‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 29 sur 155 · LE BOIS · texte numérisé non relu

LE BOIS

'on peut dire qu'il n'est presque pas de matériaux, dans la nature, qui ne soient employés dans l'habitation humaine. Les calcaires les plus divers (marbres et pierres de toutes provenances et de toutes sortes), presque tous les métaux, les argiles, sous forme de céramique, la laine, la soie, le chanvre, le coton, le lin, sous forme de tissus, les bois de tout pays et de toutes couleurs, les joncs, les fourrures, les os d'animaux, l'ivoire, tout, en un mot, trouve sa place dans cette sorte d'encyclopédie domiciliaire ; comme si l'homme, après avoir conquis le monde, avait voulu, pour édifier sa demeure, forcer tous ses sujets vivants ou inertes à lui fournir un tribut.

Des diverses matières que nous venons d'énumérer, il n'en est pas, parmi celles qu'on peut qualifier de résistantes, qui soit d'un emploi plus général et plus fréquent que le bois. C'est le bois qui se plie au plus grand nombre d'usages et aux plus intimes.

Son abondance, sa légèreté spécifique, sa résistance, sa souplesse, son élasticité, l'étonnante variété de formes et d'aspect qu'il peut revêtir, les multiples ressources décoratives qu'offrent son grain, sa fibre, sa couleur, suivant l'essence qu'on met en œuvre et la façon qu'il reçoit, sont autant de précieuses qualités qui le recommandent d'une façon toute spéciale.

A ces avantages, que lui seul possède au même point, il faut ajouter un toucher agréable, et qui, par le poli, peut devenir d'une extrême douceur. Ses profils et ses contours, en outre, ne présentent jamais la rigidité et la dureté du métal. Les chocs et les heurts contre lui semblent moins douloureux, et sa température paraît, au contact, se rapprocher en tous temps, de celle du corps humain.

Ce dernier phénomène est le résultat de son peu de conductibilité. On sait, en effet, que la sensation de froid produite par les corps solides est en raison directe de leur faculté de transmettre la chaleur. Plus leur conductibilité est grande, plus la chaleur, qui leur est communiquée par le contact de notre corps, est vite absorbée et transmise aux parties qui ne sont point en contact direct avec notre épiderme. Or, la conductibilité des principaux matériaux employés dans l'habitation peut s'établir comme suit :

La conductibilité du cuivre est de 64,00

— du fer — 29,00

— du zinc — 28,00

du marbre 3,48

— de la pierre calcaire 2,08 de la terre cuite . . o,65 du bois de chêne. . — 0,21

— du bois de sapin . . 0,17

— du bois de noyer . 0,10

Voilà pourquoi le bois ne glace jamais notre main quand il

est à sa portée et pourquoi son toucher ne nous est jamais pénible ni même désagréable1.

Toutes ces qualités si variées, si nombreuses, si précieuses à tant de titres, devaient faire rechercher le bois pour les applications et les usages les plus divers. Dans l'habitation humaine, non seulement il peuple nos pièces préférées, mais encore il les

Fig. 17. Parquet en point de Hongrie. Fig. 18. Parquet en mosaïque.

enveloppe en quelque sorte. 11 apparaît à nos pieds sous forme de parquet, et l'art peut déjà s'occuper de lui dans cette première application, car si, le plus souvent, nous ne le rencontrons que sous l'aspect assez élémentaire et essentiellement condamnable

Fig. 19. Parquet d'assemblage. Fig. 20. Parquet en mosaïque.

du point de Hongrie2, parfois il se manifeste aussi sous l'aspect plus élégant de parquet d'assemblage, et sous celui plus délicat de parquet en mosaïque ou en marqueterie. Après l'avoir vu

1. Parmi les matières non résistantes, l'édredon, le papier cl le coton sont les moins bonnes conductrices de la chaleur, c'est pourquoi nous les employons à nous isoler de l'air ambiant.

