Avena, oul'. cité, p
4. htoria générale (tel renme di Kapoli, Xnples, 1749, IV, p. 128.
5. // Cattello del Monte; VArte in Ptiglin, fascicule unique, Bari, 1895 ; in-f°.
M. Cari Frey, de son côté, écrit cette page enthousiaste : « Castel del Monte possède dans son ensemble, comme dans ses détails, dans la noblesse de ses proportions et de ses profils, dans la clarté, l'harmonie et la logique des membres de son architecture, dans l'invention variée et la richesse de sa décoration, dans l'admirable technique de son grand appareil, une beauté et une unité que n'offre peut-être aucun autre édifice jusqu'à la Renaissance. Seuls Brunelleschi, dans la chapelle des Pazzi, Bramante, dans le « Tempietto », réaliseront avec d'autres moyens et dans d'autres conditions des créations aussi parfaitement classiques1. »
Castel del Monte doit-il être cité, à côté de l'arc de triomphe de Capoue, comme un monument précoce et déjà parfait d'une renaissance de l'art antique? Le plan du château est un octogone, dessiné par huit salles groupées autour d'une cour centrale, et flanqué à ses angles saillants de tours octogonales, qui ont le même plan que le soubassement des deux tours rondes de Capoue (fig. 351). Les grands blocs qui composent les parois de ces dernières tours et celles du château apulien, — calcaire de mont Tifata ou calcaire des ■Murgie, — sont également assemblés à joints vifs, presque sans ciment [fig. 268)!,
Cependant, à Castel del Monte, l'appareil poli jusqu'au pied des murailles n'a plus de bossages; l'épaisse moulure qui cercle la base des tours de Capoue et celle qui court le long de la base de Castel del Monte, en suivant les murs et les tours, ont des profils très différents. La comparaison des deux monuments impériaux de Campanie et d'Apulie ne pourrai! être précisée que si l'on connaissait l'élévation complète des (ours de Capoue et la disposition des voûtes qui les couvraient.
Pour Castel del Monte, les parties vitales de la construction forment un système qui ne dépend ni de l'architecture apulienne, dont la cathédrale de Bitonto avait donné quelques années auparavant un exemple magnifique, ni de l'architecture gréco-romaine, mais bien de l'architecture française du xnr siècle '. Un fait élémentaire et capital, dont l'importance
1. UrsprungundEntmickelung Stauflscher. Kunst in Sud-Italien (Deutsche Rundsehau, t. LVXIII, août 1891, p. 288 etsuiv )
2. Des vues extérieures de Castel del Monte ont rte souvent publiées. La plus ancienne, qui reste uiile a consulter est le géomélral dessiné par Balturd [Monuments des Normands et de la dynastie de Souabe, pl. XXII). La meilleure photo graphie est celle de Nohring, reproduite en 1896 dans le livre de luxe intitulé : Au* dem Classisehen Siiden, Lûbeck, pl. LVI.
3. La thèse qui sera développée dans les pages qui suivent et démontrée par- les nombreuses ligures qui' accotnpagnenl le texte, a eu la fortune singulière d'être disculée avant d'avoir été exposée en détail. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres avait bien voulu accueillir avec faveur les conclusions de mon étude sur Castel del Monte, présentées sous forme de communication en 1897. Le résumé de celte communication, publié dans le recueil des Comptes rendus de l'Académie (4« série, t. XXI, p. 432-449), fut traduit par M. d'Ayala dans la Rassegna pugliese (1898, t. XIV, fasc. 1<>1 Le tirage à part, imprimé à Trani, forma une brochure, sous le titre : Castel del Moule , gli arcMeltt francesi delV mperatore Federico II. En même lemps que je présentais mon étude à l'Institut, j'en résumais brièvement le sens dans deux pages d'une brochure de grand formai, publiée comme supplément de la revue Napcli nobilissimn, sous le titre • I monumenti mcdievali délia régime del Vultùre (Naples, 1897, p. IVet V). La thèse tut attaquée en Italie dès qu'elle y fut connue. Elle comprenait une partie archéologique, qui était l'analyse du monument, et une partie historique, qui était une élude entièrement nouvelle sur les Français venus de l'Orient latin en Apulie sous le règne de Frédéric II.' La thèse
FRÉDÉRIC II ET L'ARCHITECTURE FRANÇAISE 723 a été méconnue, doit être d'abord mis en lumière : Càstel del Monte est un édifice à deux étages, dont toutes les salles sont voûtées d'ogives. Au premier étage les coupoles
Fin. 349. — Gasibl del monte. Salle ou dez-de-chaussèe.
octogonales qui couvrent les petites salles ménagées dans les quatre tours à travers lesquelles ne monte pas d'escalier en spirale sont élevées sur huit branches d'ogives, que sup-
archéologique; à laquelle M. A. Vanni avait opposé quelques réserves dans le Giomalc di letteratura de Molli (I, mars 1898), fut prise à partie par M. E. Rocchi, dans un article de la revue l'Arte [l, 1898, p. 121-137). L'auleur se ralliait à l'opinion exprimée par M. [îernicl. : pour lui, Castel del Monte est le monument dune première Renaissance ; il y reconnaît cependant, avec .< les conceptions indigènes, les réminiscences gréco-romaines, l'influence normande, le goût oriental », « les éléments de l'art nouveau importé du Nord ». Mais, pour lui, une raison de sentiment, à propos de laquelle on ne' peut discuter, prévaut contre les faits matériels et incontestables. « Ce n'est pas, secrie-t-il, dans cette terre sacrée aux arts, et d'où rayonna une telle lumière de civilisation, que pouvait se développer l'inlluence de l'architecture française, superposée aux germes féconds de notre Renaissance. » Et il invite ses compatriotes à des éludes qui pourront fournir de nouveaux arguments pour prouver que le développement de l ai t dans le Midi de l'Italie, pendant la période des Hohenslaufen, se lit en dehors de toute « inlluence ultramontaine ». Le drapeau était levé 'et la guerre courtoisement déclarée. Un autre assaillant perdit toute mesure et s'emporta 4 d'inutiles violences: c'était un ancien chanoine de Saint-Nicolas de Barî, M. Nilto de Rossi, auteur de l'introduction du Codice diplomatie barcsc. Son attaque fut publiée dans la revue Kapoli nobUistima {VUÏ, 1898, p. 129-130). Les appréciations de 1 eruditchanoiue sur l'architecture
portent des culots en forme de pyramide renversée. L'assemblage exact /le ces voûtes est digne des monuments les plus parfaits du nord de la France. Les profils des ogives et des doubleaux et la forme des piliers varient d'un étage à l'autre; ils sont identiques clans toutes les salles du môme étage. Au rez-de-chaussée les piliers sont ronds et trapus, comme ceux de la nef de Notre-Dame de Paris; les arcs sont épais; leur section est un rectangle, dont les angles sont abattus en biseau (ftg. 349). Au premier étage des faisceaux de trois