‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 54 sur 433 · Cattaneo, p. 138, fig · texte numérisé non relu

Cattaneo, p. 138, fig

Fig. 22. — Fragment d'un grand chapiteau

PROVENANT DE l'ÉGLISE SANt' ANDREA, — HUSBE DE BJIINDISI.

au x' siècle, contient, dans sa façade, des fragments de tramenna, avec des oiseaux, des grillons et des sphinx affrontés, semblables, pour le dessin et pour le relief, aux sculptures de Sorrente». Le décor animal, composé de motifs sassanides, qui, vers le ix'siècle, remplaça à Naples le décor géométrique, a donc été, comme ce dernier, employé dans la sculpture Chrétienne d'Orient. En pays byzantin, les animaux et les oiseaux furent même adaptés par les marbriers à des décorations pins compliquées (pie les reliefs sculptés dans les plaques des clôtures de chœur. On en trouvera la preuve, non point dans la Grèce propre, mais, de nouveau, dans une ville apulieiine, à Brindisi, qui, si elle n'appartint pas à l'Empire d'Orient avant le x» siècle, resta ouverte aux influences orientales. Les grands chapiteaux de marbre grec qui gisent à terre, toul mutilés, dans le baptistère ancien transformé en musée, et qui proviennent d'une église détruite. Sanf Andréa2, sont ornés de rameaux de vigne entrelacés3, de grappes, d'oiseaux affrontés, de quadrupèdes adossés (fig. 12 et 22) : il y a une parenlé lointaine entre cette décoration touffue et celle du magnifique parapet de San Giovanni Maggiore, à Naples.

Les deux chapiteaux de Brindisi attestent, comme les marbres de la Métropole d'Athènes, ['existence d'un art décoratif, né en Orient, et qui a été aussi riche en figurines

animales que l'art « roim le l'Occident. Cet art a donné, sans doute, plus d'un modèle

aux sculpteurs des vieilles abbatiales de France et d'Allemagne. Dans les pays de l'Orient chrétien, où il s'est développé, avant de passer la mer, il n'a laissé que des fragments rares et médiocres. Les chefs-d'œuvre de la sculpture byzantine, à décor animal, où l'on voit des monstres persans animés par une puissance de relief qui rappelle l'ancien art grec, sont groupés sur les bords de la haie de Naples cl dans les îles de la lagune de Venise.

1. Ces sculptures, dontCattaneo a donné une esquisse [p. 77, Og. 10), ont été reproduites, d'après des photographies par M. RrvoiRA (le Origini delt ArcMt. Lombard,,, Home, 1901, p. 203-200, lig. 278-281). L'auteur de ce dernier ouvrage suppose sans aucune raison, que ces bizarres sculptures sont antiques et proviennent d'un temple de Sérapis, élevé dans Athènes.'

2. V. di Meo, Annali critico-iliplomalici, ann. 1036, n° 8; 1091, n° 2; 1108, 11" 2).

3. Le tracé de l'entrelacs compliqué qui se noue sur la corbeille dû chapiteau de Brindisi est presque identique à celui de la rosace sculptée à plusieurs exemplaires sur des plaques de transenna conservées dans l'Italie centrale (Santa Maria Trastevere, à Rome, Sanf Elia, près Ncpi, etc.).

Fie. 23. — Deux basilics affrontés,

MARBRE DU IXe SIÈCLE, AU MUSÉE DE S OR RENTE,

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