2. Le point de Hongrie, très généralement employé, présente l'inconvénient, surtout lorsqu'il est neuf, de simuler des vagues ou des ondulations. Rien n'est plus ridicule que cette simulation pour une surface sur laquelle on doit marcher.

sous nos pieds, nous le retrouvons sur nos têtes. C'est également lui qui forme souvent le plafond et parfois le décore, soit que l'architecte ait laissé à découvert les poutres, poutrelles et solives qui portent le plancher supérieur, soit qu'il demande l'ornementation de son plafond à des caissons ou compartiments combinés avec plus ou moins de correction et de goût. Pour les lambris qui habillent la muraille, et pour tous les meubles qui garnissent la pièce, depuis la chaise jusqu'au lit, depuis l'armoire jusqu'à la table, c'est encore à lui qu'on a recours. On voit que l'homme n'a pas de serviteur plus empressé, et se pliant à des attributions plus multiples.

Les parquets et les plafonds sont plus particulièrement liés à la structure même de l'habitation, ils relèvent en conséquence plus directement de l'architecture. Les lambris qui peuvent se déposer (c'est le mot technique), sans que la pièce cesse d'être matériellement habitable, les meubles qui, leur nom l'indique', sont par destination sujets à de continuels déplacements, se trouvent plus spécialement compris dans cet aménagement, dans cette parure de la demeure, où notre activité et notre goût peuvent s'employer utilement. C'est donc principalement des lambris et des meubles, que nous allons nous occuper.

Ces divers ouvrages rentrent dans la spécialité des menuisiers, ainsi nommés parce qu'ils emploient de menus bois, comparés à ceux que le charpentier met en œuvre, et parce que leurs ouvrages sont relativement menus et délicats.

Le bois arrive chez le menuisier à l'état de grume, c'est-à-dire coupé mais non équarri et ayant encore son écorce. Le menuisier le débite lui-même à la scie, le tranchant, dans le sens de sa longueur, en planches ou plateaux d'épaisseurs diverses. Toutefois, pour les ouvrages de valeur, le menuisier soigneux, voulant éviter que son bois ne joue, tient compte de sa maille et le débite par quartier, employant ensuite pour le trancher le procédé qui s'applique le mieux à l'essence qu'il traite et à l'usage

i. Du latin mobilis qui peut être remué. Le mot meuble a du reste conservé cette signification, quand il est employé sous forme d'adjectif.

auquel le bois est destiné Tous les bois se débitent de Tune de ces deux façons, sauf l'érable dont le cœur est mauvais. Pour parer à cet inconvénient, on commence par couper la grume en quartiers, que l'on tranche ensuite diagonalement, afin d'obtenir des plateaux plus régulièrement larges (voir fig. 21) 2.

Les divers bois employés par le menuisier pour ses travaux habituels portent le nom de bois d'œuvre, et le rôle important que joue leur prix d'achat, dans la confection des meubles et des lambris, engage le menuisier à les rechercher parmi les essences indigènes, c'est-à-dire nationales. Toutefois les menuisiers des villes, ignorant les ressources que pourrait leur offrir notre pays, limitent volontairement le nombre des essences employées, et parfois même, ont recours, pour certains travaux, à des bois

importés, trèsinfé- Fig. ali Xronc d'érable à débiter en plateaux.

rieurs, comme qualité, à ceux que produisent communément nos campagnes.

Les essences indigènes, dont on se sert le plus ordinairement, sont le chêne, le peuplier ou grisard, l'orme, le frêne, le noyer dont la finesse de grain convient bien au sculpteur, le poirier, qui se travaille admirablement, et qui, lorsqu'il est noirci, remplace Tébène dans une certaine mesure, le hêtre, Férable et le tilleul qui se laque supérieurement. Quant à l'acacia, au merisier, àl'aulne, au bouleau, au châtaignier, injustement négligés, ils sont accaparés par des industries spéciales, par les tourneurs, les charpentiers, les ébénistes, les charrons. Enfin, il nous faut mentionner encore le pin, le sapin, et le mélèze, qui sont plus spécialement employés dans la menuiserie commune.

1 . 11 arrive souvent, de nos jours, que le bois est reçu tout débité par le menuisier. Ce mode de livraisons en plateaux, qui économise une certaine main-d'œuvre, présente de grands inconvénients, car le menuisier n'a plus que des garanties illusoires sur la sécheresse et la. qualité.

