‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 26 sur 155 · Voir Lettres, tome X, page · texte numérisé non relu

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pèsent peu sur le sentiment de l'incomparable marquise. Sa petite-fille, elle aussi, avec moins d'autorité, mais non moins d'abandon, ne se faisait pas faute d'entretenir ses amis de ces questions, alors considérées comme d'une gravité spéciale. « Oserois-je, écrit-elle à la date du 3 juin 1735, oserois-je, Monsieur, vous demander votre avis et tout de suite votre secours, pour l'exécution du projet que j'ai formé pour mon nouveau sallon qui ne vous plaît pas, dont je suis moult attristée? Le voici; puisqu'il ne mérite pas votre approbation, il ne mérite pas de meubles ; d'ailleurs je ne veux point en faire davantage. J'ai donc imaginé un lambris, une peinture, tout ce qu'il vous plaira, dans le goût de votre petit arrière-appartement, un peu plus orné et différent de ma salle à manger. Je crois que cela vaudra mieux que tout blanc. Vous voudriez peut-être des moulures, des encadrures : vous avez raison; mais cela coûte trop»1. Vous le voyez, Mme de Simiane connaît les expressions techniques. Elle parle de lambris, de moulures, d'encadrures, comme un décorateur. Elle sait les prix de ces divers travaux. Elle ne dit pas qu'elle ne veut plus acheter des meubles, mais qu'elle ne veut point en faire davantage.

Je demande pardon, à mes aimables lectrices, de tant insister sur un point futile en apparence, mais en réalité fort important. Il serait éminemment souhaitable en effet, qu'il fût bien entendu et définitivement admis, pour la bonne interprétation de ce qui va suivre, qu'une femme charmante, bien élevée, riche et distinguée par sa naissance, sa fortune, ses relations, non seulement ne déroge pas en s'occupant de ces détails de décoration et d'aménagement intérieur, mais encore ne fait que reprendre une tradition intelligente et fort digne, que nos mœurs utilitaires et hâtives nous ont fait très fâcheusement abandonner.

Aujourd'hui, en effet, les enfants sont, le plus souvent, brusquement séparés de leurs parents. On met les garçons au collège, c'est-à-dire entre quatre murs, nus, délabrés parfois, odieux toujours, d'où l'art est impitoyablement banni comme une distraction dangereuse et profane. Là, leur vie s'écoule en présence

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