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OBSERVATION

Indépendamment des causes de variation qui viennent d’être énoncées , il en est beaucoup d’autres qui , pour être moins graves , n’en sont pas moins réelles ; il serait trop long d’en entre-

(1) La grande difficulté qu’il y a à régler un chronomètre dans toutes les positions , suggéra à Breguet l’idée d’un mécanisme on ne peut plus ingénieux. 11 le nomma toürbillon.

Ce mécanisme est tel, que l’échappement et le balancier tournent autour de l’axe de celui-ci en une minute de tems. Quelque admirable que soit cette idée, la mise en pratique emportait avec elle des inconvéniens graves, et Breguet employa peu ce moyen.

prendre le développement. Quand on connaît toutes ces causes d’écart , on s’étonne du degré de précision que donnent les montres à l’usage civil , et qu’on puisse assez se rendre maître de toutes les difficultés , pour parvenir à un degré de précision presque idéale dans l’horlogerie nautique.

De la Composition , de l’Exécution et du Réglage des chronomètres.

Après avoir examiné les principales causes de variation des montres ordinaires, il semblerait d’abord que rien n’est plus facile que d’y remédier, et qu’avec un spiral isochrone , un échappement à vibrations libres , un balancier compensateur des effets de la température , une suspension qui maintienne la machine dans une position constante , on doit aisément confectionner un chronomètre et obtenir une régularité mathématique. Mais il n’en est point ainsi , et pour cela il faut encore l’accomplissement de trois conditions que nous ne

ferons qu’indiquer : 1° Que la pièce soit bien composée ; 2° qu’elle soit exécutée fidèlement ; 3° qu’elle soit réglée par une main expérimentée et dans la prévision d’un avenir dont les influences sont en partie connues.

De la Composition de la machine.

On entend par composition de la machine, le choix des élémens qui sont adoptés pour la former , leurs proportions entre eux , leurs positions et les fonctions à remplir pour arriver au résultat. Ainsi, lorsqu’un horloger veut exécuter un chronomètre sur des dispositions ou des proportions qui ne sont pas employées , il commence par déterminer le poids, l’étendue du balancier qu’il veut employer , le nombre des vibrations , l’étendue des arcs du balancier, puis la force nécessaire pour obtenir ce résultat.

Il détermine ensuite la forme et les proportions de l’échappement et du rouage.

Lorsqu’une machine est bien composée, tous ses élémens sont tellement arrangés, qu’ils sont

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comme indëpendans les uns des autres, d’uri maniement facile , et leurs fonctions s’expliquent au premier coup-d’œil. De même que , dans une composition littéraire ou une œuvre dramatique, le plan de l’auteur doit s’expliquer facilement ; tous les caractères doivent être bien distincts, les événemens bien liés.

Les défauts les plus graves dans la composition d’une machine qui mesure le teins viennent d’une mauvaise proportion entre les éléniens. Indiquons-en quelques-uns.

Plusieurs auteurs ont tant et tant dit qu'il fallait donner au régulateur la plus grande puissance possible , que , sous l’influence de cette maxime , on a trop souvent commis la faute d’employer des balanciers beaucoup plus grands et plus lourds qu’il n’était nécessaire ; et, dans la vue de maîtriser par une puissance considérable quelques légers obstacles à la ré* gularilé de la marche , on a introduit la néces* sité d’une grande force motrice sous l’empire de laquelle de faibles défauts deviennent très-gra*

ves et entraînent après eux des anomalies nombreuses. Cette erreur était la plus naturelle à commettre, aussi est -ce une de celles dans laquelle les artistes les plus capables sont tombés d’abord.

Poussant au contraire trop loin la crainte de ces inconvéniens , il arrive que, si l’on emploie un balancier trop petit et trop léger , on tombe dans d autres défauts tout aussi nuisibles.

La grosseur des pivots du balancier et des derniers mobiles , en raison du diamètre et du poids du balancier , est encore une des choses qui méritent la plus grande attention. En effet , il est palpable pour tout le monde que le diamètre des pivots d’un balancier, lourd ou léger, grand ou petit , doit varier dans ces différons cas , et qu’ainsi il appartient à l’expérience et au raisonnement d’établir ces difïérens rapports d’après une sérieuse étude pratique de toutes ces parties.

