DEPRE9S10>S DE LA TERRE
Les rameaux qui se détachent de la chai ne principale, Jes contre-forts et éperons qui se détachent des rameaux, laissent entre eux des intervalles ou des dépressions plus ou moins considérables, que Ton
appelle vallées, vallons^ défilés, gorges, ravins et plis de terrain (I ;. On nomme vallées les dépressions d'une largeur considérable qui partent du faite d'une chaîne principale et descendent jusqu'à une rivière ; vallons, celles qui séparent les rameaux, ou qui ne forment qu'une petite vallée; défilés ou gorges, celles qui séparent les contre-forts, ainsi que celles qui sont
{{) Ces six espèces de dépressions ne dill'érant entre elles que par leur grandeur, ne | euvent être dislingiRcs Tune de l'autre par aucun caractcre tranché, puisque tous les accidents de terrain qnc l'on voit dans une se trouvent dans toutes les autres. Pour ne pas élrc oblige de répéter à tout instant celle nomenclalure, y. me conicnterai le plus souvent d'en nommer une, par exemple, le vallon, étant bien entendu que tout ce que j'en dirai doil ou peut être appliqué à toutes les autres.
très-étroites et bordées d'escarpements; ravins, les excavations prolongées, étroites, à pentes rapides, cl qui ont été creusées par des cours d'eau; et eniin plis^ celles dont Ja profondeur est peu sensible*
Les flancs ou versants des collines, rameaux et contre-forts qui laissent entre eux ces dépressions, se nomment aussi les flancs ou versants de la vallée, du wallon, de la gorge, du ravin et du pli. La ligne d'intersection plus ou moins sinueuse que forment en bas les deux flancs ou versants, et que suivent les eaux qui tombent sur la vallée, vallon, etc., se nomme le thalweg (1).
Chaque vallée reçoit, de droite et de gauche, un grand nombre de vallons, défilés, gorges, ravins et plis ; chaque vallon reçoit de même plusieurs dépressions d'un ordre inférieur.
Dans les vallées, vallons, etc» , on doit remarquerque touteslesfois que d'un côté une croupe de montagne forme un avancement dans la vallée, avancement que l'on nomme angle iaiUant, on voit vis-à-vis et du côté opposé un enfoncement que l'on appelle angle rentrant. Du même côté de la vallée, les angles saillants elles angles rentrants alternent entre eux ; en sorte que chaque angle saillant est formé par deux angles rentrants, et chaque angle rentrant est formé par deux angles saillants. 11 en est de même du côté oppose de la vallée ; mais les angles saillants d'un côté ne sont jamais opposés aux angles saillants de l'autre ;
(1) Ce mot allemand signifie chemin de la ffallée.
kê angles rentrants ne sont pas non plus opposés
entre eux; au contraire, tous les angles saillants d'un côté de vallée correspondent exactement aux angles rentrants de l'autre, et réciproquement; de manière que si» par sopposition, les deux versants d'une Taliée venaient à se rapprocher, les angles saillants de l'un s'engrèneraient assez bien dans les angles rentrants de l'autre. Ces règles ne reçoivent guère d'exceptions que dans les \allées d'une très* grande largeur.
Quand les deux versants d'une vallée ou d'un vallon sont en pente douce, la vallée est en général Ircs-évasée et assez régulière dans son cours; le thalweg se trouve à peu près à égale distance des deux versants, mais si dans quelques endroits la pente devient plus rapide d'un côté, le thalinreg s'infléchit vers ce point.
Les vallées formées par deux versants escarpés sont en général très* étroites et très-irrégulières : on y remarque beaucoup de rétrécissements et d'élargissements ; la courbe du thalweg présente une infinité d'inflexions, mais elle se rapproche toujours du côté le plus escarpé.
On remarque dans chaque vallée une pente douce ou taluêj qui va du pied de l'escarpement vers le thalweg, mais qui n'arrive que rarement jusqu'à lui, quoiqu'elle soit plus ou moins étendue, suivant la hauteur de la montagne et la largeur de la vallée.
Les pkdnea sont de grands espaces qui paraissent horizontaux, quoiqu'ils ne le soient jamais rigou-
reusemcot. On y remarque des arêtes ou crêtes de parti^e avec leurs rameaux, et de Itères dépres* sloDS y forment les vallées dans lesquelles serpentent
souvent des cours d'eau ; lorsque leurs versants ont une pente un peu prononcée, on les appelle coteaiLXj el lorsqu'elle Test faibleroeut^ on les nomme rideam*