CHAPITRE XVIII
t ■ MOTENI DE CONNAITRE LE VOLUME D^UHE SOURCE.
Certains terrains absorbent beaucoup plus d'eau pluviale que les autres, et les temps pluvieux rendant les sources iocomparablement plus abondantes que les temps de sécheresse, leur produit ne peut que varier beaucoup d'un terrain à l'autre, et d'une saison à l'autre. A chaque pluie toutes augmentent plus ou moins, et ensuite elles décroissent journellement jusqu'à la nouvelle pluie; en sorte qu'il n'existe peut<-ètre pas une source qui donne deux jours de suite la même quantité d'eau. On ne doit donc pas s'attendre à trouver ici des calculs rigoureux d'après lesquels on puisse démontrer que, dans une étendue de terrain donnée, il y a une sointe cachée qui, dans tel espace de temps, débite telle quantité d^sau. Cette question ne peut être ré^ lolue que par des évaloations qui approchent plus ou moins de l'exactitude.
Comme dans certains cas on a un grand intérêt à connaître, au moins approximativement, X^mim'^ mum d'eau que peut produire la souree à déco«?rir,
afin d'acquérir sur ce sujet les notions les plus positives possibles, je me suis attaché pendant long» temps à observer les quantités d'eau que produisent les plateaux situés sur des monia^aes ou collines isolées, où il m'a été facile de cuber Feau de chaque source, et de mesurer la surface du bassin qui.la produisait. Voici le résultat général de ces obserraiions : Dans ceux de ces plateaux qui sont recouverts d'une couche de terrain détritique de deux à sept ou huit mètres d'épaisseur, et reposant sur une couche imperméable convenablement inclinée^ j'ai trouvé giie diaque sur&ico d'environ ô hectares produlj» ilii^ temps de sécheresse ordinairei une source d'environ un centimètre (l)de diamètre, bitant près de 4 litres d'eau par minute. ' ' . '
A partir de cette quantité, qui est le produit or-i dinaire des terrains les plus favorables aux sourciH on trouve , selon les diflérentes locditéa, des ter-* rains qui, à raison dé leurs porosité, disposition.^ compacité , produisent des quantités d'eau qui varient depuis ce centimètre par 5 hectares, jusqu'à zéro ; car il y a des^errains si compactes et si ii%
S^nétrah^s à. Veau, que 20 ni 100 hectares d'éte^r ue ne produisent pas la moindre source. Les ter*r rains perméables et imperméables se mêlant et se combinant ent^e eux de mille manit^ves diiléreate«i
(4) On appelle un centimètre d'eau fontcnier, la quantité qu'en fournit un oriûce circulaire et lafénil d'nn centimètre de diamètre, la surface de l'eau étant entretenue constamipeat à 6 miUimètroi «a-destos da cealw de cet orifice. '
il est impossible de poser des règles d'après lesquelles on puisse fixer la quantité d'eau que produit chaque combinaison ; cependant, l'étude des différents terrains, et de très-nombreuses observations sur la quantité d*eau de source que fournit chaque combinaison, peuvent mettre Thydroscope à même d'estimer assez exactement la quantité d'eau que chaque source cachée fournira. Après neuf ans d'études théoriques et d'observations sur les sources, pendant les vingt-cinq années suivantes que j'ai employées à indiquer, à peu près tous les jours, des sources de toutes sortes de volumes, je déclarais, par un écrit qui restait entre les mains du propriétaire, Ja quantité d'eau que chacune d'elles devait produire, et, dans la très-grande majorité des tentatives, on a trouvé la quantité d'eau annoncée ; il m'est arrivé très-rarement qu'on en ait trouvé une quantité notable en plus ou en moins.
Pendant les premières années, à chaque opéralion, j'ai fait le nivellement du terrain pour connaître la profondeur de la source, et j'ai mesuré la surface de son bassin pour en connaître le volume. Voyant que les sources n'observent pas sous terre des lois assez constantes pour qu'on puisse les soumettre à des calculs rigoureux, et que d'ailleurs les données géologiques, vraies dans la très-grande majorité des cas, offrent presque toutes quelques excep-* tions, je me suis habitué à niveler et à mesurer les terrains à vue d'oeil, et je n'ai pas remarqué que mes prévisions aient été plus éloignées de l'exactitude, que lorsque je me servais d'instruments.