‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 364 sur 433 · VUE DE L'INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

VUE DE L'INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE

l'Etat romain, pénétra dans la région la [dus inaccessible de l'Italie méridionale, en revenant de l'Orient latin.

Plus loin encore vers le sud et vers l'Orient, une église bâtie, dans les premières années du xme siècle, sur le modèle d'une cathédrale du Nord est comme cachée dans les replis des montagnes de la Calabre. La cathédrale de Cosenza avait été abattue, en 1184, par un tremblement de terre et avait écrasé sous ses ruines toute une foule de fidèles et de prêtres, avec l'archevêque lui-même. Le lieu de la catastrophe fut abandonné; l'on choisit un autre emplacement pour édifier la nouvelle cathédrale. Celle-ci fut consacrée le 30 janvier 1222,

magistri Blasii cl notarii Rogerii cum prescriptis monialibus sororibus noslris ibi stanlibus, volentibus et consentienlibus, slanle nobisque judice Cersone advocalo nostro, constituimus Melum Spanum confrutrem domus nostre. sindicum et procuratorém in omnibus negotiis noslris et agendis apud Matheram, velut super consumanda fabrka ccclesie Sanctc Marie Noue; ila ut si idem Melis ad aliquod debitum ecclesia nostra de bonis suis exolvere leneatur super recipienda ralione de omnibus et fructibus earum super campo et negotiis ad ipsum spectantibus campum, super domibus dandis in pentione et recipienda pentione pro eis, super vineis colendis et recolcndis fructibus earumdem, cum potestate procurandi in omnibus ipsis ad utilitatem predicte ecclesie nostre, prout dictum est, ad cujus rei memoriam, et ipsius Melis cautelam, boc scriptum scripsit, rogato nostro, Pelrus de Domo Matiiere notarius ab Impériale majestate statutus qui cl interfuit, etc. I.ocus signi, etc. Simeon Imperialis Malhere judex qui supra. — Nicolaus Presbyler filius Areprandi. — Lucas Imperialis Mathere judex. — Ego Rogerius prescriptus Matiiere notarius, etc. »

1. Voir les bulles pontificales publiées par Uuhrlli, ltalia sacra, VII, p. 38-41. Cf. Gattini, Noie ttarkhe sulla città di Matera, p. 194.

2. C" de Mas-Latrie, Mélanges Historiques (Doc. ined. sur VHist. de France), 1882, t. IV, p. 344. Le prieuré cistercien de Nicosie, affilié à l'abbaye de Saint-Jean-d'Acre, fut lui-même érigé eu abbaye en 1222.

LES INFLUENCES SEPTENTRIONALES 695 en présence d'une assemblée de prélats, d'un légat pontifical et de l'empereur Frédéric II en personne'. La façade de cet édifice, affreusement crépie et bariolée en 1834, dans le goût des églises angevines de Naples et de la nef d'Allamura, laisse encore transparaître, sous un badigeon jaunâtre, trois larges portails en tierspoint et une grande rose-, flanquée de hautes colonnettes, qui sont cerclées d'une bague, comme les colonnettes des portails (fig. 334). Deux roses plus petites, en forme de quatrefeuilles, s'ouvraient autrefois au-dessus des portails latéraux ! (fig. 335), En pénétrant dans l'édifice, on trouve une nef baroque entièrement rebâtie au xvm" siècle'1. Seule une des voùles primitives du bas-côté de gauche a été conservée : elle est soutenue par des branches d'ogives massives et carrées, qui reposent sur des culots trapus. L'abside centrale, de plan pentagonal, a été rasée jusqu'aux fondements; mais une restauration, intelligemment conduite par M. G.Pisanti, a dégagé les deux absides latérales, voûtées en cul-de-four, et les amorces des branches d'ogives qui se croisaient au-dessus du transept (fig. 336). Les absides sont contemporaines de la

façade; les mêmes moulures courent à mi-hauteur de la paroi et les colonnes sont cerclées des mêmes bagues. Les chapiteaux dos fenêtres absidales, comme ceux des portails, sont parfaitement conservés, et mieux encore que l'architecture, ils permettent de rapporter à une école déterminée l'art dont la cathédrale de Coscnza offre en Calabre un exemple unique (fig. 337 et 338).

Ces chapiteaux, avec leurs amples volutes et leurs grasses folioles, diffèrent également des rares chapiteaux à crochets qui ont été sculptés en Allemagne dans le premier quart du \m" siècle et de ceux qui ont été sculptés à Bari des maîtres apuliens. Les chapiteaux de la cathédrale de

1. N. Aunone, il Duomo âi Cosetaa, Sienne, 1893, p. 7. Il est possible que l'édiOce ait été déjà remanié après le tremblement de terre du 5 avril 1230.

2. Le cadre circulaire de la rose est seul ancien : le remplage actuel est on hois.

3. On peut voir, en montant sur les voûtes des lias-côtés la face interne de ces petites roses, qui est parfaitement conservée. C'est cette face qui est représentée sur la figure.

i. L'ne seconde consécration fut célébrée, après ces restaurations, le 2b juin 1739 (Ahnohb, ou», cité, p. do).

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