‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 399 sur 433 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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2. ah moAana(n»M uomini \mio mcqii usoiotUme »... pacta (1 Momtmenti medicvali délia regionedel Vulture, p. m, fig. 1).

de pilastres et de colonnettes, couronné de chapiteaux â crochets (fig. 385). La forme des piliers et les amorces de quelques arcs qui se son! conservées au-dessous des voûtes en berceau modernes montrent encore que les voûtes dessinées par Melchiorre de Montalbano étaient des voûtes d'ogives.

Comment un artiste né à quelques milles de la nier Ionienne, dans un pays de monastères basiliens et de dialecte grec, a-t-il élé initié â l'architecture française ? Ce n'est point par des moines descendus d'au delà des Alpes ou venus de l'Orient latin. Le portail

de la cathédrale de Rapolla n'appartient pas à la même génération de monuments que l'église bâtie à Matera par les Cisterciennes de Saint-Jean-d'Acre : il représente un type moins ancien et ressemble par plus d'un détail pkysionomique aux portes de Castel del Monte; les chapiteaux des deux piliers flanqués île colonnettes qui s'élèvent dans la nef ont une étroite parenté avec les curieuses consoles de Lagopesole. Entre l'église élevée près de Melfl et le château qui dominait les forêts de la haute Rasilicate, la distance était courte. Melchiorre de Montalbano a pu travailler à Lagopesole. C'est très probablement dans un atelier impérial qu'il aura reçu les traditions étrangères qu'il a mises à profit en construisant une église de Basilicate sous la régence de Manfred. Était-ce le même Melchiorre qui avait donné les plans de l'église supérieure du Goleto, commencée du vivant de Frédéric II? Rien n'empêche, en tout cas, d'attribuer provisoirement ce second édifice à l'architecte de Montalbano.

L'architecture française des châteaux de Frédéric 11, qui avait été imitée en pleine Basilicate par un artiste indigène, trouva des imitateurs dans l'Apulie maritime, même après la conquête angevine.

En 1273, deux artistes natifs de Monte Sant' Angelo, deux frères, appelés Giordano et Marrando, qui étaient au service du roi Charles I" et avaient construit pour lui le château de Manfredonia, élevèrent au sommet du Gargano, devant l'entrée de la grotte miraculeuse, une tour isolée qui devait servir de campanile. Us gravèrent au-dessus de la porte cette inscription, dont les fautes de latin sont de curieux italianismes :

Fui. 385. — PlLIBB DR LA CATHÉDRALE DE RAPOLLA,

t TEMPORE QUO CHRISTUS CARNEM UE VIRGINE SUMSIT ANNO DOMINI MCCLXXIII SUR PONTI- F1CATU C.REGORII PAPE REGNANTE DOMINO KAROLO REGE SICILIE ARCHIDIACONO SUADENTE FELICE CEPIT

HOC OPUS PROTOM AGISTRO JORDANO ET MARANDO F RAT RE EJUS DIE XXVII MARCII HORA SOLIS (?) II INDICÏÏONIS1.

Le campanile est octogonal; il a un rez-de-chaussée et trois étages, dont le dernier, maintenant à ciel ouvert, porte une énorme cloche fondue en 1666 s. La porte en plein cintre, les grandes arcatures aveugles, les fenêtres bilobées du deuxième étage, la corniche, avec ses corbeaux décorés

de petites tètes, de rosaces et de feuillages secs, au milieu desquels se montre le lis de la nouvelle dynastie1, sont d'un dessin tout apulien (/'.'/• 386). Quant au corps même du campanile, il reproduit avec une fidélité scrupuleuse une des tours octogonales de Castel del Monte5. Le premier étage, avec sa coupole octogonale à calotte lisse, le second étage, avec les huit branches d'ogives, portées par des culots, qui soutiennent sa voûte, ont exactement le même appareil, les mêmes proportions et les mômes dimensions que les petites salles superposées dans les tours du château (ftg. 387).

La ressemblance est si rigoureuse qu'on peut se demander l'un des deux architectes de Monte Sant'Angelo n'aura pas été employé dans sa jeunesse

Fie. 386. — Campanile de monte sant'anc.elo, ÉLEVK EN 1273 PAIt C.IORDANO ET MAHRANDO.

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