‹ L'art de découvrir les sourcesChapitre 18 sur 28 · CHAPITRE XXÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXÎ

TmAIlfS YOLCAtflOW dAPAYOIABU» AUX flOUftCM.

Les volcans sont des ouvertures parlescpielles s'épancheot des vapeurs et des matières incandeBeen-

les que renferme le globe terrestre.

On sait que l'eau convertie en \apeur acquiert ju8^*à douze ou quatorze cents fois son volume, et que, .quand elle est retenue par des obstacles^ la chaleur en augmente prodigieusement le ressort; d*oii il suit que les eaux de la mer et autres, qui descendent par les fissures et les pores de la terre jusqu'au feu central, sont aussitôt converties en va«* peurs. Pendant tout le temps que ces vapeurs ne se trouvent pas en trop grande quantité dans les concavités souterraines, elles s'épanchent insensiblement et sans bruit par les fissures et pores qui existent dans les continents et les îles; mais lorsque ces vapeurs viennent à se condenser, et que les issues ordinaires ne peuvent plus suffire à leur livrer passage, elles soulèvent certaines parties du sol et causent des tremblements de terre qui renversent souvent les

édifices les plus solides et même des pans de montagnes ; ou bien elles se frayent un passage à travers la croûte du globe, et forment un volcan.

L'ouverture du volcan est à peine formée, qu'il s'en échappe d'énormes quantités de vapeurs qui lancent dans l'air des blocs de rocher énormes, des pierres de toutes dimensions, des scories, des sables et des cendres. Il en sort aussi des courants de matières fluides et incandescentes qui se répandent dans toutes les directions, et que l'on nomme coulées.

Les matières rejetées autour de l'ouverture, en se mêlant et s'entassant les unes sur les autres, en élèvent peu à peu les bords, et finissent par former une montagne conique ou en forme de dôme, au sommet de laquelle se conserve toujours l'ouverture, qui est appelée cratère. Ces cônes volcaniques présentent toutes sortes de hauteurs, depuis le plus humble mamelon, jusqu'aux montagnes les plus élevées. Toutes les matières fondues qui ont été rejetées par les volcans portent le nom général de laves.

Les volcans en activité vomissent continuellement de la fumée, de temps en temps du feu, et de loin en loin, à des époques toujours indéterminées, des matières embrasées. On en compte 205, dont aucun ne se trouve en France.

Ce qui vient d'être expliqué au sujet des volcans en activité n'est que pour l'intelligence de ce qui va être dit sur les terrains qui ont été formés par les volcans éteints. ^

Les volcans éteints sont ceux qui, depuis les temps historiques ou traditionnels, n'ont produit ni feu ni

fumée. Ils sont plus nombreux en France que dans aucun autre État, et leurs produits occupent de vastes étendues dans les départements du Puy~de- Dôrae, du Cantal, de la Ilaule-Loire et de TArdèclie. On en voit aussi des dépôts isolés et peu étendus dans quelques autres départements. Les produits des volcans éteints sont les mêmes que ceux des volcans actifs, et on les croirait formés tout récemment. Le cratère d'où ils sont partis est ordinairement plus ou moins bien conservé, et Ton peut, sauf quelques exceptions, distinguer et suivre chaque coulée dans toute sa longueur.

Les principales formations produites par les volcans sont les cendres, les sables, les coulées, les basaltes et les trachytes.

Les Cendres et Sables.

Pendant les éruptions, les volcans lancent dans les airs d'immenses nuages de cendre et de sable qui obscurcissent quelquefois la lumière du soleil, s'étendent à des distances plus ou moins considérables et retombent sur la terre. Ces cendres, d'une finesse extraordinaire, sont de la même nature que les laves, et sont toujours mêlées d'une plus ou moins grande quantité de sable ; ce sable est encore de la même nature que les laves, et forme la majeure partie des déjections volcaniques. Ces cendres et sables sont de couleur grisâtre, noirâtre ou rougeâtre.

Ues Coulées.

