CHAPITRE XXII
TERlUlIfft FMABLfiS DÉFAVORABLES AUX 80UEGW.
Je réunis dans où chapilre divers terrains défaxp-
rables à la découverte des BOiiices, qui ne paiaisseni avoir on Ire eux d'autre caractère commua que ia friabilité.
L'Argile.
L'argile, ou glaise, est une terre grasse, compacte, et dont les molécules sont étroitement liées les unes aux autres. En séchant, elle devient dure
et se conlractc. Lorsqu'elle est détrempée avec de Teau, elle augmente de volume, devicnttenace, ductile et onctueuse. Lorsqu'elle est pétrie, elle prend toutes les formes qu'on veut lui donner; on en fiiit des tuiles, des vases de toute espèce et des statues qui, après la cuisson, conservent toutes les formes qu'elles ont reçues. Elle durcit au feu, et peut même y acquérir assez de dureté pour jeter des étincelles par le choc de Tacier.
Toute argile est essentiellement composée de
quartz ou silex et d'alumine. La plus pure des argiles est blanche ; mais, dans la nature, il n*en existe peut-être pas qui soit parfaitement pure; elle est presque toujours mélangée avec d'autres minéraux, et on la qualifie par celui qui s'y montre en plus grande quantité; ainsi, on lui donne le nom d'argile marneuse, crayeuse, ferrugineuse, etc., selon que la marne, la craie ou le fer y domine.
Certains auteurs distinguent l'argile de la glaise ; selon eux, lorsque les matières hétérogènes mêlées à l'argile sont en très-faible proportion, elle est considérée comme pure et conserve le nom d'argile ; .mais lorsqu'elle est mélangée avec des matières étrangères en quantité considérable , elle reçoit le nom de glaise. Pendant longtemps on a divisé les argiles en blanches, noires, grises, brunes, jaunes, rouges, ctc ; mais ces dilîércnles couleurs, qui peuvent se combiner et varier à Tintîni, n'étant qu'accidentelles et n'établissant aucune différence dans leur composition, ne sont pas un caractère distinctif qui puisse servir à en faire connaître les différentes espèces.
L'argile est la formation qui occupe la plus grande partie de l'écorce du globe et qui se trouve presque partout. Dans certains endroits, elle forme la superficie de vastes contrées, parmi lesquelles on peut citer les départements de Lot-et-Garonne, du Gers, de Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne, qui sont presque entièrement recouverts par ce dépôt. Ailleurs, l'argile est cachée sous une ou plusieurs couches qui appartiennent à des terrains d'une na-
turo diflétente. Partout elle sert de base aux terrains stratifiés. Certains dépôts d'argile forment des
masses compactes, plus ou moins épaisses et sans aucune fissure ; d'autres sont 'régulièrement stratifiés, et les assises sont séparées Tune de l'autre par des couches horizontales de cailloux roulés^ de gramrs, de sables, de limon, etc.
Lorsque les couches intercalées dans Targile sont perméables, peu profondes et placées dans les conditions qui ont été exposées, on peut y chercher de Feaii avec succès et on la trouvera toujours dans les assises intercalées ; mais lorsque l'argile forme une masse compacte, homogène et d'une si grande épaisseur qu'on ne puisse la traverser sans rendre le creux trop profond, on doit s'abstenir d'y creuser, parce que aucun courant d*eau n*a. jamais pu se fipayer un passage à travers une telle masse, ni même l'imbiber suffisamment pour qu'elle puisse rendre par stillation la quantité d'eau nécessaire à i alimen* tatioD d'un puits.
La Marne.
La marne n'est pas une terre simple, niais elle est une combinaison d'argile et de craie, opérée par la nature. Les proportions de ce mélange sont très-variables : lorsque l'argile domine, on la nomme marne argileuse; lorsque c'est la craie, on la nomme marne crayemc ou crétacée. On trouve aussi dansquelqucs parties dc^ dépôt du calcaire, du sable, de l'ocre, de la dolomie, du bitume, etc, qui Tout fait sur^-
nommer marne cakaîre, sableuse , ocreuâe^ dotô« rnitique, bitumineuse, etc. Pour la connaître, on n'a qu'à en jeter une petite motte dans un verre plein d'eau, elle se gonflera et se divisera d'ellemême ; si elle est m6Ue, ses parties se désuniront aussitôt, et si elle est dure, elle sera longtemps à se délayer. Lorsqu'elle vient d'être extraite de la marnière, le soleil et la pluie la réduisent bientôt en poudre. La marne est moins gluante que l'argile» et moins friable que la craie; elle fait effenrescence avec Teau forte, le vinaigre et autres acidesj durcit au feu et s*y vitriiW^raéme lorsqu^il est assez incan* descent. Elle happe légèrement la langue, et souvent elle est assez solide pour être employée aux bâtiments, soit comme pierre de taille, soit commè moellon. On y a trouvé tout au plus une quarantaine d'espèces de fossiles disséminés sans ordr#^ en tre autres des pectinites, entroques, plagîostomes, trigouies, hélix, ammonites, térébratulcs, bélemnites, des débris de mastodontes, d'ichthyosaiires, plésiosaures, etc;
Les marnes offrent en général très-peu de vestiges de ^stratification régulière : celles dont la masse est interrompue par des couches de calcaire qui sont toujours mmces et peu étendués, et celles qui sont fmiititées ou schisteuses, sont à peu près les seules qui puissent être considérées comme stratifiées. L'épaisseur des dépôts marneux varie de dix à cent cinquante mètres.
