F. Pansa, hloria di Amalfi, Naples, 1721, II, p
4. Sur les Amallilains en Pouille au su" et au JEHI" siècle, voir G. Vvro./r Commerce et les Mareliamls dam l'Italie méridionale au Mil* et au xiv>' siècle; Paris, Fonlemoing, 1901, p. 1 84-1 SG.
78u L'ART IMPÉRIAL
do grandes propriétés en Pouille'. Quant à la femme qui avait posé avec ses joyaux pour le buste couronné, Schulz laissait entendre qu'elle pourrait bien être la propre femme de l'opulent donateur, nommée, dans le second vers de l'inscription, Sigligaita Rufolo-.
L'hypothèse que Schulz avait présentée avec une prudente réserve fut acceptée comme un fait établi, presque aussitôt après la publication posthume do l'ouvrage du savant saxon (1860). Crowe et Cavalcaselle décrivent le buste de Ravello sous le nom de Sigligaita3; Salazaro le reproduit sous ce même nom1. La femme du marchand de Ravello est citée désormais par tous les archéologues d'Italie, d'Allemagne et de France, à côté de Pietro délia Vigna, dont le portrait idéalisé est au musée de Capoue.
Les deux noms du modèle et do l'artiste ont été révoqués en doute par M. Filangieri di Candida. Dans un article rapide, qui est riche en aperçus ingénieux, le critique napolitain a soutenu que l'auteur du buste ne devait pas être identifié avec l'auteur de l'ambon ; il voit toujours dans le buste un portrait d'une patricienne de Ravello; cette dame n'est plus la femme de Nicola Rufolo, mais sa bru, Anna délia Marra, femme de Matteo Rufolo, le donateur du tabernacle de la cathédrale8. Il faut confronter ces hypothèses nouvelles avec les hypothèses devenues traditionnelles et choisir entre elles ou découvrir d'autres solutions possibles de l 'énigme.
L'ambon sur lequel se trouve posé le buste est une œuvre d'art composite. Mosaïques et sculptures ne peuvent être attribuées au mémo artiste: seul le travail do marbrier est l'œuvre de Nicola do Foggia. Les sculptures reproduisent pour la plupart des motifs de décoration qui ont été employés an xiii" siècle dans des monuments apuliens ; les chapiteaux à crochets et à collerette sont des imitations originales do modèles français, exactement comparables à celles qu'ont exécutées les sculpteurs des chapiteaux conservés sous le porche de San Domenico de Corato et dans la crypte de la cathédrale de Loggia. Les formes sont plus développées et plus riches que celles des chapiteaux signés par Alfano de Termoli ; le relief gras des folioles et des volutes l'ail penser aux œuvres opulentes et bizarres d'Ansoramo de Trani. Cependant Nicola de Foggia se rattache plus étroitement que la plupart des maîtres apuliens de son temps à l'école impériale, dont l'effort se partageait entre l'imitation de l'art français et celle de l'art antique. Les fouilles épaisses qui se recourbent en forme de crochets retournés sur l'un des chapiteaux de l'ambon de liavollo semblent être un souvenir îles magnifiques chapiteaux de Castel del Monte, modelés dans la brèche rouge. Les imitations de l'antique sont nombreuses et foutes exécutées avec une merveilleuse habileté. Les six lions qui semblent entraîner dans leur marche les colonnes qu'ils
1. Pour l'entretien de l'autel consacré en 1273 sous l'ambon, Nicola Rufolo légua à la cathédrale de Itavcllo des planlations de vignes et d'oliviers sises dans les environs de Giovinazzo (Cambra, SlorUt di Amolli, i' éd II n 33)