XVI. Dans la combinaison des lignes brisées, il faut éviter
AVEC SOIN TOUTE PROGRESSION ARITHMÉTIQUE, PARCE QU'ELLE DÉPLACE L'APLOMB, ROMPT L'ÉQUILIBRE ET NUIT A LA SYMÉTRIE.
Supposons que nous ayons trois tableaux, de largeur égale, mais
Fig. 165.
de hauteurs différentes, et que nous nous proposions de loger ces trois tableaux dans un panneau A B C D (voir fig. i65). Supposons encore que notre premier tableau a, pour hauteur, 1 mètre,
Fig. 166.
notre second tableau 2 mètres, notre troisième tableau 3 mètres, ce qui constitue une progression arithmétique. Comment disposerons-nous ces trois tableaux? — Eh bien, nous éviterons avec soin de les placer dans Tordre de leur progression, parce que, de la sorte, la ligne brisée, formée par leurs sommets, pourrait
se résumer dans une ligne droite B F, ce qui lui enlèverait déjà une grande partie de ses qualités vitales d'animation ; en outre, parce que formant escalier, cette ligne brisée ferait perdre tout aplomb à notre décoration. Tandis que si nous employons une autre disposition (voir fîg. 166), la ligne reprend en partie les qualités expressives qu'on est en droit d'exiger d'elle, et la décoration retrouve un équilibre qu'elle avait perdu.
Cette remarque s'applique également aux surfaces décoratives. Supposons que nous ayons un panneau à diviser en trois parties, représentant en largeur la progression arithmé-
Fig. 167. Fig. 168.
tique 1, 2, 3. Respecterons-nous cette progression, comme cela est indiqué dans notre figure 167? — En aucune façon. Nous aurons, au contraire,, bien soin de rompre cette progression pour que notre panneau présente, dans sa décoration, une symétrie relative, qui seule peut lui donner l'aplomb dont il a besoin. (Voir comme exemple la figure 168.)
XVII. La symétrik, dans la décoration, existe non seulement QUAND IL Y A PARITÉ, MAIS ENCORE QUAND IL Y A ANALOGIE ; LES RÈGLES QU'ELLE PRESCRIT s'iMPOSENT UNIQUEMENT DANS LE SENS DE LA LARGEUR ET NON DANS CELUI DE LA HAUTEUR. « La
raison qui fait que la symétrie plait à l'âme, écrit Montesquieu, c'est qu'elle lui épargne de la peine, qu'elle la soulage et qu'elle coupe, pour ainsi dire, l'ouvrage par la moitié»1. Elle ne peut,