‹ L'art de découvrir les sourcesChapitre 11 sur 28 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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La significalion du mot source, que les latins appelaient fonsj scaturigo^ est encore bien peu fixée dans notre langue : les uns appUquantce mot à l'eati qui sort de terre (1); d'autres veulent de plus que l'eau, après être sortie de terre, continue de marcher à découvert, et définissent une source : Veau qui sort de terre pour commencer son cours (2) ] d'autres encore la définissent : ['orifice d'un câmal souterrain qui verse au dehors l'eau que sa pente y conduit par une affîuenee ménagée (3) ; ceux-ci entendent par ce mot : le canal qui conduit Veau hors de terre (4) ; ceux-là, les amas ou réservoirs d*eau qu'ils supposent sous terre et qui s'épanchent peu à

(1) Dict. de l'Acad.; Dict. de Trévoux, au mot Source, (i) Dict. de M. Landais, au même mot; d'Homalius-d'Halloy^ chap. ii.

(3) Géographie physique, par Desmaret, art. Sénèque.

(4) Ëucyclop., art. Fontaine»

peu au dehors (1) ; il y en a qui donnent ce nom au creux ou bassin qui reçoit les eaux à leur sortie de terre (2) ; il s'en trouve qui le donnent à l'eau con«» tenue dans ce creux ou bassin; ce qui les autorise à dire : troubler, empoisonner une source (3).

Jl faut avouer que ces définitions, et plusieurs autres qu'on a données, sont bien loin d'être exactes ; attendu qu'elles ne s'appliquent qu'à cette partie de la source qui est à découvert, et ne disent rien qui ait rapport à sa formation ni à sa marche sous terre. La partie visible , dont parlent ces définitions , est toujours bien minime si on la compare au corps entier de la source, qui ne se met au jour qu'après avoir parcouru une distance plus ou moins considérable, et, lorsqu'elle est très-forte, après un trajet de plusieurs lieues. L'apparition d'une source n'est pas même une condition essentielle de son existence; puisqu'il y en a une infinité qui marchent souterrainement depuis leur origine jusqu'aux rivières dans lesquelles elles se rendent, et ne se montrent sur aucun point de leur parcours. Les auteurs qui, pour nous faire connaître les sources, se sont bornés à parler de leur issue, ont donc imité celui qui, pour expliquer ce que c'est qu'une rivière ou un ruisseau, se contenterait de définir ou de décrire son embouchure.

(1) D'AubuissoD, t. I, noie vu.

(2) Encyclop., art. Fontaine.

(3) Dict. de l'Âcad., au raot Empoisonner ; Huot, Géologie, cbap. VI u.

n y a un très-grand nombre d'auteurs qui confoQdeot mA à propos te mot fmUame avec celui de

source.

Par le mol fontaine, j'entends le bassin peu profond, bâti ou non, qui tient en réserve une certaine ^antité d*eau produite paruneou plusieurssoufees.

Par le mot scmrce, j'entends un cmm d^eau souterrain. Ces mots : cours d^em^ énoncent que pour former une véritable source, l'eau doit : T étreréu- " nie en un courant assez gros pour être sensible, ce que né sont pas rhumidité ou les humeurs qui dr* culent dans laterre; 2* elle doit 6tre en iQouvement, et on ne pourrait pas appeler source ùn amais d*eau, ni un conduit prolongé qu'on trouverait sous terre plein d'eau immobile ; 3° le mouvement de ce courant doit avoir une certaine durée ; en sorte que les courants d^eauy qui ne se forment sous terre que pendant les temps pluvieux et qui cessent aussitôt ou peu après, pour ne reparaître qu'aux premières pluies, ne sont pas des sources. Toutefois, il n'est pas nécessaire que cette continuité soit absolu^ ; car il s ensuivrait qu'on ne pourrait appeler sources que cdies qui sônt indéfectibles; cependant, on dit tous les jours, dans les temps de bécheresse, telle source a tari ou a cessé de donner, ce qui fait voir (|ue le nom de source est conservé à des cours d'eau dont Técoulement discontinue une partie de rannée. On sent bien qu'il me serait impossible de fixer avec précision quelle durée doit avoir, chaque année, un courant d'eau souterrain nour mériter le nom de source y me borne à dire qu'il doit durer au moins

plusieurs semaioes après que les pluies ont cessé» et produiredereau pendant la majeurepartîè de l'année.

Le cours d'eau doit enfin être souterrain ; d'où il suit qu'on ne peut pas appeler source un courant d'eau marchant sur terre, quand même il proviendrait d'une ou de plusieurs rsoQjpees ; ces courants prennent alors les noms de W^fi9bs^ nitôseatli; ou tm

Le volume d'un cours d'eau souterrain ne lui fait pas changer de nom : qu'il soit mince comme un fil, gros comme le doigt, comme le bras, comme le corps d'un homme ; qu'il soit aussi puissant qu'un grand ruisseau ou même une rivière, il constitue toujours une TéritaUd source, que l'on désigne souvent par le nom de ruisseau, torrent, courant, cours souterrain, jet, rameau, filet, veine et veimile d'eau» ^

La forme qu'il a sous terre ne change pas non pkis son essence l ainsi, il est des sources qui mar^ chent en jet fort étroit, d'autres qui iforment des lames ou nappes d'eau d'une faible épaisseur, et qui néanmoins occupent une très-grande largeur.

Il y a certaines sources qui ont un ccouleaMiit continuel et toujours à peu près égal; on les nonnne permanentes. Il y en a d'autres dont l'écoulement, sans jamais cesser entièrement, éprouve des retours d'augmentation et de diminution, dépendants des pluies et des sécheresses ; on les nomme variables^ D'autresqui cessent de sourdre ime partie de l'année, et que Ton nomme tempamires. Quelques-uns prétendent qu'il y a des sources uniformes^ c'est-à-dire, qui produisent constamment la môme quantité d'eau ) je ue crois pas qu'il eu existe dans k naturel

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