CHAPITRE VII
Sur les Montres à cylindre.
L’échappement à cylindre , tel qu’on l’emploie aujourd’hui , fut inventé , il y a plus d’un siècle, par Graham, célèbre horloger anglais ; mais la forme des montres françaises auxquelles on l’applique maintenant , est d’une invention beaucoup plus récente. Ce fut Lépine , horloger distingué de Paris , qui imagina de remplacer une cage , formée par deux platines et des piliers, par une seule platine portant des ponts.
La forme première , imaginée par Lépine , laissait beaucoup à désirer ; car la manière dont il montait le barillet perdait un espace considérable.
Lépine employait dans ces montres un échappement de son invention , connu sous le nom
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d’échappement à virgule ; une théorie toute favorable et de premiers essais non moins heureux donnèrent une grande vogue à cet échappement. Après quelques années, l’expérience démontra les défauts de l’échappement à virgule , et fit donner la préférence à l’échappement à cylindre. Dans un grand nombre de montres, sortant des ateliers de Lépine , on en est venu à remplacer l’échappement à virgule par un échappement à cylindre.
La première idée de Lépine de remplacer la cage par une platine et des ponts , ne pouvait , comme toute chose , être portée à la perfection dès son origine. Il a fallu plus d’un demi-siècle pour la conduire au ooint où elle est aujourd’hui, et la perfection des montres actuelles , sous le rapport de la bonne distribution des élémens qui les composent, et du rapport qui existe entre eux , dans leur étendue , leurs forces , la résistance , laisse peu à désirer.
Si l’on est parvenu à un grand point de perfection dans la distribution de la machine et
dans l’exécution de toutes les parties, il faut convenir aussi que la cupidité des producteurs dans les grands centres de fabrication et l’ignorance duvulgaire, ont conduit à faire de si mauvaises machines , que souvent il est impossible, même aux hommes les plus capables, de les faire marcher. On fera donc sagement de se défier de ces montres que l’on expose journellement comme des merveilles à bon marché , parce qu’elles ont un grand nombre de trous en pierre , des cylindres en pierre , des compensateurs , des parachutes ; tout cet accompagnement n’y est introduit que pour vendre la montre plus cher qu’elle ne vaut , et pour en imposer à ceux qui n’y connaissent rien. Quatre bons trous en rubis valent infiniment mieux que huit trous en grenat ou autres mauvaises pierres , lesquelles quelquefois sont même remplacées par un simple morceau de verre. Un cylindre en acier bien fait est de beaucoup préférable à un mauvais cylindre en pierre. Enfin, dans les montres à cylindre , le compensateur est
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complètement inutile, et le parachute, lorsqu’il est parfaitement bien fait , ne sert à rien , et nuit à la montre lorsqu’il est mal fait.
Quand on veut une bonne montre , il faut s’adresser à un horloger capable et consciencieux , s’en rapporter à lui , et mettre le prix nécessaire.
Du Volume de la montre.
Les personnes qui n’ont aucune idée d’horlogerie croient assez généralement que plus est grosse une machine à mesurer le tems, plus elle est facile à exécuter, et par suite , plus sa perfection est grande. Pour juger que c’est une erreur, qu’on rapproche un instant les deux points extrêmes du genre de machines qui servent à mesurer le tems ; l’immense horloge de clocher et la petite montre que portent aujourd’hui nos dames dans leurs ceintures , et l’on comprendra à l’instant même , que si l’idée généralement reçue était vraie, la petite montre ne marcherait pas du tout et serait d’une grande
difficulté d’exécution, tandis que rien ne serait plus facile que de construire une grosse horloge d’une admirable précision.
Il n’en est pourtant pas ainsi. La confection de chacune de ces deux pièces a ses difficultés particulières , et possède des moyens d’exécution appropriés à ces difficultés ; d’autre part , la théorie de l’un et de l’autre de ces genres d’ouvrages et de ces machines si différentes entre elles , présente des difficultés qu’on peut considérer comme équivalentes; il est tout aussi difficile de faire une montre de dame , même la plus petite , qu’une grande et bonne horloge. Nous allons classer les montres à cylindre en trois degrés différons sous le rapport du volume, et nous développerons les inconvéniens et les avantages attachés à chacun.
