Mémoires, tome II, page
un siège du même genre, que le duc de Vendôme reçut l'évêque de Parme, venant négocier de la paix '.
Bien loin de sembler insultante, cette révoltante familiarité était un sujet d'orgueil pour les grands seigneurs de ce temps. « Le roi redescend chez lui, écrit un des hauts personnages honorés de cette superbe faveur, puis passe sur sa chaise percée, où les grandes entrées l'ont toujours vu jusqu'à sa grande opération, ce qui étoit un temps de privance fort commode » 2. Ce sont des usages singuliers fort anciens dans l'histoire de notre monarchie qui faisaient dire au vieux Montaigne :
« Je trouve plus supportable d'estre tousjours seul que de ne le pouvoir jamais estre »3.
Après avoir été honorée, prisée, chantée pendant des siècles, puis déguisée sous les formes les plus variées, jusqu'à prendre l'apparence de l'Encyclopédie, du dictionnaire de Moréri ou d'un problématique et emblématique Voyage aux Pays- Bas, la chaise percée a été définiti- l>ttllc cl,uisc de chambre à couche-,
cxcculce par M. Tcrnisien.
vement bannie de nos demeures.
Le dernier siège de cette sorte, ayant quelque chose à démêler avec l'art, qui soit sorti des mains d'un industriel parisien, fut fabriqué par M. Fourdinois pour l'impératrice Eugénie. Cette chaise monocle était destinée au yacht Y Aigle, et ce fut un moment délicat, dans la vie de l'éminent artiste, que celui