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coquilles, roses, rosettes, agrafes, feuilles d'eau, cornes d'abondance, palmes et fruits de toute espèce. Comme la plupart d'entre eux sont façonnés en tôle découpée et présentent des piquants et des aspérités, l'artiste ne doit les employer, dans la décoration de ses rampes et balcons, qu'avec une retenue extrême, et toujours les placer de façon à ce que leurs extrémités soient tournées vers le dehors, afin qu'ils n'accrochent point au passage les habits et les robes.
Pour les objets de fer qui ne sont point à portée de nos vête-
ments, ou ne sont pas appelés à être frôlés, ou maniés d'une façon régulière et normale par le premier venu, tels que les cadres de miroir, les consoles, les lanternes, etc., le dessinateur peut se permettre toutes les combinaisons de rinceaux et de végétations qu'il lui plaira d'imaginer. Ce qui, dans le premier cas, était un inconvénient, devient ici une sorte de protection; les aspérités du cadre semblent défendre le miroir contre toute main profane, et celles de la lanterne paraissent protéger la lumière, contre ceux qui seraient tentés de nous plonger dans l'obscurité.
Toutefois, il ne faut user de ces ornements qu'avec sobriété. Dans les ouvrages de fer, le besoin doit dominer la forme, et l'imitation, en outre, ne doit jamais être poussée trop loin. L'artiste, en aucun cas, n'a pour mission de chercher à créer une illusion impossible; il ne convient pas qu'une matière aussi dure, aussi rebelle que le fer singe des feuillages ou des fleurs, elle doit se bornera les interpréter.
C'est en s'inspirant de ces idées fort sages, que certains ama-
Fig. 76. Hampe d'escalier en 1er forgé, exécutée par MM. Moreau frères.
teurs de grand goût exigent, des ouvrages exécutés pour eux, qu'ils ne soient point trop repris au rifloir, à là lime, ni trop polis àl'émeri, et tiennent à ce qu'ils portent encore l'empreinte du marteau. Cette marque, ce stigmate, si je puis dire ainsi, dénonçant l'origine de l'œuvre et l'effort énorme qu'elle a exigé, augmente sa robustesse apparente, et lui donne un caractère de sincérité qui n'est pas sans charme.
Dans l'intérieur de l'habitation, le fer est encore employé à la
Fig. 77. Devant de foyer exécuté par M. Favier.
parure du foyer. Il fournit, dans certains cas, les chenets, les grilles, et presque toujours les pelles et les pincettes. C'est la forme de la cheminée, sa taille et son style qui doivent dicter impérieusement la taille, la forme et le style de ces objets complémentaires. La seule recommandation générale qu'on puisse faire à leur sujet, c'est qu'ils soient toujours d'un contour simple pour pouvoir être d'un entretien facile.
Quant aux bras, lampadaires, jardinières, candélabres, etc., la couleur austère du fer, sa dureté, son éclat brillant et froid, ne permettent guère qu'il soit employé à leur fabrication, si ce n'est pour des appartements dont le caractère accuse déjà une certaine sévérité. En tout cas, dans la conception première et la confection de ces divers ouvrages, l'artiste ne doit jamais oublier
de quelle nature est le matériel qu il met en œuvre, et il doit se garder de simuler, à l'aide du fer, les apparences du bronze qui exige un autre traitement, ou celles du bois qui attestent une densité et une contexture absolument différentes.
Enfin, et c'est par là que nous allons terminer, le fer, nous l'avons dit en commençant, doit à ses qualités de résistance et d'élasticité, d'être spécialement et presque exclusivement employé à la clôture de l'habitation, à la fermeture de nos portes et de nos fenêtres.
La clôture de la porte s'obtient à laide de serrures, de targettes, ou de verrous, celle des fenêtres à l'aide d'espagnolettes ou de crémones. Il n'est personne qui ne soit renseigné sur la forme, l'usage et l'utilité des serrures. Un point sur lequel on est moins d'accord, c'est leur très haute ancienneté. « Il ne paraît pas, a dit Viollet-le-Duc ', que les anciens aient connu ce que nous appelons les serrures ». L'erreur, dans laquelle est tombé l'éminent archéologue, est facile à rectifier. On a découvert une quantité de clefs antiques, non seulement à Herculanum et à Pompeï, mais en Grèce et en Fis- "8-
„ ..... . . Pelite clef antique.
bgypte. A quoi auraient bien pu servir ces clefs si les serrures n'avaient pas été inventées ?
La serrure, telle que nous la comprenons, et telle que nous l'employons, se compose de deux parties distinctes. La serrure proprement dite, contenue dans une sorte de boîte que l'on nomme la palastre, et la gâche dans laquelle s'engage le pêne, de façon à réunir les deux battants de la porte. La palastre est toujours en métal. Elle est généralement percée d'un trou par lequel on introduit la clef, et qu'on dissimule souvent sous une petite plaque ronde et mobile, nommée cache-entrée ; elle est, en outre, armée d'un bouton qui sert à mettre en mouvement le premier pêne. Ce bouton peut être en bois ou en ivoire, il est plus généralement en cristal ou en cuivre, malgré l'impression de froid que produit à la main le contact du verre ou du métal.