Voir Montesquieu, Goût, Symétrie
en outre, manquer de nous être précieuse, parce qu'elle comporte des idées d'ordre, de méthode qui sont toujours agréables à l'esprit. Toutefois, ainsi que le remarque Pascal1, notre œil prenant modèle sur le corps humain, qui est seulement symétrique dans le sens de la largeur, ne considère pas la symétrie dans le sens de la hauteur comme indispensable; et, plus indulgent encore, lorsqu'il s'agit de décoration, il n'exige pas, comme cela a lieu dans la nature « le rapprochement et la juste correspondance de deux parties semblables quoiqu'inversement disposées»2; il se contente de simples analogies.
Ainsi, deux tableaux de sujets divers, d'école différente, de dimensions autres, peuvent se faire pendant, c'est-à-dire concourir à la symétrie d'une décoration, parce qu'il y a analogie entre la nature même de ces deux masses décoratives. Une plaque en faïence, d'une tonalité claire, peut devenir symétrique à une aquarelle de même taille, montée sur de grandes marges, parce qu'il y a analogie de dimensions et de coloration ; ainsi de suite. La parité n'est donc pas indispensable, on peut se contenter de ce que Vitruve a si bien défini le conveniens consensus3 \ et certaines différences, à condition de n'être point outrées, peuvent même accentuer utilement le caractère pittoresque de la décoration.
XVIII. La décoration comme la nature a horreur du vide. — Si l'horreur de la nature pour le vide a cessé d'être une vérité de la physique, elle n'en est pas moins restée une vérité de l'ordre sentimental. La sensation que nous éprouvons à la vue d'un trou béant, le vertige qui nous saisit lorsque nous sommes isolés sur un sommet, juchés sur une haute plate-forme ou penchés sur le bord d'un précipice4, sont trop caractéristiques