Dangeau, tome II, page
3. Anecdote non moins typique et qui peint bien les usages du dernier siècle, a Toutes les jolies dames de la Cour, écrit Mm* de Gcnlis, raffolent en ce moment de la chanson de M. le marquis de *", sur les chaises percées que l'auteur a la délicatesse d'appeler les 'Baronnes. Dans le siècle dernier, Bcnserade chantait les beautés de la Cour. M. de *'* chante les chaises percées et avec le plus grand succès. Le goût varie suivant les époques». (Souvenirs de Félicie, page 42.)
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où, seul avec sa souveraine, il lui dévoila, dans son mécanisme ingénieux, le fonctionnement du précieux appareil. A peine avait-il laissé retomber les coussins qui dissimulaient le but de ce meuble utile, qu'un chambellan aimable, empressé, frisé, souriant, entra, et voyant les regards de l'impératrice fixés sur le siège en question , se mit , en fin courtisan , à en faire l'éloge. « Alors vous le trouvez à votre goût ? » demanda en souriant la propriétaire de la chaise. L'autre, sans se douter de rien, s'assit, heureux, épanoui, important et, après un moment d'étude et de recueillement : « Parfait, excellent et très confortable, s'écria-t-il, mais pour une seule personne; pour deux, il serait trop étroit. »
On peut deviner si les rires éclatèrent. L'autre n'y comprit rien, et cet étonnant quiproquo fut comme l'oraison funèbre de ce siège, indispensable jadis, mais que nous éloignons aujourd'hui soigneusement de nos yeux et surtout de nos narines.