Dans les diverses JNirties de la màride on t^uve les sept couleurs; mats on n'y en voit aucune qui
soit parfaitement homogène; toutes sont plus ou moins nuancées par les différents oxides métalliques qui sont mêlés avec sa substance et qui s'y combinent à l'infini; aussi, au lieu dédire que telle marne est blanche, noire, rouge, verte, bleue, jaune ou violette, les géologues disent communément qu'elle est blanchâtre, noirâtre, rougeâtre, verdàtre, bleuâtre, jaunâtre ou violacée. 11 est une marne qui présente alternativement des bandes blanchâtres, rou-» geàtres, verdàtres, bleuâtres ou violacées^ et que l'on a nommée marne i/isée. Elle est compacte, granuleuse, schisteuse, faiblement agrégée, se séparant à l'air en petits fragments cubiques et contenant peu de fossiles. C'est cette marne qui contient les dépôts de gypse, de sel gemme, qui produit les sources salées, et occupe presque en entier les départements de la Meurthe et de la Moselle. On en trouve aussi, mais en dépôts peu étendus, à Salins, Lonsle-Saulnier, Alais, Anduze, Castellane, Avallon, Bayeux, Flize, au Mont-d'Or, etc.
C'est lorsque l'hydroscopc cherche des sources dans les marnes, qu'il est obligé d'employer toute sa sagacité pour reconnaître si elles sont stratifiées, quelle est la puissance de chaque couche , quelles sont les couches qui sont perméables et celles qui • ne le sont pas, si le dépôt se compose d'une masse non stratifiée , s'il y a des bétoires ou non ; car à défaut d'un examen attentif du terrain, il court le danger de ne pas faire une indication qui serait utile et souvent très-importante, ou d'en faire une erronée.
Digitiz
; Lorsque le dépôt de marne est stratiûéy. qu'il se compose priadpîdemenl deeraie.eilest parconsé^ quent peiinéable, et que les lits intercalés et hori«
zontaux sontimperniéableset ne sont pas à une trop grande profondeur, on peut y creuser avec succès ; mais si ce dépôt n'est nullement stratitié, . s'il se compose printipalemeni é'ai^ile et est par conséquent imperméable, commb aussi si les Mti interca^ lés et horizontaux sont perméables ou à une trop grande prolondeur, on doit s'abstenir d'y creuser.
Lorsque dans le terrain marneux qu'on explore il y aëesbétoirag» afijgp ^ynduire commi^il a été dit m chapitreflM^ y j j B i yi tdii calcaire à bé^
toires. . . ^ * ikch
La Craie*
La craie est un calcaire composé de coquillages pulvérisés que la mer a déposé dans certaines localités. Des parties de ce dépôt sont restées à Télat puivérulent ou très-friable, tandis que les autres ont acquis a^ee le temps assez de solidité pour servir aux constructions. Si Ton réduh des coquilles en poudre, on aura une matière toute semblable à la craie puWérisée. Par l'action du feu la craie dure et pierreuse se diange en chaux; elle perd environ le tiers de son poids par -te calcination^ sans tp^e son Tolume en soit sensiblement diminué; en la laissant exposée à l'air et à la pluie, cette chaux de craie reprend peu à peu les parties intégrantes que le fou lut avait enlevées, et, dans ce nouvel état, on peut
la calciner mie seconde fois et en (aire de la chaux d'aussi bonne qualité que la première.
Les fossiles que les géologues ont déjà signalés dans ce terrain sont au nombre de plus de onze cents. Je me borne à en nommer quelques-uns, non comme caractéristiques , mais comme s'y rencontrant le plus communément, savoir : les ammonites, bélemiiites, gryphées, nummulites, cérites, ampuUaires, hamites, turritelles, scaphites, térébratules, nautiles, baculites, encrines, madrépores, échinites, etc.
Lorsque la craie est à peu près pure, sa couleur est ordinairement un blanc mat. Les autres coupleurs qu'elle présente, telles que la jaunâtre, la rougeàtre, ia brunâtre, sont dues à quelques minéraux hétérogènes qu'eUe renférme , savoir : du soufire, du fer oxidé, quelques petits dépôts de lignites et même de houille. On y trouve $imA des amas de sel gemme et de gypse.