Des Grosses montres.
Les montres à cylindre auxquelles nous donnerons la qualification de grosses montres, sont celles dont le diamètre du cadran excède cinq
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centimètres , telles qu’on en faisait beaucoup il y a vingt ans et plus.
Dans ces montres, il y avait une grande surabondance de force motrice et en même teins beaucoup d’espace perdu. La surabondance de force motrice en a imposé long-tems à ceux qui ne voient , dans une pièce d’horlogerie , que le résultat qu’on obtient dans le moment, et non les inconvéniens qui se manifesteront plus tard.
Cette surabondance de force permettait de placer dans ce genre de montras un régulateur assez puissant pour vaincre bien des obstacles. La montre marchait assez long-tems sans être nettoyée , parce que , sous l’empire d’une telle force , la coagulation des huiles était peu sensible. Celte qualité était estimée , et la montre réputée très-bonne.
Mais comme en mécanique un avantage est inséparable d’un inconvénient , de grandes destructions assez promptes et graves se manifestaient. Au lieu de diminuer la cause , on chercha des correctifs pour le mal. Les pierres fines,
le rubis et le saphir, furent les principaux agens auxquels on eut recours. On mil dans une montre jusqu’à dix trous en pierre , et le cylindre luimême porta une pierre pour que , dans la partie qui travaille , Faction de la roue fût reçue par une pierre et non par une partie d’acier.
Il eut été plus sage de diminuer la cause du mal , que de recourir à un tel expédient toujours accompagné d’inconvéniens nouveaux qu’on n’avait pas prévus. Le remède simple était la réduction de la force motrice à la quantité strictement nécessaire pour avoir une bonne marche et une montre de longue durée.
Dans une montre , la première roue éprouve une pression assez considérable ; lorsque les trous dans lesquels tournent ses pivots sont en pierre, il se manifeste assez souvent des destructions graves, les pierres ne pouvant supporter de grandes pressions ni le contact immédiat de l’acier, sans l’intermédiaire de l’huile. On a vu souvent une limaille d’acier extrêmement fine se former dans un trou duquel l’huile
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s’était éloignée. Celte limaille oxidée faisait l’effet d’un scellement tel , que , pour retirer la roue , il fallait l’arracher avec force , et jamais sans danger pour quelques parties de la machine.
Huit trous en pierre ont moins d’inconvénient que dix ; mais , lorsque la montre est construite de manière à exiger beaucoup de force, il serait préférable qu’il n’y en eût que six. Le cylindre en pierre présente le grand avantage d’être moins destructible (1) , mais il entraîne après lui quelques inconvéniens qu’il est bon de signaler :
1° La disposition nécessaire pour porter la pierre nommée tuile en horlogerie pratique entraîne une augmentation notable dans le poids de la partie qui est au centre de rotation , ce qui est un vice bien connu de tous les constructeurs de machines quelconques ;
2° La manière dont est construite cette mon-
(1) On voit cependant quelquefois la tuile coupée par la roue qui est en acier.
tare de la pierre ne permet pas de penser que les surfaces cylindriques que porte la pierre puissent être rigoureusement concentriques à l’axe du balancier , d’où il résulterait que l’échappement serait tantôt à recul, tantôt avec un tirage; que quelquefois même il participerait de l’un et de l’autre.
Ce dernier inconvénient, dans un cylindre, d’avoir des arcs de cercle qui ne sont pas concentriques à l’axe du balancier , est un obstacle à la parfaite régularité de la montre; 3° la monture d’un cylindre en pierre est une pièce difficile à exécuter ; elle est très-fragile , et telle chute qui ne produirait aucun accident sur une montre à cylindre d’acier, met souvent hors de service la monture d’un cylindre en pierre.
