TROISIÈME SYSTÈME
Forme capable de faire décrire au balancier les plus grands arcs , toutes choses égales , d’ailleurs.
Lorsqu’un corps quitte l’état de repos pour passer à celui de mouvement , sa vitesse est moindre au premier instant de déplacement qu’au second ; elle est moindre au second qu’au troisième, et cela marche progressivement ainsi jusqu’à ce qu’on ait acquis un maximum de vitesse.
Une roue d’échappement (quel que soit cet échappement) n’agit sur le balancier qu’en raison de l’excès de vitesse qu’elle a sur lui.
Ces deux principes élémentaires de mécanique serviront à démontrer que la ligne droite , ou une courbe concave qui s’en approcherait beaucoup , peuvent seules satisfaire à ce système , pour la production des grands arcs , le point de tous le plus important.
Puisqu’une roue d’échappement a moins de vitesse et de force pendant le premier dixième , par exemple , de la levée que pendant le dernier , pourquoi construire une courbe qui augmente plus la résistance pendant les premiers momensde la levée que pendant les derniers? Les deux courbes qui satisferaient aux deux premiers systèmes sont précisément dans ce cas, elles ralentissent La menée déjà beaucoup plus difficile aux premiers momens qu’aux derniers.
La ligne droite peut être considérée comme éprouvant une résistance constamment uniterme de la part du balancier. Il n’y a pas plus de décomposition de force en un point qu’à 1 autre , partout elle est sensiblement égale.
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Par tous ces motifs dont ie développement nous conduirait au delà des limites d’une simple observation , les horlogers qui nous ont précédé avaient eu raison d’adopter la ligne droite , comme étant la moins destructive et la plus capable de donner un bon réglage. Cependant on voit quelques personnes sortir de cette bonne voie pour entrer dans celle de l’erreur. C’est pour éviter aux jeunes gens studieux de semblables écarts, que nous avons cru devoir les mettre en garde contre une prétendue amélioration , que des ouvriei's habiles , mais peu versés dans les connaissances théoriques de l’horlogerie , ont cru pouvoir employer. Exécuter avec adresse et promptitude une pièce d’horlogerie est le fait d’un habile ouvrier ; mais déterminer la forme, les proportions de tous les éiémens de la machine , n’appartient qu’à un artiste qui connaît les conditions nécessaires pour obtenir une parfaite régularité dans la marche d’une pièce. Et c’est là ce que devraient étudier les personnes qui font établir
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des montres et des pendules , au lieu de se borner à être le banquier de leurs ouvriers.
REMARQUÉ
Tout ce que nous avons dit ici de l’échappement à cylindre l’a été dans la supposition que l’arc de levée n’excédait pas vingt-cinq ou trente degrés tout au plus. (Par arc de levée, on entend l’arc que la roue fait décrire au balancier pendant le passage d’une dent. )
Les horlogers ne sont pas d’accord sur la quantité de degrés qu’il est le plus convenable défaire lever à cet échappement. Nous n’entreprendrons pas ici un profond examen de celte question d’horlogerie , nous nous bornerons à signaler un fait à l’appui des quantités que nous venons d’indiquer et que nous considérons comme les plus convenables pour la levée. C’est que , si on examine un grand nombre de montres de Paris , de Genève et de Suisse , on remarque que les mieux faites de ces montres,
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celles qui ont été établies avec le plus de soin , font lever beaucoup moins de degrés que les autres. Au contraire, les montres communes de Suisse , celles surtout des plus basses qualités , ont des roues dont les plans sont assez inclinés pour faire décrire au cylindre des arcs de levée de quarante degrés et même plus.
Il est des exceptions à cette observation , mais elle est cependant fondée sur un assez grand nombre de cas , pour que nous ayons cru devoir la faire remarquer.
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