EXAMEN DES VERSANTS
Après avoir eiamîné le faite d'une chatkie priii%>pale et les crêtes de plusieurs rameaux, l'observateur aura à examiner les versants qui sont entre ce faîte et la rivière adjacente, ainsi que les versants de plu-» sieurs affluents.
Un venant est le flanc d'une montSagne ou oo^ line qui verse ses eaux dans la plaine voisine. Sa pente se compose le plus souvent de trois sortes d© pentes, qui doivent ôtrc distinguées; savoir: leph^ teaih le coteau el la plaine.
Le plateau oet la plaine qui est situé» sur la montagne ou colline. Il est ordinaîren^nt divisé longîtn* dinalement en deux parties par la crête de partage, et ses eaux descendent dans deux vallons diiïérents. La partie du plateau qui verse ses eaux dans un vallon, et qui, par conséquent, fait partie da sonversant, a pour largeur l'espace qui est entre la crête de partage et le bord du coteau. Ces deux parties du plateau sont rarement égales en largeur, al-
teudu que la crête de pajrtage se rapproche plus d'un coteau que de Tautre; quoîquefois même elle vient se confondre avec le bord d'un des deux coteaux, et alors le plateau verse toutes ses eaux dans le vallon vers lequel il est incliné. '
Le coteau est la partie la plus rapide du versant. Il est limité en haut par le|)ord inférieur du plateau, sur les deux côtés par les ouvertures de deux vallons, et en bas par la plaine. La ligne qui sépare la pente douce du plateau de la pente bien plus rapide du coteau, est à peu près horizoutaie, et partout où elle rencontre des rochers, ils sont escarpés. Lors* q^, sur un même côté de vallon, il 7 a plusieurs coteaux consécutifs, tous présentent à peu près la même hauteur, le même escarpement, et souvent les mêmes assises. Cette ligne n'ayant pas encore reçu de* nom dans notre langue, je propose deFap» fiA»^^cùrnMie du coteau.
iaB, ligne qui sépare le coteau de la plaine, et qui en suit la base visible, est appelée le pied du co^ teau.
Les pieds de tous les coteaux qui peuvent exister dans le bassin d'une rivière ne forment, à proprement parler, qu'une seule ligne, qui embrasse nonseulement la plaine de la vallée principale, mais encoie elle fait le tour des plaines de tous ses affluents. Le nom de pied n'ayant aucune analogie aveotune ligne si tortueuse, et dont la longueur est souvent centuple de celle de la vallée principale, je propose de la nommer la Hgne çôtière ou la cdtière»
La plaine d'un versant est celle qui s'étend depuis le pied du coteau ou ligne côtière, jusqu'au thalweg. Cette partie du ifersant est d'ordinaire ia moins inclinée.
Certains versants ne se composent que du plateau et du coteau-, d'autres, du coleau et de la plaine; d'autres n'ont ni plateau ni plaine^ et leur pente est uniforme depuis la crête de partage jusqu'au thalweg.
La eréta de partage , la corniche , la c6tière et le
thalweg d'un \ersant observent entre eux un certain parallélisme, et décrivent à peu près les mêmes circuits.
En entrant dans la vallée, Tobservateur trouvera ordinairement les deux coteaux escarpés ou à pentes.
rapides. Il remarquera que, dans des vallées et val-« Ions, les deux coteaux sont à peu près parallèles sur de très-longs espaces, et laissent entre eux une plaine assez régulière qui se rétrécit peu à peu depuis l'embouchure, de la dépression jusqu'à son origine. Dans d'autres vallées et vallons, les deux coteaux s'éloignent et se rapprochent alternativement. Durant certains trajets, leurs bases sont contiguës ou très-rapprochées ; dans d'antres, les deux coteaux s'éloignent l'un de l'autre, et laissent entas eux une plaine plus ou moins large, plus ou«moin» longue, en sorte que la vallée ne se compose que d'une série de gorges et de bassins formés pai' ces rétrécissements et élargissemen ts .
La pente d'un coteau est loin d'être uniforme : tantôt elle est douce, tantôt abrupte ou très-rapide;
ici elle présente un plan incliné assez régulier ; là des ondulations allant de haut en bas; un peu plus loin, des gradins horizontaux et placés les uns audessus des autres.
L'observateur doit étudier aussi l'incHnaison des roches qui composent les doux coteaux. Si tous les deux sont à pentes douces, les assises des roches sont horizontales ou légèrement inclinées vers le fond de la vallée. Dans ce cas, il vérifiera si les assises qui sont sur un coteau se trouvent sur Tautre, et dans le même ordre de superposition. Si Tun des deux coteaux est à pente douce et l'autre à pente rapide ou escarpée, les assises du coteau à pente douce sont inclinés vers le fond de la vallée, et montrent leurs têtes, tandis que celles du coteau à pente rapide montrent leurs tranches et plongent vers le fond de la vallée voisine.
Les eaux pluviales, les gelées et la culture détachent continuellement, de tous les coteaux escarpés ou rapides, des bloc» de rochers, dés pierrailles et des terres végétales qui descendent à leurs pieds, et s*y déposent en forme de tahis. Ce talus, que l'on nomme éboulis, a une pente moins rapide que celle du coteau. Les plus grosses pierres qui le composent en occupent la lÀse, et les plus petites, la partie la plus élevée. Ce talus manque partout où un cours d'eau touche la base du coteau, parce que les débris qui le formeraient, tombant dans le lit du courant, sont, à chaque crue, entraînés et dispersés dans la plaine inférieure.
. En continuant de monter dans la vallée, Tobser-
tateur Toit arriver, des deux cfttés, des vallons, des
gorges, des ravins et des plîs de terrain, qu'il ne manquera pas d'examiner successivement, Tun en montant jusqu'au point d'où il part, et l'autre en redescendant à la vallée principale.
Lorsqu*il sera près d'arriver à l'origine de cette vallée, qui ne sera plus qu'un petit vallon, il pourra être quelquefois embarrassé pour la distinguer des autres \allons, gorges, etc., qui partent comme elle de la chaîne principale, et ont à peu près les mêmes formes et dimensions ; mais il pourra la reconnaître facilement, en ce qu'elle vient de plus loin, que son thalvreg est toujours plus bas et moins rapide que les thalwegs des affluents qui viennent s'y décharger. Après la réunion de quelques vallons et gorges, la vallée principale se distingue évidemment par sa largeur et sa direction générale.