Tableaux de Taris, tome XII, page
2. Témoin, l'aventure singulière que rapporte Mme de Sévigné et dont le héros fut un curé breton, a Ce curé avoit reçu, devant ses paroissiens, une pendule qu'on lui envoyoit de Paris. Ils se mirent tous à crier en leur langage que c'étoit la gabelle, qu'ils le voyoient fort bien. Le curé, habile, leur dit sur le même ton : Point du tout mes enfants, vous ne vous y connoissez pas, c'est le Jubilé. En même temps les voilà tous à genoux ». (Lettres de Madame de Sévigné, tome III, page 60 (24 juillet 1675.) Aujourd'hui, même en Allemagne, ces méprises ne seraient plus possibles.
tuer des œuvres d'art d'un réel mérite, et dignes d'être contemplées sous toutes leurs faces, à des pendules toujours imparfaites d'un certain côté, c'est que rien n'est plus désagréable que d'entendre sonner deux, trois ou quatre fois la même heure à quelques minutes d'intervalle; ce qui ne manque guère d'arriver, quand les pendules sont nombreuses dans un appartement; car il est bien rare qu'elles marchent d'accord ; et le plus souvent, en effet, il leur arrive, comme aux montres du maréchal de Richelieu, de ne pouvoir jamais s'entendre '.
Faisons donc, en sorte, si nos pendules sont nombreuses, qu'elles soient au moins discrètes, car la répétition d'une même heure est comme une invitation à nos visiteurs de ne pas oublier le temps qui fuit. C'est comme une recommandation pressante de nous souvenir que la vie s'écoule, irréparable. Quant aux autres pièces qui, dans la garniture de cheminée, figurent également à l'état fondamental, telles que chandeliers, coupes, candélabres, elles doivent se rattacher comme style à la pendule et, lorsque celle-ci fait défaut, à l'esprit qui a présidé à la décoration générale de la cheminée.
1. Ces deux montres, deux admirables bijoux, un curieux qui les voulait examiner. les laissa toutes deux tomber sur le sol, et comme l'imprudent se désolait ; « Pourquoi vous désespérer, lui dit le maréchal, je ne les ai jamais vues aller si bien ensemble ». (Voir l'anecdote dans Bachaumont, tome XV, page 20.)
Nous avons déjà parlé des chandeliers ; nous n'y reviendrons pas. Pour les candélabres, nous nous bornerons à faire remarquer, qu'on doit surtout prendre garde à ce que leur base soit assez large, leur assiette assez solide, pour éviter à l'œil et à l'esprit toute sorte d'inquiétude. Il est peu de spectacles qui soient plus fatigants, plus obsédants, que la vue d'un groupe de lumières mal d'aplomb, et qui semble prêt à s'écrouler. Pour la solidité de l'assiette on fera bien de se rapporter aux proportions que nous avons indiquées pour les tables, guéridons et consoles, et d'exiger que la base représente à peu près les deux tiers de l'écartement total des branches (voir fig. 1 1 6) ; quant au développement des lumières, il peut être limité par un arc de cercle prenant le plus grand écartement des branches comme diamètre (voir fig. 1 17).
On voit, par ces rapides explications, que le métal, quoique son emploi, dans l'habitation, soit réduit à un nombre restreint d'applications, et limité à des spécialités parfaitement définies, ne laisse pas que d'y jouer encore un rôle très important. Nous avons donc sagement agi en le plaçant immédiatement après le bois, et en lui assignant la seconde place dans nos études. Au cours de cet ouvrage, nous aurons encore, maintes fois, à nous occuper de lui, et nous trouverons toujours en lui un serviteur utile, dévoué, précieux, parfois même indispensable.
Fig. 118. Pendule style Empire (exemple condamnable).
KM