RELIEF PROVENANT DL' PORTAIL DK SAN LEONARDO DE SIPONTO
nombre ,1 archivoltes du xnfl siècle (voir plus haut, p. 0i7), et qui s'oppose à l'archivolte ,-n plein cintre surhaussé du vieux portail de lu façade méridionale. Dans ce tympan le Christ est représenté debout entre deux anges foulant aux pieds 1 aspic et le basilic (Pl. XVI). Le groupement des ligures et le travail des draperies rappellent d'une manière frai, pante le relief du portail de .Monte Sauf Angelo qui est daté de 1198.
2. Le seul historien qui ait accordé à ces icônes de marbre l'attention qu'elles méritent est M. Vent.-», [Sl6ria (tell arte Uni.. Il, p. 315 et suiv. ; voir en particulier les ligures 370-372, et le commentaire qui les accompagne]
.!. La plus majestueuse de ces icônes du xi« et du xi,« siècle, arrachées aux églises de Constantinople et dont aucun exemplaire ne semble être resté en Orient, est un grand triptyque de marbre représentant la Afapnc avec des ins cnpUons grecques dont les sigles n'ont jamais été reproduits en pays d'Occident [La Basitica di San Marco planche I • t. \, M. 10; - E. Molimk,,, Venise, *» arts décoratif,, Paris, 1889, p. 2). M. Venturi considère à tort, suivant moi cette' Aîr,3t! comme une imitation vénitienne d'un ivoire byzantin (oim. cité, p. 533).
Si
des baies de (orme capricieuse ouvertes dans le vaste porche, quelques images saintes et jusqu'à des scènes religieuses qui se groupent entre elles et font corps avec l'édifice. Un buste de la Vierge avec l'Enfant, un Christ viril ou un Christ Emmanuel au visage imberbe est placé au liant d'une arcade en accolade, de tracé arabe, entre deux figures d'anges ou de prophètes1, symétriquement inclinés, comme les anges sculptés pour l'église de la Vierge, à Constantinople, et pour le grand portail de Saint-Nicolas de Bari \ Sous la plus capricieuse de toutes les arcades, dont le cadre est orné de figurines d'anges alternant avec des demi-boules ciselées, semblables à celles qui figurent sur les portails apuliens. le tympan est rempli par un bas-relief qui représente la Nativité*. Dans ce groupe, comme dans les autres figures sculptées au-dessus des fenêtres du porche, tout est byzantin, les détails de l'iconographie comme l'accent du dessin. Mais la connaissance plus ou moins directe des monuments de Constantinople n'a pu suggérer aux altistes de Venise l'idée de représenter en sculpture une scène évangélique qui. dans une église d'Orient, eût été représentée en mosaïque ou en peinture.
D'autres influences ont directement agi sur le développement de la sculpture religieuse à Venise : elles se laissent reconnaître dans la décoration du grand portail central de Saint-Marc. Cette décoration comprend une suite de bas-reliefs qui représentent les mois de l'année avec les attributs ordinaires que donnent à ces allégories les miniaturistes byzantins. Mais le style des figurines est moins oriental que « roman », et la place que les reliefs occupent à la suite les uns des autres sous l'archivolte du portail est celle qui est réservée à des représentations du même cycle clans plus d'une cathédrale de France. D'autres séries de sculptures qui se suivent sous d'autres archivoltes de la façade de Saint-Marc n'appartiennent plus à l'art byzantin ni par le style, ni par le sujet. Les figures des Vertus et les images populaires des différents métiers font partie des traités de morale et des leçons de choses que les portails du Nord offraient aux regards des fidèles. Un tel ensemble n'a pu être conçu et exécuté que par un de ces maîtres lombards qui traduisirent en marbre quelques chapitres de la vaste encyclopédie do pierre dont le texLe s'était formé dans les chantiers de Saint-Denis et de Chartres.
La singulière combinaison d'éléments orientaux et occidentaux qui a formé la décoration sculptée du porche de Saint-Marc de Venise peut être discernée de môme sur les bas-reliefs des portails apuliens qui ont été sculptés depuis les dernières années du mi" siècle jusqu'au milieu du xm". La Mw^ du portail de Sant' Andréa de Barletta et L'AvàTrKuç de la cathédrale de Bitonto sont, dans l'art chrétien, les sujets orientaux les plus faciles à reconnaître. La place d'honneur attribuée à la Présentation aa Temple, au-dessus de l'entrée de la cathédrale de Termoli, rappelle l'importance que les peintres des grottes
1. La Basilka di San Marco, Planches, t. II, pl. XCVIII, n° 138; pl. CV, n" 1S0 ; I. VI, n° 236, N. !). — On. Errard, l'Art byzantin, I, Venise, pl. I.