ont disposé, au-dessus

Fie. 3 H. — Saint Léonard,

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