. Les eotdées sont des cmiranU de matières fondues on altérées par le feu qui ont été momies par les* ▼olcans. Ces matières sont noires, fuligineuses, enpartie scorifîées et en partie compactes. Les coulées, à partir ducratèrCi ont pris différentes directions, et, obéissant^ comme tous les fluides, aux lois de la pesanteur, sont deseenduesdans les vallées et autres enfoncements qu'elles ont rencontrés. Les unes se sont arrêtées et solidifiées assez près du volcan, les autres se sont étendues à plusieurs myriamètres de distance. Plus la montagne d'où elles partent est élevée, plus elles'se répandent au loin. Ces courants se sont entassés les uns sur les autres autour des bouches volcaniques; ils se sont disloqués et brisés entre cux de mille manières différentes ^ en sorte que les laves ne pi^sentent aucune stratification ni structure déterminaUe. Les coulées sont accompagnées de scories, qui sont des portions de la matière fondue dans les fournaises volcaniques et qui se sont répandues autour du cratère.

Les Basaltes.

Les basaltes sont composés d'un mélange intime de pyroxène, de feldspath et de fer, auquel est souvent jointe l'olivine ; leur couleur est grisâtre ou noirâtre. Ils sont formés par des parties de coulées qui se sont déposées dans des bassins qu'elks ont

pencontrési et qui, pendant leur refroidissementi se 8ont contractées et divisées en prismes ou colonnes de2à4 décimètres de diamètre. Les pans et les angles de ces colonnes sont le plus souvent au nombre de 5 ou 6, et parfois au nombre de 3 ou 4, 7 ou 8. La position du j^us grand nombre est verticale; d'autres sont plus ou moins inclinée9f et d'autres gisent dans la position horiiootale.

Dans certains endroits les basaltes, en se refroidissant, ont pris la forme globulairei) les globules ont toutes sortes de diamètreSi sont assez souvent composés de couches conceQtriques et se déeompo^ sent très^llMâlemaDt par l'influence des agents atmosphériques.

Le terrain basaltique forme des montagnes coniques et des plateaux dont le pourtour est limité par un escarpement, fbrmé par d'innombrables c(donnes rangées symétriquement les unes à côté des autres.

Les Trachytet.

Les tradtytes sont des roches porphyricpies, composées principalement de feldspath vitreux. Elles se composent aussi, dans des proportions très-variables, de domites, euritesi perlites, phonolites, obsidiennes, brécioles/ opales, alunites, ponces, etc.; elles ne présentent que très-rarement des indices d'une stratification imparfaite, et sont tout à fait dépourvues de quartz, d'oiivine, de péridot et de débris organiques. Ces roches sont rudes au toucher, de couleur blanchâtre, grisâtre, noirâtre, rougeàtro

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ou jaunâtre, de texture tantôt compacte, tantôt fissurée, tantôt scorifiée ou cellulaire.

Les trachytes ont été les premiers terrains volcaniques qui se sont épanchés-, ils sont plus ou moins recouverts par les déjections modernes , et plus étendus qu'elles. Ils se présentent ordinairement en masses fort puissantes, forment des plateaux trèsspacieux, terminés tout autour par des escarpements presque verticaux; quelquefois même ils forment des montagnes'coniques d'une Ircsgrande élévation. Ces montagnes forment des groupes plutôt que de véritables chaînes.

La formation trachytique est Irès-développée dans les montagnes du Cantal, du Mont-d'Or et du Puy-de-Dôme ; on en voit aussi sur les côtes de la Bretagne et sur les bords du Rhin.

Le défaut de stratification, le désordre et l'extrême porosité qui régnent dans toutes les parties du terrain volcanique, montrent assez qu'il ne peut s'y établir aucun cours d'eau souterrain, ni superficiel. Ce terrain recèle de nombreuses et souvent de grandes sources qui coulent sur les terrains imperméables auxquels il est superposé, et viennent sourdre à son pourtour mais la grande épaisseur do ces dépôts, surtout aux environs des cratères qui les ont produits, ne peut laisser aucun espoir d'y découvrir des sources à une profondeur ordinaire ; ce n'est que vers les extrémités de ces dépôts, dans les lieux où ils ont une faible épaisseur, qu'on peut faire des tentatives fructueuses.

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