Voici le texte de cette inscription curieuse et inédite
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l.e nom de nolarium, appliqué i un clocher (campanarium) n'est pas cité par Du Cange. L'origine de ce nom est dans la tradition qm prétendait que les cloches avaient été inventées en Campanie (d'où le mot campana) par saint Paulin
entre Foggia et les premières chaînes de l'Apennin, une enceinte en briques, flanquée de tours rectangulaires, couronnait l'acropole de l'antique Luceria, et enfermait la ville neuve habitée par les musulmans de Sicile que Frédéric II avait transportés du Val de Mazzara sur une colline de Capitanate. Tout près de la forteresse de Lucera, une autre éminence était couronnée par le château de Fiorentino, où l'empereur trouva la mort.
Dans cette longue série des châteaux impériaux de Campanie et d'Apulie, le temps a fait des vides. On ne trouve plus trace à Capoue du palais de Frédéric II ; le château de l'Œuf, à Naples, n'est qu'une ruine du temps de Charles-Quint; l'enceinte même de Lucera, avec le donjon qui dominait la ville musulmane, a été, — les documents en font foi. — reconstruite presque entièrement, après l'assaut donné par Charles I" d'Anjou1. Les châteaux établis à l'entrée des ports de l'Adriatique ont au moins gardé leur silhouette. La tour carrée, flanquée de quatre tourelles rondes qui s'élève entre la plage et la cathédrale de Termoli, est assez bien conservée pour qu'on puisse reconnaître dans cette construction, où Frédéric II avait fait graver son nom, le modèle que copia Pierre d'Angicourt, lorsqu'il rebâtit le donjon de Lucera'2. Les châteaux de Trani, de Risceglie, de Bari et de Brindisi dressent encore au bord de la mer leurs enceintes rectangulaires et leurs énormes tours carrées, au-dessus des bastions polygonaux dont les ingénieurs du xvi" siècle ont fait une ceinture épaisse aux châteaux de Frédéric II, pour les armer de canons. L'architecture des châteaux impériaux d'Apulie est remarquable surtout par la force de l'appareil rustique à grands bossages. Les constructeurs de ces puissants édifices furent des maîtres originaires de l'Italie du Sud.
Le château de Bari, le plus grand des châteaux de la côte apulienne, est aussi le plus orné. L'arcade de la porte ancienne est restée murée dans l'une des parois. C'est un arc en tiers-point, très surhaussé à la clef; il est orné de sculptures grossières, aigles, figurines d'hommes, rosaces fort semblables à celles qui bourgeonnent sur les chapiteaux d'Alfano de Termoli. L'un des artistes qui ont travaillé à la décoration de ce château a laissé son nom. Un portique à deux travées, établi à l'entrée de la cour intérieure, porte sur le tailloir de deux de ses chapiteaux, ornés d'aigles et de griffons, la signature du sculpteur Melis de Stigliano, venu de la Basse Basilicate [fig. 340) \
Pour le château de Trani. on ne sait pas quel fut l'architecte qui, en 1233, commença
de Nota. Dans l'inscription d'Apricena, la date est donnée selon l'ère chrétienne, adoptée par les Latins, et selon l'ère du monde, adoptée par les Grecs. L'année 1282 équivaut, selon ce dernier comput, à l'an 6799.
1. Les Arts de l'Orient musulman dans [Italie méridionale; Mélange» de l'École française de Rome, XV, I89S. Voirie plan et la vue panoramique dessinés par V. Baltard:HoiLLA»D-BRÊHOLLES,lfonum«nfS(fe8lVonnon(is«*<ie/adïno«Me deSoua6e.pl. XIX et XX. Dn château de Fiorentino, voisin de Lucera, il ne reste qu'un pan de mur en briques (le Tour duMonde, 1899, p. 268).
2. Mélanges de l'École de Ro,nc, art. cité, p. 433 et 434, avec une vue de la tour.
3. Petruni, l'un des historiens de Bari, prétend avoir lu sur le troisième chapiteau, simplement orné de feuillages très secs, une inscription qui ne se retrouve pas sur le monument : Finabrus de Casusia (Canusio .') me kecit (Storia di Bari, p. 607, n. 1). Le château de Rari a été à demi ruiné par l'explosion de 1S24, qui a fait sauter l'une des quatre tours carrées, et par une autre explosion en 1696. Une restauration de l'édifice tout entier a été ordonnée en 1554 par Bonna Sforza, veuve du roi de Pologne Sigismond I" et duchesse de Bari, don! le tombeau s'élève au fond de l'abside de Saint- Nicolas (Pethoni, p. 558, 574, 607).
le gros de l'œuvre, c'est-à-dire l'enceinte et les quatre tours1. Dans les murs de la cour sont restées encastrées des consoles de travail local, qui supportaient autrefois les arcs doubleaux d'un portique. Sur l'une de ces consoles est sculpté grossièrement le groupe nu d'Adam et d'Eve5. En 1249, un ouvrage avancé fut ajouté du côté de la mer {pg. 339). On lit au-dessus de la haute poterne une inscription attestant que deux maîtres apuliens, Stefano de Trani et Romoaldo de Bari, ont travaillé à la construction3.
Du palais de Foggia, il s'est conservé une seule porte, aujourd'hui encastrée dans une maison attenante au Municipe, et dont la haie a été murée. Cette porte est surmontée d'une archivolte de feuilles d'acanthe, portée par deux aigles aux ailes éployées [fig. 341). Une plaque de marbre, qui sans doute surmontait autrefois la porte, porte une inscription divisée en trois parties1. L'une fait connaître le dessein de Frédéric II d'élever la petite ville de Càpitanate au rang de résidence impériale; la deuxième donne la date à laquelle le palais fut commencé ; la troisième enfin est la signature de l'architecte à qui la direction des travaux fut confiée par César :
f SIC CESAR FIERI JUSSIT OfUS ISTUM
proromagister bartholomeus sic construxit ^