2. Aujourd'hui on est arrivé à dérouler l'érable et un certain nombre de bois de placages.

De tous les bois que nous venons d'énumérer, soit qu'on exige d'eux de l'élasticité et de la résistance, ou qu'on recherche plutôt la durée ou la ténacité, le chêne est à tous égards le plus précieux. C'est lui qui convient le mieux aux travaux de menuiserie, à cause de la variété de son grain, de la finesse et de la solidité de ses fibres, de sa dureté, de sa durée et de son homogénéité. Le peuplier, appelé aussi bois blanc ou grisard et le sapin sont également beaucoup employés, mais presqu'exclusivement pour les remplissages et pour la confection des parties non apparentes.

Des lambris. — On donne le nom de lambris aux panneaux de menuiserie qui servent de revêtement intérieur aux appartements. Il y a deux sortes de lambris : Premièrement, ceux qui garnissent toute la muraille prenant naissance au parquet pour s'élever jusqu'à la corniche, ceux-là portent le nom de lambris de hauteur. En second lieu, les lambris qui régnent audessus du sol, faisant le tour de l'appartement et laissant la partie moyenne de la muraille libre pour recevoir une décoration. Ces derniers sont appelés lambris d'appui.

Tous les lambris, qu'ils soient de hauteur ou d'appui, se composent d'une série de cadres assemblés avec soin, dans lesquels sont, le plus souvent, insérés des panneaux.

La principale difficulté, dans la construction des lambris, consiste dans le bon assemblage de leurs diverses parties, et c'est dans leurs bonnes proportions et dans la richesse des moulures, qu'ils trouvent leur beauté. Occupons-nous d'abord des assemblages.

Des assemblages. — On appelle de ce nom l'action de réunir et de joindre plusieurs morceaux de bois, de telle façon qu'ils paraissent n'en former qu'un seul. L'assemblage, quand il est bien fait, ajoute au bon aspect de l'ouvrage. C'est en lui que réside principalement sa solidité. Dans les travaux de menuiserie, les assemblages varient suivant qu'ils ont pour mission de réunir les extrémités des diverses pièces composant les bâtis

ou cadres, ou bien de réunir sur toute leur longueur deux feuilles de même épaisseur composant un panneau.

On compte trente-cinq sortes d'assemblages. Les plus usités sont :

NT

Fia;. 22.

Fig. 23.

i° L'assemblage carré à moitié bois, le plus ancien et le plus grossier de tous (voir fig. 22).

2° L'assemblage en anglet ou onglet à moitié bois, qui est plus spécialement employé pour le lambris (fig. 23).

Fig. 24.

Fig. 25.

3° L'assemblage à tenon et mortaise, qui est employé presque uniquement pour les sièges, tables, etc. (fig. 24). 40 L'assemblage par enfourchement, dune grande solidité, et

Fia:. 26.

Fig. 27.

qui est usité pour les armoires et autres meubles à panneaux quand ils sont bien soignés (fig. 25).

5° L'assemblage à tourillons.

6° L'assemblage en emboiture, qui, composé d'une languette et d'une rainure, réunit deux pièces de bois sur toute leur longueur (fig. 26).

Et 70 l'assemblage à queue d'aronde ' qu'on n'emploie guère que pour les tiroirs (fig. 27).

Comme les assemblages à tenon et à mortaise et ceux en emboiture présentent toujours une certaine difficulté, on remplace, * autant qu'on le peut, les premiers par l'assemblage à tourillons qui substitue une simple cheville au tenon pris dans la masse, et les seconds par les assemblages en feuillures ou à pattes, qui coûtent moins cher et réclament moins de temps.

L'assemblage le plus employé pour les cadres des lambris est, nous l'avons dit, celui à anglet2 ou onglet. Une fois les cadres formés, on embrève les panneaux, c'est-à-dire qu'on insinue leurs bords dans une rainure pratiquée sous la moulure qui termine intérieurement le cadre, et on ferme le cadre, en plaçant la traverse supérieure, et en laissant le panneau libre de façon à ce qu'il puisse jouer.