Si l’on passe à l’examen du nombre des vibrations en un tems donné , et de l’étendue des arcs

décrits par le balancier, et qu’on considère qu’il n’est pas dans la nature des grands élémens mécaniques d’être animés d’une vitesse aussi grande que celle donnée aux petits, on en concluera naturellement que si l’on veut employer un grand et lourd balancier , il faut bien se garder de lui faire battre des vibrations aussi promptes que s’il était petit et léger.

Mais pour entrer dans l’examen de toutes les questions qui se rattachent à l’art de composer des machines propres à la mesure du tems, il faudrait entreprendre un traité de celte matière. Ce n’est pas notre pensée. Il nous suffit du peu d’exemples cités pour faire juger qu’il importe aü plus haut point qu’une machine pour la mesure du tems soit composée sur de bonnes proportions par un artiste qui ait étudié par l’expérience l’importance de ce point.

Tous les artistes qui se sont occupés sérieusement d’horlogerie de précision en reconnaissent la nécessité absolue. Ils ont eu nombre de fois l’occasion de reconnaître qu’en horlogerie, sur-

tout , dès qu’on veut porter à l’extrême une chose bonne en elle-même , il en résulte des défauts imprévus.

Quoiqu’il n’y ait entre eüx aucune division d’opinion sur ce point fondamental , cependant on entend journellement des hommes qui ne se sont pas occupés du même genre d’horlogerie , dire de la manière la plus formelle qu’ils n’admetlront jamais comme condition de bonne marche d’une machine, certains rapports de proportions entre les élémens qui la composent. Que les jeunes gens se gardent bien de prêter l’oreille à de pareilles erreurs.

De la Fidélité d’exécution.

Sans une fidélité parfaite dans l’exécution , point de conservation de la machine, pas de régularité soutenue. Car , si les pivots ne sont pas parfaitement ronds , si les trous ne sont pas bien faits selon les principes , si le parallélisme des axes et surtout de certains élémens de l’échappement , etc. , etc. , ne sont pas dans les

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conditions les plus favorables aux frotlemens, les deslruclions arrivent , et l’état des frotte* mens perd naturellement sa constante égalité , dès qu’il y a altération dans quelques-uns des points de contact. Alors, leur état change tellement d’un jour à l’autre, qu’il n’est plus permis de compter sur aucune régularité.

Du Réglage de la montre.

L’art de régler un chronomètre consiste dans une connaissance parfaite de toutes les parties de la machine et de l’influence que chacune peut avoir sur la marehe de la pièce. Il faut encore que l’artiste ait ce tact particulier , ce sentiment de la chose qui le conduit directement au résultat qu’il veut atteindre.

La difficulté du réglage d’un chronomètre ne consiste pas, comme on le croit généralement, à trouver un spiral isochrone qui corrige les petites inégalités de la force motrice, ni à faire disparaître , sous la puissance d’un balancier compensateur formé d’une lame bi -métallique ,

les influences de la température , ni enfin à équilibrer ce même balancier. Ce sont là les moindres difficultés, parce que ce sont celles qui se manifestent promptement.

On entend chaque jour les horlogers qui ne se sont point occupés de cette partie, et même de savans physiciens , se perdre en conjectures sur les causes d’irrégularité , considérer comme très-difficiles à maîtriser des causes d’irrégularité qui ne sont presque rien ; enfin , regarder comme rien ce qui est le plus difficile.

Usage de la montre marine.

Une montre marine, amenée au degré de perfection qu’on peut raisonnablement lui demander , n’est sans doute pas un instrument d’une perfection idéale , que l’homme sensé ne doit pas espérer obtenir des choses humaines ; mais elle est cependant propre à rendre des services qu’on désirait beaucoup avant de posséder ces sortes de machines.

