‹ L'Art dans une Société démocratiqueChapitre 8 sur 54 · ON · texte numérisé non relu

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exacte que la première ? La religion s’est-elle servie de l’art comme moyen d'éducation et de moralisation ?

De très bonne heure la religion a compris tout le profit qu’elle pouvait tirer du goût populaire pour l'esthétique. Sans remonter jusqu'aux croyances antiques, dont les rites, dont les temples fastueux et les cérémonies grandioses frappaient l’imagination populaire, ilest aisé de montrer combien la religion catholique, par exemple, a souvent usé et parfois abusé de la même méthode. L’harmonie des couleurs, des belles lignes, séduira l’âme des foules; des cortèges grandioses où les bannières flotteront aux côtés des chasubles éclatantes de broderies donneront l'impression de grandeur et de majesté; la musique ne sera pas négligée, des chants liturgiques, des psaumes, des cantiques seront entonnés par les fidèles assemblés. L’odeur de l’encens et de différents parfums inspireront le recueillement. La religion créera aussi des variétés d’arts, des vitraux, des rosaces, l’enluminure.

La lumière n’entrant qu’à travers les vitraux coloriés jettera un jour bizarre au milieu de l'obscurité voulue des cathédrales, et souvent les saints ou les épisodes de l’histoire sainte qu’ils représentent apparaîitront par transparence éblouissants de clarté parmi l'ombre des lourds piliers. On ne peut parler de ces vitraux sans citer le nom de Pinaigrier.

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