Les moulures sont, on le sait, le principal ornement du lambris. Ce sont elles qui complètent et achèvent leur décoration. Elles sont, en menuiserie comme en architecture, d'une grande importance. En architecture, où elles portent le nom de profils, on les a comparées à une sorte d'alphabet parce que non seulement elles servent à caractériser les styles, mais encore les différentes époques de ces styles. En menuiserie, elles n'ont pas moins de signification et offrent plus de variétés, parce que le bois, étant plus aisé à travailler que la pierre ou le marbre, les moulures de menuiserie peuvent être plus tendres, plus ressenties, et se prêter à des combinaisons plus nombreuses que les moulures de bâtiments.

1 . Aronde ou hirondelle, on donne ce nom aux fragments de bois qui pénètrent dans la planche latérale, parce qu'allant en s'élargissant du sommet à la base, ils rappellent vaguement la queue de l'hirondelle.

2. Ainsi nommé, parce que les pièces en se joignant forment un angle apparent de 45 degrés qualifié petit angle.

Lambris de hauteur (xvinmc siècle) (d'après Meissonnier)

Filet.

Bandeau.

Le principe des moulures est assez simple; elles se divisent en deux grandes classes : les moulures plates et les moulures curvilignes. Les principales moulures plates sont le filet ou listel dont la forme est carrée, et le bandeau ou plate-bande dont la largeur est beaucoup plus considérable que la saillie. Les principales moulures curvilignes sont le quart de rond ou échine, le cavet, le talon, la doucine, la baguette, Y ove, le tore et le becde-corbin. C'est en variant les proportions de ces divers profils, et en les associant les uns aux autres avec plus ou moins de bonheur, que Ton arrive à composer ces belles et riches moulures, qui sont l'ornement de tant de meubles superbes et de riches lambris.

Ajoutons qu'un bon menuisier doit attacher la plus grande importance à ses moulures. Il doit non seulement les combiner avec soin, mais encore s'informer si elles seront simplement cirées ou vernies, si elles seront peintes à la détrempe, ou peintes à l'huile, dorées, ou réchampies, car chacune de ces différentes opérations complémentaires exige une différence dans la manière de profiler. Si les moulures doivent être dorées, il lui faut, en effet, tenir les baguettes plus petites et les dégagements plus forts. Si elles doivent être peintes, il faut encore accentuer la ténuité des saillies et l'importance des creux, parce que sans cette précaution, les moulures, s'empâtant après plusieurs couches de peinture, finiraient par n'avoir plus ni Fig. 28. Principaux profils, forme, ni accent. Les anciens menuisiers

Échine.

Cavet.

Talon.

Doucine.

Baguette.

Ove.

Tore.

Bec-de-corbin

ne manquaient jamais d'avoir égard à cette diversité d'emplois, aussi bien pour la décoration des appartements que pour celle des sièges et des meubles1.

Jadis, toutes les moulures étaient poussées directement à la main, sur une sorte d'établi, qu'on nommait banc à profiler. Aujourd'hui, il en est encore ainsi pour les moulures de lambris; mais, pour le meuble, la plupart des moulures droites s'obtiennent à l'aide d'une machine animée d'un mouvement rotatoire d'une vitesse extraordinaire, nommée toupie, et l'on ne fait plus guère à la main que les raccords.

Quand les moulures sont chantournées, c'est-à-dire quand elles décrivent des courbes très accentuées, comme cela arrive dans les lambris du xvme siècle, qui suivent la forme des meubles, alors le travail direct de l'ouvrier reste indispensable. Ajoutons, en passant, que la toupie n'est pas le seul appareil mécanique qui soit venu, dans ces dernières années, alléger les difficultés de la main-d'œuvre. Aujourd'hui grâce à la raboteuse on corroyé et prépare des plateaux avec une rapidité inconnue il y a cinquante ans ; on se sert de la sauteuse pour découper sans difficulté, même dans des bois d'épaisseur, les dessins les plus compliqués, et avec la scie à ruban, on débite sans effort d'énormes billes d'érable. Quant à la toupie, le menuisier lui demande non seulement ses moulures droites, mais toutes les rainures et les feuillures dont il a besoin.

