‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 83 sur 433 · IMonum. mediev. délia regione del Vulture, p. vr · texte numérisé non relu

IMonum. mediev. délia regione del Vulture, p. vr

5. Celle inscription a été publiée, avec de graves erreurs, par 1>om Mobba, Chartularium Cupcrsanenset p. 218, en noie.

6. L'n archevêque de Bari, nommé Pierre, et qui est omis dans les listes dressées par Ugbelli, se trouve cilé dans un document de 1073, récemment publié (Codice diplom. barese, I, p. 51).

L'architecture sommaire de ces oratoires souterrains avait besoin d'un vêtement pour dissimuler son indigence. Le peintre venait étendre son enduit sur la paroi martelée par le pic, et, dans la pénombre, les silhouettes des saints, que souvent il avait fallu peindre à la lampe, apparaissaient aux (idéles. Les peintures basiliennes de l'Apulie et de la Basilicate n'ont attiré l'attention des érudits que depuis quelques années. Elles sont d'autant plus importantes pour l'histoire qu'en dehors de l'Italie on ne connaît guère qu'une série de fresques byzantines qui soif certainement antérieure au xiv" siècle : celle qui décore les coupoles basses et le vestibule de Sainte-Sophie de Kiev1. Mais l'étude des peintures byzantines éparses dans les campagnes italiennes offre de graves difficultés.

Eu effet, il n'y a peut-être pas, en Italie, deux grottes liasiliennes qui aienl conservé l'ensemble d'une décoration exécutée en une fuis el par un seul peintre. La plupart du temps, les moines ou les fidèles oui fail peindre, à de longs intervalles, des rangées de saints, qui se suivent sur les parois, sans ordre préconçu. De même qu'en Orient, le pan île mur que l'higoumène ou l'ermite concédait au dévot qui voulait y faire représenter sou sainl patron, n'était pas «une concession à perpétuité2»; avanf même que les parois ne fussent entièrement couvertes, on ne se faisait pas scrupule d'étendre sur quelque peinture vieille, tantôt d'un siècle, tantôt de quelques années, un enduif frais destiné à recevoir une nouvelle image3. Tel oratoire s'est trouvé entièrement décoré à plusieurs reprises, et l'on distingue sur le mur jusqu'à trois et quatre couches de peinture superposées. Parfois l'une des couches s'est écaillée, et brusquement un Chris! du xn" siècle, triste el farouche, est réapparu, à côté d'une sainte coquettement vêtue à la mode des cours angevines de Xaples et de Tarente.

Pour se guider au milieu de l'étrange chaos de styles qui résulte de ces juxtapositions et de ces superpositions, on trouve de loin en loin une inscription qui donne une date. Le plus souvent il faut se contenter de lire à codé de la trie ou aux pieds d'une image un nom de saint ou de donateur. De ces inscriptions, les unes sont en grec les autres en latin.

1. Les peintures que M. Millet a étudiées dans les églises Je Trébizonde (Bull. de Coït, hcltén., 1893, p. 428-437) sont du xiv" et du xv" siècle. Quant aux descriptions et aux reproductions que Texier a données des peintures monastiques conservées par centaines dans les grottes de la Cappadoce (F Architecture byzantine, pl. V ; Description Ae l'Asie Mineure, texle, II, p. 70-77), elles ne permettent, en aucune façon, de deviner l'époque à laquelle remontent ces peintures. Pour leur faire place dans l'histoire de l'art, on doit attendre une nouvelle exploration.

2. <i Les fidèles aisés, mais disposant de ressources trop modesles pour faire décorer une église ou une chapelle entière, pouvaient acheter, sur les murs..., un panneau, pour y inscrire, avec leur nom, leurs supplications ou leurs actions de grâces; mais la concession n'était pas à perpétuité, et, au bout de quelques années, le panneau passait à d'autres pécheurs. » (Millet, Bull, de Corr. hellén., 1895, p. 437.)

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