Quoique la craie soit une formation de sédiment, sa stratification est quelquefois aaees eoitfuse et peu caractérisée ; cependant elle est générdement stnn tifiée» ses assises sont horizontales et séparées les unes des autres par des lits de silex pyromaques (pierses à fusil) ou des silex cornés. Ces lits de silex sont peu épais et toujours parallèles entre eux. Les ailex sont toujours arrondis, d»long8, aphtis en forme de rognons et couchés sur le plat. Certaines couches de craie sont entrecoupées par des veines de silice minces, assez étendues, et présentant toutes sortes de dîirections et d'inclinaisons. Dans
toutes les masses de craie il se trouve aussi des nodules de silex perdus, qui n'ont entre elles aucun rapport de position.
Les dépôt» de craie sont ordinairement d'une grande épaisseur, comme le prouvent les nombreux puits ordinaires qu'on y a creusés jusqu'à 1 00 mètres, et les puits artésiens qu'on y a perforés jusqu'à plus de 200 mètres de profondeur, sans avoir atteint le fond du dép6t. En Angleterre, on lui a trouvé en plusieurs lieux une puissance de plus de 600 mètres.
Lorsqu'on est à portée d'examiner ce terrain par une coupe verticale d'une grande hauteur, comme les Maises de la Manche, les coteaux à pentes abruptes, ou dans des puits qui sont en creusement, on reconnaît que ce dépôt est divisé en deux espèces de craie qui ont chacune des caractères différents, l'une supérieure et l'autre inférieure.
La craie supérieure est la plus pure et la plus blanche ; elle est légère, privée de saveur et d'odeur, sans^éclatni transparence et faisanteffervescence avec les acides; elle est douce au toucher, happe un peu la langue et tache les doigts ; elle est on poussière ou en pierre très- tendre, et prend de la consistance à mesure qu'elle est située plus bas. Les rognons de silex y sont plus abondants. C'est avec cette craie, indûment appelée marne par le vulgaire, .que l'on marne les terres -, la pierre connue sous le nom de blanc d'Espagne, eu est une variété.
La craie inférieure, appelée crote liifeau, essentiellement composée des mêmes éléments que la précédente, contient en outre du sable, du calcaire
et de l'argile; elle est même parfois dominée par
l'un de ces éléments ; elle ne marque pas comme la craie blanche, et sa base, toujours composée de marne et d'argile plus ou moins dures, repose sur un lit de grès vert.
Les inégalités du terrain crétacé sont généralement peu prononcées; les éminences y sont peu élevées, surmontées de plateaux souvent fort étendus et bordés d'un petit escarpement, ou bien elles sont terminées en dômes arrondis. Les irallées sont peu profondes, peu lar-^es, et commencent ordinairement par un bassin en forme de cirque. Ce terrain ue renferme ni cavernes, ni ruisseaux, ni fontaines.
Parmi les terrains sédimentaires, le terrain cré* tacé est un des plus étendus. Ceux de nos départements oii il est le plus développé et qu'il occupe en* lièrcmcnt ou en p^rande partie, sont : le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Seine-Inférieure, TOise, FAisne, la Marne, l'Aube, la Haute-Marne, l'Yonne, Seine-et-Marne, Seine«-et-Oise, TEure, le Calvados, rOrne, Eure-et-Loir, la Sarthe, Loir-et-Cher, le Cher, rindre, la Vienne, la Charente et la Gbarente- Inféricure.
L'eitrème perméabilité de la craie, qui absorbe, pour ainsi dire, chaque goutte de pluie au point même où elle touche le sol et la laisse descendre
d'aplomb jusqu'au niveau de la rivière voisine, la rend très-défavorable pour y mettre des sources au jour. Ceux qui habiteilt les plateaux élevés de ce terrain ne peuvent espérer de s'y procurer de l'eau de source qu'en creusant à des profondeurs extraordb-
iiaires et souvent impraticables; toutefois, en creusant les puits dans les \allons les plus profonds, après s'être assuré^ par ua nivelleiueut préalable, qu'on n'aura pas à creuser trop profondément pour atteindre le niveau de la rivière voisine, on peut compter d'y trouver un cours d'eau qui ne peut pas être au-dessous de ce niveau.
Terrain Clysmien.