Outre que ces grandes montres avaient les inconvéniens qui viennent d’être signalés, elles avaient encore le défaut d’espace perdu, et, sous une enveloppe volumineuse , elles ne contenaient que les élémens qui, mieux disposés, auraient occupé beaucoup moins de place.
Le public a trouvé ces montres trop grosses. Cette fois, il a eu raison, et les fabricans ont réduit le volume à la proportion de quatre centimètres à quatre centimètres et demi, que nous appellerons montres moyennes , et dont nous allons parler.
Des Montres moyennes.
Breguet, qui excellait principalement dans l’art de disposer une machine avec une grâce , une économie d’espace et un arrangement qui flatte l’œil, retourna le barillet de Lépine et distribua le reste de la montre de manière à économiser tout l’espace qu’on perdait avant lui.
Les fabricans profitèrent de son exemple , et, tout en conservant ses dispositions, ils firent disparaître les difficultés d’exécution que cet artiste , si justement célèbre , avait la faiblesse d’introduire avec profusion dans les travaux qu’il faisait exécuter.
Le public, qui ne peut pas être juste appréciateur dans une pareille matière, se plaint quel-
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quefois de ce que les montres actuelles ont besoin de passer entre les mains de l’horloger plus souvent que les grosses montres à verge anciennes , et il ne s’aperçoit pas qu’au moyen de ee faible entretien , il peut conserver sa montre dans un état primitif pendant de longues années, et avoir constamment une marche si régulière , que jamais celle des anciennes montres à verges n’en approchait.
Dans les montres moyennes dont nous parlons , on a supprimé avec raison le cylindre en pierre. On ne met ordinairement que quatre ou six. trous ; mais il faut bien l’avouer , pour satisfaire le caprice du vulgaire, on fait ces montres trop piales. Il serait à désirer que le public se résignât à porter des montres un peu plus (‘paisses ; les réservoirs qui contiennent l’huile aux pivots seraient plus grands ; il y aurait plus de sécurité pour que les pivots soient constamment abreuvés d’huile; les mobiles ayant entre eux plus d’espace, on ne les verrait pas, aux moindres accidens , venir se toucher l’un et
l’autre et apporter ainsi les perturbations dans la marche de la machine.
Les montres moyennes, dont nous venons de parler, peuvent offrir, quand elles sont bien entretenues et qu’elles ne sont pas trop plates , une marche égale à celle des anciennes grandes montres à cylindre , sans avoir leurs mêmes causes de destruction; mais, telles que le public les veut aujourd’hui, le seul reproche qu’on puisse leur adresser est d’être trop plates.
Des Petites montres.
En considérant comme petites montres, celles dont le diamètre n’excède pas trois centimètres , nous n’avons à leur faire que le reproche de manquer d’espace pour avoir un moteur et un régulateur puissans, et un espace suffisant entre les mobiles.
De ces inconvéniens , il résulte que de telles montres ne peuvent pas se régler aussi bien que des montres plus fortes , que l’épaississement des huiles produit un effet très-sensible sur
leur marche , el qu elles ont besoin d’être nettoyées très-souvent.
La fantaisie des fabricans , et surtout le désir de vendre leurs produits à des prix élevés , les ont souvent conduits à introduire dans ces montres des cylindres en pierre qui n’étaient d’aucune utilité dans une aussi faible machine. A quoi servait-il de cuirasser ainsi une pièce qu’aucune arme offensive ne menaçait. Heureusement on voit déjà disparaître beaucoup de ces précautions , et nous pouvons espérer que bientôt les producteurs ne feront plus de telles fautes.
Quels que soient les soins donnés à l’exécution de ces petites machines , on ne pourra jamais en attendre des résullats aussi satisfaisans , que de ceux produits par les montres d’une plus grande dimension , dont il a été parlé plus haut.
Influences des températures sur les montres à cylindre.
