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L'ART DANS LES PEINCIPAUTÉS LOMBARDES DE L'ITALIE DU SUD

Les fondalions des princes et des nobles lombards. — Les tombeaux ; sarcophage de Calvi. — Les églises : Sainte- Sophie de Bénévent ; la basilique funéraire de Prala. — Les sculptures décoratives de Capoue ; une trimsenna de Cimilile; fragments retrouvés dans les Abruzzes.

Quand on a parcouru le duché de Xaples. la Calabre et les ports isolés, Otrante ou Gallipoli, qui restèrent, depuis le temps de Justinien, autant d'enclaves de l'Empire d'Orient en pays étranger, les provinces où l'on pénètre appartiennent aux Lombards. Lorsque, à la chute du royaume lombard de Pavie, le duché de Bénévent fut érigé en une principauté, qui devint un véritable royaume lombard du Sud, l'aristocratie militaire et religieuse de l'Italie méridionale presque entière se trouva composée de Germains.

Les Lombards, princes, gastaldes ou évoques, ont rivalisé de magnificence, dans la construction et la décoration des églises, avec les ducs et les évêques de Naples. Quand Sicon eut remporté, devant Naples, une victoire sur les « Romains menteurs ... il leur prit, dans les catacombes, le corps de saint Janvier, qu'il rapporta à Bénévent, et remplit d'or et d'argent la cathédrale transformée en reliquaire du sain! napolitain1. L'évêque lombard Radipert dédia dans l'église de Sinuessa un autel d'argent à saint Rufîn (évêque de Capoue), et lit bâtir plusieurs églises dans l'enceinte de Castrum Volturni"-, ville forte qui défendait contre les pirates l'embouchure du Yolturne. cl dont il ne reste pas une pierre, au milieu des lagunes désertes. Les Lombards ont surtout contribué, par leurs dotations, à ht prospérité et à la puissance de l'ordre bénédictin. Deux des monastères les plus riches d'Italie furent Sainte-Sophie et Saint-Pierre de Bénévent.

Les hommes qui commandaient et qui payaient de tels ouvrages ont-ils favorisé un art distinct de l'art byzantin, qui régnait à Naples? Peut-on discerner dans les

t. Voir l'épitapLe de Sicon :

Obsidione qualit Hmnanas siepe calervas Januarium quonuam Tortis athleta dehinc,

Urbis Parthenope falsidicosque viros... Cujus templa repleret argento auroque de'voto;

Abstulit inde etiani Beneventi in setle locatum Ilis dédit ut jaceat corpus inane loris.

(C Pereciuxus, Bistoria principttm lonr/ob., Naples, 1013, in-48, p. 240.) 2. Voir Fopitaphe de l'évêque Radipert autrefois conservée dans la cathédrale de Carinola. Cf. Monaobos, Saneluarium Capuanum, p. 79; Schulz, II, p. 131-152; — et la dissertation de Mazzocchi, In vêtus Ecc. Neap, Xalend., \, p. 46 et 47.

monuments lombards de L'Italie méridionale quelque trace d'une influence barbare et germanique. On n'a point retrouvé dans le Sud de l'Italie de vastes nécropoles, comme celles du Frioul, ou des trésors, comme celui d'Ascoli, qui ont livré des suites d'objets en or, travaillés au repoussé, ou incrustés de cabochons et de grenats. L'industrie « nationale » des Lombards de Bénévent n'est représentée que par quelques-unes de ces croix, découpées dans des lamelles d'or, que l'on posait sur les cadavres, et qui ont été recueillies en abondance dans l'Italie septentrionale. Encore ces minces trouvailles ont-elles été dispersées dans des collections lointaines1, sans qu'une pièce en soit restée

à Bénévent ou à Naples.

Quant aux monuments officiels, c'est à peine s'il reste, dans les annales des chroniqueurs, quelques mentions du palais bâti à Bénévent par Arechis I" et du palais de Salerne, où Arechis 11 lit inscrire des vers de Paul Diacre. Les sarcophages des princes, qui s'accumulèrent dans les parvis des cathédrales de Bénévent, de Salerne et de Capoue, ont été détruits jusqu'au dernier. On peut F.,;. 25, - Plan de u «botte et de la easiliq™ funéraire voir seulement, encastrées dans la façade

DE PliATA, PRÈS AVELLINO {vil°-Xp SIECLES).

de la cathédrale de Bénévent, les inscriptions solennelles qui, sans doute, étaient placées aux murs de l'ancien atrium, au-dessus de chaque tombeau. Ces vers durs et sonores, dont quelques-uns seront copiés par les clercs qui voudront honorer les conquérants normands5, laissent une impression de force et d'orgueil barbare, à laquelle, sans doute, la vue des sarcophages n'aurait rien ajouté. Le seul tombeau de l'époque lombarde qui soit conservé, dans la façade de l'ancienne cathédrale de Calvi, non loin de Capoue, est une imitation grossière d'un sarcophage romain : deux monstres marins soutiennent le médaillon d'une dame en costume byzantin1. Le sculpteur, qui s'est gauchement essayé à copier ici un mauvais marbre antique, était plus accoutumé à tailler sur ses plaques des rubans et des nattes que des figures humaines ; il a cédé à l'habitude, en traçant au bord du sarcophage un entrelacs natté (fg. 28).

Parmi les églises qui furent élevées du vme au xi" siècle, dans les provinces lombardes

1. Par exemple dans la collection Morbio. — Cf. B°" de Date, Etudes archéologiques; Industrie lottgobarde, Paris, 1888, p. 91.

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