Le terrain clysmien, ou diluvien, est celui qui a été transporté par les eaux de la mer ou de grands lacs, et déposé dans certaines localités. Partout où l'on voit des amas de cailloux et de graviers roulés, qui n'ont pu y être transportés par les cours d'eau actuels, on peut affirmer qu'ils l'ont été parles eaux diluviennes ou par les débâcles de lacs supérieurs qui ont rompu leurs digues. Ces dépôts sont si nombreux et si répandus sur la terre, qu'il n'y a peutêtre pas une lieue carrée qui u'en possède quelque gîte. ^
Ce terrain se distingue de tous les autres par sept caractères principaux : l"* il est composé de galete, de graviers, de sables, plus ou moins roulés, et il occupe dans les vallées, dans les côtes, sur les plateaux et même sur de très-liaules montagnes, des positions que n'ont jamais pu atteindre les cours d'eau actuels dans leurs plus grandes crues ; 2* de loin en loin, on voit, gisants dans ce terrain, des blocs roulés de toiiti; grossenr. Quelques-uns ont jusqu'à 20 mètres de diamètre, et se trouvent dans
des plaines d'où le plus puissant cours d'eau actuel ne pourrait les déplacer ; il y en a même qui n'ont pas de roche analogue dans la ysàlée où ils se trouirent, et qui, par conséquent, proviennent d'autres bassins hydrographiques ; 3* ce terrain n'est jamais recouvert par aucune couche de roche solide ; 4° il contient des coquilles marines peu altérées; 5* il renferme des débris d*animaux. dont l'espèce est perdue ; tels que les ossements des mastodontes, mégathérîums, raégalonyx, trogonthériums, etc., ou des débris d'animaux dont les analogues vivent dans des climats et sous des latitudes très-diiïérenles de celles où se trouvent ces débris ; tels sont : les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames, etc., qui sont aujourd'hui concentrés dans la zône torride; 6" on n'y trouve ni ossements humains, ni aucune trace de l'industrie humaine; 7" dans certaines contrées, ce terrain, quoique absolument privé de cours d'eau, présente plusieurs sillons ou petits vallons fort prolongés, parallèles entre eux, et qui n'ont pu être creuses que par des courants de mer.
Les blocs, galets, graviers et sables clysmieus sont quelquefois sans mélange d'autres substances ; mais, le plus souvent, ils sont empâtés dans des couches d'argile, de terre végétale ou de limon. Certaines parties de ce terrain sont désagrégées, d'autres sont agglutinées par des ciments calcaires ou ferrugineux, et constituent des amas de poudingue; d'autres soiit divisées en couches ondulées et peu étendues, qui indiquent les dépôts successifs opérés par les eaux; mais, le plus ordinairement, elles n'olTreul aucune
apparence de stratification. Vers les bords des ri- YièreSy le terrain clysmien présente ordinairement un ou plusieurs gradins, avec escarpements on
pentes iHHtles, plus ou moins prolongés ci à peu près parallèles au thalweg do la vallée. Vai comparant répaisseur d'un dépôt à celle d'un autre, et même les différentes épaisseurs du même dép6t> on trouve de très-grandes différences : en certains endroits, ces dépôts n'ont que quelques décimètres; dans d'autres, ils ont jusqu'à deux ou trois cents mètres d'épaisseur. A mesure qu'on s'éloigne des lieux d'où sont partis les fragments pierreux de ce terrain, on les trouve plus arrondis et moins volumineux. Plus on creuse dans ces dépôts, plus on trouve les blocs et les galets volumineux.
Les parties de la France où ce terrain a pris les plus grands développements sont les bords du Rhin, de risère, de la Durance, et surtout ceux du Rhône, à remboucluirc duquel est la fameuse plaine de la Crau, qui a plus de 4 myriamctrcs de traversée en tous sens, et qui n'est composée que de ce terrain.
Les dépôts clysmiens doivent être rangés parmi les terrains peu favorables à la découverte des sources; car ils sont généralement désagrégés, sans stratification d'une grande épaisseur, déposés sans aucun ordre, et n'ayant que peu ou point de dépressions à la surface. La porosité de ce terrain est telle, que les eaux pluviales et celles des ruisseaux qui proviennent d'autres terrains s'y perdent et s'enfoncent jusqu'au ni\eau des rivières voisines, qui, à raison de la grande épaisseur du dépôt, sont le plus souvent à
un nWeaa bien inférieur à celui des localités qu*on
voudrait approvisionner d'eau. On peut y rencontrer, il est vrai, quelques couches d'argile, de marne ou de poudingue aquii'ères ; mais ces sortes de couches y sont si rares, si peu étendues et souvent si profondes, que les chances de non réussite surpassent celles des réussites.
Sous ce terrain il y a presque partout des nappes d'eau qui en occupent toute la partie inférieurci marchant péniMement, lentement et presque horizontalement à travers les cailloutages pour se rendiH^ à la rivière voisine; aussi, dans les basses plages de ce lorrain qui sont le long des rivières, et qui ne les dominent que de quelques mètres, chacun peut creuser à sa commodité, avec la certitude de trouver la nappe d'eau à une faible profondeur.