Tout le monde sait que , lorsque les montres ou les pendules passent d’une température éle-
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vée à une température plus basse et réciproque ment , leur marche est affectée ; mais il est bien peu de personnes, même parmi les horlogers, qui sachent au juste quel est l’effet que produit cette cause de variation ; aussi quels que soient les écarts que fasse une montre ou une pendule, soit dans le sens qu’un changement de température a du produire , soit dans un sen» inverse , on entend à chaque instant attribuer les anomalies à cette cause qui ne les a point produites.
La nature elle-même , qui fournit cette source d’irrégularités, produit en même tems, et principalement dans les montres à cylindre , un moyen de correction qui réside dans l’épaississement des huiles, par un abaissement de température et une plus grande fluidité , lorsque la chaleur succède au froid ; nous reviendrons encore sur cet effet, nous l’examinerons en détail.
Les artistes , non conlens de cette propriété naturelle, ont cherché les moyens mécaniques
tle corriger les influences de la température sur les machines qui mesurent le tems ; ils sont parvenus à agir sur le régulateur de manière à rendre son effet variable , et dans un rapport constant avec les changemens de température.
Ceci posé, on va voir : 1° comment les changemens de température apportent des différences dans la marche des machines qui mesurent le tems ; 2° qu’il existe dans ces machines, et notamment dans les montres à cylindre, un élément de correction de ses effets , mais que la correction qui en résulte n’a pas toujours la même somme d’effets ; 3° que les moyens mécaniques employés par les artistes ont des effets constans , et qui doivent être considérés comme tels ; nous en tirerons la conséquence que , dans les montres à cylindre , il est inutile d’introduire des compensateurs.
Comment les changemens de température influent sur la marche d’une montre.
Tous les corps se dilatent par la chaleur,
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c’est-à-dire qu’à mesure que la température d’un corps s’élève , ce corps augmente de volume dans tous les sens ; cette loi est générale i les solides, les liquides, les gaz y sont soumis, seulement, tous ne jouissent pas d’une égale dilatabilité.
Les métaux élastiques , en même tems qu’ils augmentent de volume, par une élévation de température , perdent un peu de leur élasticité , et , réciproquement , lorsque le froid les contracte, ils en acquièrent. Lorsqu’une montre passe d’une température peu élevée à un plus haut degré de chaleur, voici ce qui arrive .
Tous les élémens de la machine , étant soumis à la loi générale de dilatation , augmentent de volume j ainsi le diamètre du balancier devient plus grand qu’il n’était. On sait, aussi bien par l’expérience que par la théorie , que plus le diamètre d’un balancier est grand , plus ses vibrations sont lentes, toutes choses étant, d’ailleurs , supposées les mêmes. Puisqu’un balair»
cier augmente de diamètre par une élévation de température , que ses vibrations deviennent plus lentes , la montre doit donc retarder.
Cette cause de retard n’est pas la seule que la chaleur produise, en voici une seconde : elle fait sentir son influence au principal élément qui détermine la vitesse des vibrations du balancier , force élastique du ressort réglant , vulgairement appelé spiral; de sorte qu’aussitôt qu’une élévation de température arrive , ce spiral augmente de longueur, perd de sa force, et la montre doit retarder; de même, au contraire et réciproquement, dès que la température s’abaisse , ce ressort se raccourcit en se contractant, ses vibrations deviennent plus accélérées, et la montre doit avancer. Une élévation de température, en diminuant la force élastique du spiral , et en augmentant le volume du balancier, est donc une double cause de retard ; mais en même tems que cette élévation de température apporte ces deux causes de retard , elle produit une cause d’avance qui vient cou-
trebalancer en partie les deux causes de retard signalées , la voici.
De la Correction naturelle par l'épaississement des huiles.
Personne n’ignore qu’à une basse température, telle que celle de U° ou 6° au dessus de zéro , les huiles d’olive employées pour lubréfier les froitemens dans les montres se figent ; plus l’huile est épaisse , plus la résistance qu’elle oppose au mouvement des pivots du balancier est grande , et, par conséquent, plus la montre retarde (1). j Donc, en même teins qu’un abaissement de température apporte deux causes d’avance , l’une par la diminution de diamètre du balancier, et l’autre par la contraction du spiral , il produit une cause de retard par le plus grand épaississement des huiles, d’où il résulte que la montre peut être dans trois conditions différentes, ainsi :
(1) Ainsi , à ne considérer que cet effet seul des températures, le froid ferait retarder les montres en coagulant les huiles, et la chaleur les ferait avancer.
