Egger. Athènes et Paris. L'éducation par les musées
2. Elie Pécaut et Ch. Baude. L'art, simples entretiens à l'usage des écoles primaires.
çons-nous de le reproduire. Tout d’abord nous allons en faire une esquisse, abstraction faite de toute teinte claire ou foncée, c'est une sorte de projection que nous allons dessiner. Dans cette première partie de l’opération, nous allons noter la direction des lignes, leur courbe, leur longueur, leur épaisseur et nous serons tentés de donner du dessin la définition: « Le dessin est l’étude des rapports entre les lignes ». Mais notre travail n’est encore qu’une ébauche : le nez, l’oreille, le menton, tout cela est sur un même plan. Nous avonsnoté minutieusement des distances et des directions ; regardons plus attentivement le modèle : il y a dans le plâtre diverses teintes, diverses valeurs : il y a des petites masses sombres, ce . sont les ombres ; il y a des petites surfaces brillantes, ce sont les jours ; c’est en nous efforçant de rendre ces tonalités que nous aurons complété notre œuvre; et nous serons tentés de donner du dessin la définition « le dessin est la science de la lumière ». Rapport entre les lignes et la lumière; n’est-cepoint là la base de tous les arts plastiques.
L'importance du dessin n’a échappé à personne et dans l’antiquité Pampbhile de Sycione demandait déjà que l’on apprit aux enfants à dessiner avant de leur apprendre à lire et à écrire. Mais le désaccord commence quand on aborde le problème de l’enseignement: sur un point cependant on peut se mettre d'accord, c’est que celui aujourd'hui professé aux
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enfants est détestable. Les rapports de M. Couyba en 1902 et 1906, de M. Massé en 1903 et de M. Henry Maret en 1904 présentent les mêmes doléances. M. Aynard avait lui aussi insisté sur les conséquences néfastes que pouvait avoir l'insuffisance de cet enseignement dans les écoles primaires et normales (r). Les élèves de ces écoles, futurs artisans, ont autant besoin de quelques notions de dessin linéaire etornemental que de calcul et de syntaxe.
Cette grave lacune de notre enseignement se rattache à plusieurs causes.
D'abord les méthodes par lesquelles l’on veut instruire les enfants ou les jeunes gens sont par trop archaïques et démodées. L'étude de l’antique est demeurée la base de tout l’enseignement. Son but le plus habituel est la reproduction d’un plâtre. Les élèves ignorent le plus souvent les moindres notions de l’histoire de l’art : pour eux l’antique seul existe ; nos génies, la Renaissance italienne elle-même passent au second plan. Nulle tentative non plus dans nos lycées et dans nos collèges pour étudier un modèle vivant.
Du plein air, il ne fut jamais question : l’art entre les mains d’une pédagogie surannée devient la nécropole d’où l’on exhume seulement des masques poussiéreux. Que penser aussi de cette habitude si sou-