‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 84 sur 433 · Cf. Dieiil, p. 29 et n · texte numérisé non relu

Cf. Dieiil, p. 29 et n

Franoois Lenormant, qui s'élait fait montrer quelques-unes des peintures conservées dans les grottes de la Terre d'Otrante, avait esquissé à leur sujet, avec son ordinaire promptitude d'esprit, une théorie nette et séduisante. Il crul trouver dans la langue même des inscriptions un élément de classification pour les fresques. Après avoir indiqué que les inscriptions grecques accompagnaient des peintures dignes de figurer au Mont-Athos, l'ingénieux voyageur continue en ces ternies : « A coté des fresques purement byzantines, à inscriptions grecques, on en voit d'autres d'un style tout différent, qui appartiennent à une autre tradition d'art et qu'accompagnent des légendes latines. Celles-là paraissent dater, en général, du xui" siècle, bien qu'il soit possible d'en faire remonter quelques-unes au xn°, d'après certains détails de costume ecclésiastique dans les figures des saints pontifes. L'existence d'une école de peinture italo-latine, indépendante de l'école grecque et propre aux Fouilles, ou plus spécialement au comté de Lecce, est un fait pour moi désormais incontestable '. »

M. Diehl, pendant son exploration attentive des grottes basiliennes de la Terre d'Otrante, a reconnu ce qu'il y avait d'artificiel et d'arbitraire dans la thèse que François Lenormant avait imaginée. 11 a suffi à M. Diehl de citer quelques-unes des peintures décrites par lui-même pour établir que certaines fresques du xtve siècle, — il eût pu ajouter du xv', — dont le style n'est nullement byzantin, mais bien toscan et «giottesque », sont accompagnés de longues légendes grecques, uniquement parce « qu'elles ont été exécutées en pays grec et pour des populations grecques». Inversement, il a pu montrer que certaines figures, désignées par une inscription latine, sont, par le style, « plus grecques que bien des peintures à légendes grecques-».

Mais, tout en renversant la moitié de la thèse de Lenormant, M. Diehl en prend à son compte l'autre moitié. S'il repousse l'artifice de classement trop sommaire que lui olïrait son devancier, il admet, comme celui-ci, en Terre d'Otrante et en Basilicate, « l'existence d'une école indigène, née à l'ombre de la tradition byzantine3 », et qui commence, dès le xne siècle1, à manifester son originalité. A côté de l'art byzantin, un arl latin se serait constitué à l'extrémité orientale de l'Italie, avant que l'art siennois et florentin n'entrât en vainqueur à Naples5.

La question ne peut être plus nettement posée. En reformant et en complétant la série chronologique des peintures les mieux datées et les mieux conservées, parmi celles qui décorent les oratoires basiliens, nous devons nous proposer tout spécialement d'établir

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