Connaissant désormais la manière dont se font les assemblages et la façon dont s'obtiennent les moulures, revenons maintenant à nos lambris. *

Nous avons dit qu'on les avait divisés en deux espèces : Tout d'abord les lambris de hauteur, qui garnissent la pièce depuis le parquet jusqu'à la corniche. L'utilité de ces lambris consiste en ce qu'ils préservent l'appartement de toute humidité, leur effet est d'assainir les pièces, et, quand ils sont artistiquement traités, de

i. On voit par cette remarque à quels contre-sens s'exposent les amateurs de nos jours en dépouillant de leurs dorures et de leurs couleurs des meubles qu'ils nous montrent ensuite simplement vernis sans se soucier des intentions premières de l'exécutant.

composer une parure d'une richesse peu ordinaire Les lambris de hauteur ont surtout leur raison d'être dans le Nord. Dans le Midi, ils sont moins employés ; là, en effet, leur utilité est contestable, ils deviennent en outre promptement des nids à vermine.

Les lambris d'appui ont pour but de former une sorte de piédestal à la décoration murale, et de la protéger contre le frottement et le choc des meubles. Supposons, en effet, tendue sur notre muraille, une tapisserie à personnages, une verdure de Flandre, une peinture à sujet ; si cette tapisserie descendait jusqu'au sol , une fois les meubles et les sièges rangés autour de la pièce, les personnages, la verdure, le sujet se trouveraient dissimulés en partie, ne seraient plus intégralement visibles, et, dès lors, produiraient un effet singulier et fâcheux.

Nous serions, en outre, obligés de tenir, à l'aide

d'anti-bois, les meubles à une certaine distance des murs, de façon à ce qu'ils ne frottent pas contre la tapisserie, et cette précaution ne laisserait pas que de rétrécir notre pièce.

Les lambris d'appui sont donc à la fois un préservatif et un

[. Les lambris de hauteur sont moins employés de nos jours qu'au siècle dernier, et l'objection qu'on fait à leur emploi réside surtout dans leur prix élevé. Ce prix, toutefois, est moins considérable qu'il ne parait d'abord, parce que le mur, sur lequel des lambris sont posés, n'a pas besoin d'être crépi, ce qui évite une dépense importante.

Fig. 29.

Lambris de hauteur chantournés et suivant la forme des meubles.

ornement imposé par les convenances et la nécessité. Dans ces conditions leur hauteur ne saurait être facultative. Protecteur et soutien de la décoration murale, le lambris ne doit point, comme

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cela n'arrive que trop souvent, être conçu indépendamment du mobilier, mais au contraire, il doit, autant que faire se peut, se régler sur celui-ci. Avant donc de déterminer la hauteur exacte du lambris, on agira sagement en faisant présenter les principaux meubles, tables, guéridons, buffets, consoles, qui doivent garnir la pièce et s'appuyer contre la muraille, ou, tout au moins, en s'en-

Fig. 30. Lambris d'appui à panneaux quérant de leur élévation, de faCOn à saillants 1 " 1

faire affleurer la partie supérieure du lambris, à la tablette de ceux de ces meubles, qui semblent par leur importance commander aux autres.

Parfois, il pourra arriver que la hauteur du lambris devra

obéir à d'autres exigences. Par exemple, lorsque la muraille est appelée à recevoir une tapisserie, qui, exis-

tant antérieurement, se trouve être

par conséquent d'une hauteur invariable et bornée, il est clair que l'on ne doit, sous aucun prétexte, mutiler cette tapisserie, et que la hauteur du lambris, décoration de convenance, doit se régler sur celle de la tapisserie, décoration principale. L'habileté du décorateur, quand il se trouve en face de ces divers problèmes, consiste à se tirer le plus adroitement possible des difficultés avec lesquelles on le met aux prises.

Il lui faut, en effet, apporter d'autant plus d'habileté dans le placement de la cymaise qui termine et surmonte son lambris,

Fig. 31. Lambris d'appui à panneaux embrevés

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