‹ L'Art dans une Société démocratiqueChapitre 29 sur 54 · PEINTURE. ARCHITECTURE. SCULPTURE · texte numérisé non relu

PEINTURE. ARCHITECTURE. SCULPTURE

Si le dessin est la base de tous les arts, si nos artisans ont besoin eux-mêmes d’en posséder quelques éléments, il ne saurait en être de même pour la peinture. La peinture est un art spécial : IE’tat a sans doutele devoir d’en faire comprendre les chefs-d’œuvre, mais il ne saurait être question de faire de tous les lycéens des peintres de talent. Le dessin servira pour toutes les constructions, pour toutes les créations de l'esprit humain. La peinture demeure une branche un peu isolée de l’activité artistique. Est-ce à dire que en dehors des écoles professionnelles, des expositions, et des acquisitions pour les musées, l'Etat doit se désintéresser des choses de la peinture ? Loin de là. Si tous nos jeunes gens ne peuvent être des peintres, ils peuvent du moins connaître le nom et l’œuvre de ceux qui ont illustré la peinture. L’histoire de l’art, surtout de notre art national, semble de plus en plus négligée dans un établissement d'enseignement. En dehors même des cours que l’on

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pourrait ainsi créer, pourquoi les murs sombres des études et des classes ne s’égaieraient-ils pas de belles lithographies et de la reproduction denos chefs-d’œuvres. En Belgique, en Hollande et en Suisse les écoles perdent de plus en plus le caractère maussade que nous leur avons toujours connu (1). En France, il ya eu ces derniers temps des tentatives intéressantes à signaler: la société de l’Art à l'Ecole par exemple mérite une place à part par le désintéressement de ses vues et la constance de ses efforts. Mais si les initiatives privées, communales, départementales, même soutenues par l’Etai, sont insuffisantes pour mettre dans nos modestes écoles un peu d’art et de beauté, de grâce, que l’on arrache immédiatement les odieuses affiches qui en couvrent trop souvent les murs. On n’a jamais commis autant de crimes sociaux au nom de la liberté que de crimes contre l’esthétique au nom de la tempérance. Nous n'avons pas arraché l’enfant des mains d’une nourrice paresseuse et sotte quile menaçait de Croquemitaine et de son bâton, pour qu’au lieu de faire appel à son raisonnement, à sa conscience, à sa dignité nous puissions nous en tirer en lui montrant des ivrognes assassins, épileptiques dont la silhouette ressemble à peu près à l’art, comme les romans-

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