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Les causes de retard résultant de l’agrandissement du balancier et de l’affaiblissement du spiral par la chaleur peuvent être plus puissantes que celles d’avance , produites par la plus grande fluidité de l’huile , et alors la montre doit retarder par la chaleur, et avancer par le froid.
Si la puissance des huiles , au contraire , est très-grande, il arrive que la montre avance par la chaleur , et retarde par le froid , effet précisément inverse à celui qui a lieu dans le premier cas que nous venons de citer.
Les rapports entre ces deux causes contraires peuvent aussi être tels qu’il y ait entre elles équilibre parfait , et alors la marche reste uniforme quoique les températures soient différentes.
Les influences de la température sur le balancier et sur le spiral produisent constamment les mêmes effets ; si la résistance variable des huiles n’était pas là , une montre à cylindre varierait constamment de la même quantité, et
dans le même sens, chaque fois qu’on la ferait passer de la température zéro , par exemple , à 20° au dessus ; mais il n’en est pas ainsi : plus les huiles s’épaississent par le tems et la marche de la pièce, et plus elles ont d’effet pour corriger les influences de la température ; il en résulte que la compensation naturelle qu’elles produisent a plus d’effet de compensation six mois après que la montre marche, que dans l’instant où elle vient d’être nettoyée.
Les compensateurs mécaniques employés par les horlogers pour corriger les effets de la température , agissent d’une manière uniforme , tandis qu’au contraire , les huiles , par leur état d’épaississement variable , produisent un effet qui n’est pas constant ; donc , il en résulte que si l’on adapte à une montre à cylindre un balancier compensateur, et qu’on suppose son effet parfaitement réglé au moment où l’on vient de terminer la montre et d’y mettre des huiles fraîches et parfaitement fluides, après quelques mois de marche , ces huiles s’épais-
diront et apporteront un bien plus grand retard par le froid , qu’elles ne le faisaient d’abord. La correction qui était faite par le balancier et qui a la propriété d’être à peu près la même , malgré un long espace de tems, produira toujours la même quantité de correction, et cette montre que nous avons supposée d’abord parfaitement réglée dans les différentes températures , ne le sera plus quelque tems après.
C’est bien inutilement qu’on met quelquefois des balanciers compensateurs à des montres à cylindre. Les petits compensateurs qui agissent sur le spiral ne sont pas plus heureux , et généralement ils ne sont mis que par des fabricans qui n’ont aucune idée de l’art de régler une montre sous des influences diverses.
Mais , disent beaucoup de personnes , un compensateur quelconque ayant toujours la propriété de diminuer les différences résultant des changemens de température , il n’y a toujours que de l’avantage à l’introduire dans une montre. Sans contredit , le balancier compensa-
leur ou même ces petits compensateurs agissant sur le spiral, pourraient avoir un effet avantageux, quelque faiblement utile qu’il fût, pour la régularité de la montre , s’ils étaient introduits dans ces machines par une main exercée à l’art du réglage des chronomètres , mais les ouvriers qui font l’horlogerie à l’usage civil n’ayant en général aucune idée de cette partie , ils ne peuvent pas s’occuper d’un réglage exigeant une expérimentation suivie.
La dépense qu’exigerait l’exécution d’un balancier compensateur pour une montre à cylindre , et le travail nécessaire au réglage , devant coûter au moins deux ou trois cents francs, elle ajouterait trop peu de chose aux résultats qu’on doit attendre de la montre, et d’ailleurs , elle ne remédierait en rien à toutes les autres causes de variations inhérentes à ce genre de machine , pour qu’on doive se la permettre. On fera donc bien de ne pas introduire dans les montres un élément si peu utile et si dispendieux.
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