‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 132 sur 155 · Ibid. (6 avril 1680), tome V, page · texte numérisé non relu

Ibid. (6 avril 1680), tome V, page

5. Etiquettes de la Cour, tome I, page 189. Cette explication de Mm0 de Genlis est confirmée par une note de Dangeau. Parlant de la visite que le Doge de Gênes fit en 1685, à Versailles, il dit: « les princesses du sang le reçurent sur leur lit, afin de n'être point obligées de le reconduire ». (Dangeau, tome I, page 303.)

Planche XLIII.

Lit a la romaine ( exécuté par M. Legriel )

second lit de repos à côté de celui du malade, sur lequel le roi se couche (sic) 1 ». La raison de cette autre habitude était que le roi pouvait, à la rigueur, permettre à un de ses sujets de prendre, devant lui, une attitude ou une posture conforme à la sienne, mais qu'il n'en pouvait tolérer une plus abandonnée ou plus familière. Lorsque Louis XIII fut reçu par le cardinal de Richelieu malade, ce cérémonial, qui nous semblerait aujourd'hui ridicule, fut scrupuleusement observé. Il en fut de même, quand Louis XIV alla voir le maréchal de Villars blessé, et, à partir de ce temps, il fut de bon ton d'avoir à demeure, dans sa chambre, un second lit de repos, comme si l'on s'attendait à recevoir, d'un instant à l'autre, quelque visite royale.

Les usages de la Cour étaient alors trop en honneur, pour que la Ville ne se conformât pas scrupuleusement à ces coutumes venues d'en haut. Non seulement à la Ville on n'avait point d'autre salon que la chambre à coucher, les gravures d'Abraham Bosse, les gracieux tableaux d'Antony Palamède, de Terburg, de Metzu en sont une preuve suffisante, et le grand lit encourtiné qui sert de fond à la plupart de leurs compositions, ne nous laisse là-dessus aucun doute ; mais encore on conserva longtemps l'habitude de recevoir au lit, ou sur son lit, comme la femme de qualité que Saint-Jean nous représente « reposant sur un lit d'anges ». Enfin, en ces temps déjà lointains, la chambre à coucher conservait, même après la mort, son caractère de pièce d'apparat. Non seulement les princes, mais de simples particuliers demeuraient exposés sur leur lit, parés, gantés, vêtus de leurs plus beaux atours, et le public venait leur rendre une suprême visite, où la curiosité tenait souvent plus de place que le respect.

C'est ainsi que Marion de l'Orme subit gratuitement l'empressement de tout Paris. « On la vit morte vingt-quatre heures, sur son lit, avec une couronne de Pucelle », écrit Tallemant 2, qui alla la contempler. Il fallut que le curé de Saint-Gervais, qui avait reçu sa confession, fit sentir aux nombreux amis de la

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