‹ L'art de bâtir chez les ÉgyptiensChapitre 26 sur 94 · RESUME · texte numérisé non relu

RESUME

Revenons à la solution générale, et rappelons en les rapportant à leurs causes les particularités essentielles des murs ondulés.

a. — Les ondulations ont pour résultat d'empêcher les glissements de la masse sur le sol et des lits les uns sur les autres;

b. — La disposition ensellée des Uts rend uniformes les effets de soulèvement que la travée concave provoque en se gonflant ;

c. — Les coupures séparatives des travées régularisent les gerçures qui se produiraient si la masse comprimée ne revenait pas h son volume originel.

Ainsi se résume le système. Gomment a-t-il pris naissance?

Sans doute il s'est formé de proche en proche, par la simple observation des faits :

Un mur vient à gUsser sur le sol ; on songe à fixer la masse en faisant onduler les assises.

Les assises ondulées se soulèvent, on cherche un correctif;

Elles se gercent : nouvel expédient.

42 CONSTRUCTIONS DE Bill QLE.

Quoi qu'il en soit, dos l'époque de la XVIIP dynastie, la méthode se montre pleinement constituée. L'enceinte de Karnak en est la plus complète application : elle remonte aux Toutmès.

LES VOUTES DE imiQUE.

D'étroites galeries peuvent être couvertes par simple encorbellement : Dachour offre des exemples de cette solution.

Pour de larges portées, les Égyptiens durent recourir à la voûte; et, comme leur pays fournit très peu de bois, ils se sont attachés à un système réalisable sans aucune charpente auxiliaire, sans aucun cintre.

BKRCKAIX.

Le type courant est un berceau, terminé à chaque extrémité par un mur fonnant tète; les matériaux sont des briques crues et du mortier de terre.

LA MKTiHiKi: iiK consthiction sans (;i.\ti<a(;k.

Il est aisé de construire dans le vide une semblable voûte : Il sufllt de disposer les briijues par tranrlios do chimiii. ;iu lieu de les mavonner par assises rayonnantes.

La 11g. 'XI \ indique la marche du truvail :

Contre le mur de tétc T ou plaque, on colle à l'aide de mortier une brique, puis une autre; cl ainsi de suite jusqu'à ce ciu'on ail constitue tin arc a. «jui sera une première tranche du berceau.

A cette première tranche on en soude une deuxième a! comme on a soudé la première au mur de tète :

La voûte va s'allongeant, se développant sur le vide.

Veut-on faciliter la pose : A l'aide d'une fourrure / on donne du pied aux tranches dont les briques ont, grâce à cet artifice, moins de tendance à se décoller. De l'arrangement A on passe à celui qu'indique la coupe B.

Ainsi procédèrent les constructeurs égyptiens dès les premiers âges de leur architecture : Les fouilles de Sakara ont révélé des voûtes de brique dont la date nous reporte au moins à la Vr dynastie.

DÉTAILS d'application.

CHOIX El- FORME DES BRIQUES.

La méthode sans cintrage exige que les matériaux d'une tranche puissent momentanément se maintenir en porte-à-faux par la seule adliérence des mortiers.

Gela suppose des matériaux légers et minces, des plaquettes : Il est de règle d'employer pour les voûtes des briques moins épaisses que celles des murs.

D'ailleurs on prend rarement la peine de les mouler au gabarit : on se sert de briques rectangulaires, sauf krempUr les vides à l'aide de tessons ou de mortier (fig. 34).

ItEINS EN TAS DE CHARGE.

Commencer la structure par tranches dès le niveau des naissances

serait une complication superflue, dont on s'est généralement affranchi :

Sur une hauteur qui atteint quelquefois la moitié de la montée

(fig. 35), la construction est en tas de charge, c'est-à-dire par lits horizontaux H s'avançant en surplomb.

IIOILEAUX EMIlOrrES; RAtOISSECnS.

Pour les voûtes ({ui exigent de fortes épaisseurs, on procède par rouleaux emboîtés les uns dans les autres (fig. 35, 36; pi. XI).

Seul le premier rouleau se construit dans lo vide, seul il semble exiger la structure par (ranclics.

En réalité il y aurait imprudence à bâtir par voussoirs le berceauenveloppe : Les joints y seraient plus multipliés, il serait i)lus compressible et remplirait mal son rôle de décharge.

Au Ramesséum (fîg. 35) on ne s'est pas contenté de doubler le berceau : on l'a renforcé de distance en distance par des arcs A qui le raidissent.

Où existent ces raidisseurs le berceau tient ; dans les intervalles il s'est effondré (pi. XI 2).

PROFILS, a. — DEMI-CERCLE.

Une voûte à profil demi-circulaire ne prend son équilibre qu'en se déformant : Les reins se relèvent, le sommet s'abaisse.

Si le berceau est construit à lits rayonnants, comme nos voûtes ordinaires, ces déformations se traduiront simplement (flg. 37 c) par l'ouverture de quelques joints, les voussoirs resteront intacts.

Il en est tout autrement si le berceau est exécuté par tranches telles que a :

Les tranches accolées adhérant l'une à l'autre, la masse ne peut fléchir sans qu'un effort d'extension entre en jeu; et, comme la brique crue est incapable d'y résister, la voûte est exposée à des fractures :

Malgré ses inconvénients, la courbe demi-circulaire trouva (pelques appHcations, notamment a Dachour.

b. — ANSE DE PANIER SURHAUSSÉE.

Un seul profil permet d'échapper aux joints de rupture, c'est la chaînette :

CONSmUCTIONS DE BRIQUE.

Le profil usuel des berceaux par tranches se rapproche d'une façon remarquable de cette courbe théorique.

Il consiste (fig. 38 M) en une courbe surhaussée à trois centres, qui s'obtient au moyen de deux triangles ahc dont les côtés sont entre eux comme les nombres 3, 4 et 5 :

Les points a donnent deux centres; le sommet commun r est le troisième.

En N nous avons superposé les deux courbes : r, chaînette; //, anse de panier égyptienne.

L'écart de l'une à l'autre est insignifiant.

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