Voici comment on en fait usage :

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Dans le port duquel on doit partir , on compare la montre à une pendule bien réglée , et dont la marche est connue par des observations astronomiques; on en conclut facilement quelle est la quantité exacte de tems dont la montre avance ou retarde sur le tems moyen, en dix jours ; divisant cette quantité par dix , on a le mouvement diurne de la montre , c’est-à-dire la quantité dont elle avance ou retarde , terme moyen , en un jour. Puis on la met à l’heure exacte du tems moyen de ce port , ou bien on note l’état delà montre sur le tems moyen de ce point de départ.

Dans les ports de relâche , lorsqu’il n’y a pas de pendules assez sures pour servir à déterminer le mouvement diurne d’une montre marine , on fait des observations astronomiques, au moyen desquelles on détermine d’abord le mouvement diurne de la montre, puis son état sur le tems moyen d’un méridien.

Partant , avec cette montre ainsi réglée , et connaissant son mouvement diurne et son état

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sur le tems moyen d’un méridien connu , on pourra savoir, à chaque instant du voyage , la différence qui existe entre l’heure du lieu où on est et l’heure du lieu d’où on est parti, qui est conservée par la montre» Et sachant, d’autre part, qu’autant il y aura d’heures de différence, autant de fois il y aura 15° de longitude , il sera très-facile de déterminer d’une manière assez exacte la longitude du lieu dans lequel on se trouve au milieu des mers, si la montre a conservé sa marche.

Tel est, en aperçu , le moyen d’arriver à la solution du problème des longitudes en mer , par la mesure du tems; le plus simple de tous, celui qui n’exige que de faibles connaissances astronomiques , des observations et des calculs que tout navigateur doit être en état de faire (1).

(1) L’un des plus illustres savans de notre siècle a dit, il y a peu de tems , que les méthodes astronomiques devaient être préférées à l’usage des chronomètres, pour la détermination des longitudes en mer. Nous sommes bien loin de contester la grande précision et la haute importance des méthodes astronomiques dans la question des longitudes en mer. Mais nous établirons ailleurs que

Des Chronomètres de poche.

On nomme chromomètre de poche une montre plus grosse que celles ordinairement employées dans l’usage civil , construite sur les principes qui viennent d’être énoncés pour les montres marines ; seulement on y fait quelques modifications nécessitées par sa destination ; ainsi , par exemple , on fait battre cinq ou six vibrations par seconde au balancier au lieu de quatre , qui sont ordinairement données au balancier des montres marines.

Le peu d’espace que laisse la boîte d’une montre , qui doit être portée dans la poche , né-

l’usage des chronomètres étant plus simple , plus facile et à la portée de tous les navigateurs, ne sera peut-être pas complètement remplacé par les méthodes astronomiques qui , d’ailleurs , trouvent dans ces instrumens un puissant auxiliaire.

Nous invoquerons, à l’appui du système que nous défendrons , comme intéressé à la question , l’expérience l’un demi-siècle chez les Anglais , le peuple le plus navigateur du monde. Chez eux comme en France, l’usage des chronomètres a prévalu sur celui des méthodes astro: qmiques.

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cessite des modifications dans la forme et les dispositions des élémens. Enfin , la destination d’une telle pièce exige une grande attention dans le réglage, et des précautions particulières.

Des chronomètres de poche ont quelquefois donné une marche tellement remarquable, que les auteurs de ces instrumens en étaient eux-mêmes surpris ; il ne faut pas en conclure , comme l’ont fait quelques personnes , qu’en général ces chonomètres soient supérieurs à ceux d’une plus grande dimension portés par une suspension ; ces derniers sont généralement et doivent toujours être préférés.

Lorsqu’on veut obtenir d’un chronomètre de poche la plus grande régularité possible, il convient de le poser horizontalement dans une boîte, de le fixer à cette boîte par une légère pression , et de le maintenir constamment dans l’état d’horizontalité où on l’a placé , et d’éviter toute agitation, tout mouvement brusque. L’agitation que donnent quelques personnes à leurs

montres, en les remontant, et en les faisant tourner sur elles-mêmes , et en sens inverse de la clé , est une des choses les plus nuisibles à la marche d’une montre , et surtout d’un chronomètre.

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