SIC KEDDIT CHRISTUM; DOCET HOC SCRIPTURA PER ISTUM
Maître Peregrino ne s'est pas borné à reproduire l'épisode le plus populaire de l'histoire de .louas; il n'a pas montré non plus, à la manière de Xicodemo, le sculpteur des Abruzzes, le navire d'où le prophète fut jeté aux poissons et la tonnelle sous laquelle il se reposa, une fois sorti de sa prison vivante. Une plaque à peu près carrée, placée au-dessus du Jouas rendu à la lumière, met en scène la prédication menaçante du prophète à Ninive (Ninive) devant un roi (rex) assis à terre parmi les habitants de la ville et tenant par humilité sa couronne déposée sur ses genoux :
+ UHBS MALA TE PLANGE, COMMISSA DOLORIBUS ANGE. Il EX CUM PLEBE GEMIT DEUS INDE PERICULA DEMIT.
Après la gloire de la résurrection, les sculptures annoncent la nécessité delà pénitence. Le troisième relief n'est qu'une décoration ingénieusement disposée pour remplir le triangle
I. Ces Irois groupes de Qguri&es sont 1res sommairement et inexactement décrits par Seiiulz et Salazaro.
de marbre placé au-dessus de la longue plaque et à droite de la plaque carrée : deux paons affrontés boivent dans un vase de forme archaïque.
Les oiseaux ont les attitudes que, les paons orientaux prenaient sur les marbres napolitains du ixe siècle. Quant aux figures humaines, elles sont bien, pour la draperie et le nu, l'ouvragé du sculpteur qui a groupe autour delà base du candélabre des demi-dieux, vêtus à l'antique. Mais, dans les bas-reliefs qui ornaient l'escalier de bambou, comme dans ceux qui entourent le candélabre, l'imitation de la sculpture romaine est libre et vivante. Les visages ronds, les yeux gros, les fronts ridés, les barbes dures ont une rudesse vigoureuse que les marbriers des sarcopbages ne donnaient point à leurs reliefs. Le corps presque nu de
FlG. 388. — JnXAS, BELIEF PROVENANT DE l'aMBON DE SESSA : ŒUY