‹ L'art de découvrir les sourcesChapitre 7 sur 28 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Il a été fait sur les fleuves, les rivières et les ruisseaux (1), un grand nombre d'observations qui leur sont commuaes avec les cours d'eau souterrains, il est donc indispensable d'étudier et de se rendre milières les lois qui président à leur formation et écoulement, afin de pouroir enftire Tapplication aux cours d'eau invisibles.

(1) Les fleuves, les rivières et les raisseaux se forment, OGolent et agissent de la même manière. L'analogie qui existe entre ces trois espèces de cours d'eau, qui ne diffèrent réellement entre eux que par leur grandeur, a empêché jusqu'ici d'assigner à chacun des caractères qui lui soient propres et qui puissent; dans tous les cas, servir à le distinguer des deux autres. Nul n'a pu, par exemple, fixer rigoureusement en quoi un fleuve diffère d'une rivière et une rivière d'un ruisseau. Ce qui fait que dans certains pays on appelle fleuTe un cours d'eau qui est loin d'égaler celui qui dans d'antres est nommé rivière, et quo dans certaines localités on nomme rivière un cours d'eau qui partout ailleurs ne porterait que le nom de ruisseau. Quelques-uns toutefois les distinguent de

ûigitizeci by

Tout fleuve, toute rivière et même tout ruisseau a un bassin, une source, un lit, des berges, des talus, une droite, une gauche, un amont, un aval et un conHuent que l'on nomme aussi embouchure.

Le bassin d'un fleuve, d'une rivière et d'un ruisseau se compose de toute les vallées, vallons, gorges

et plis de terrain qui versent leurs eaux dans son canal -, sa source est celle qui est la plus éloignée de son embouchure ; son lit est le canal dans lequel coulent ses eaux, et dont elles ne sortent que lors do leurs débordements; ses berges sont les parties de ses' bords qui sont coupées verticalement; ses talus sont les parties de ses bords qui sont en pente douce ; sa dîoUe est la partie qui se trouverait à la droite d'un homme qui suivrait, en descendant, le milieu du canal ; sa gauche est la partie qui, dans le même cas, se trouverait à sa gauche ; son ammt est la partie de son canal qui est au-dessus d'un point désigné; son aval est la partie qui est au-dessous; son coiifiuent ou embomhure est le poiut où il se jette dans un autre cours d'eau.

Le mot embouchure est seul employé pour désigner le point où un cours d'eau se jette dans la mer.

Excepté dans quelques contrées calcaires, maria manière saivanle : si une eau courante n'est pas assez forte pour porter de petits bateaux, on l'appelle rmm%m; si elle est assez forte pour porter bateau, on Vappèlle rivière; enfin, si elle peut porter de grands bateaux^ on rappelle fleuve. Ces définitions, comme on le voit, sont assez élastiqnès.

lieuses ou crayeuses, toute vallée qui a une longueur considérable, renferme une rivière ou un ruisseau, et les affluents qu'elle reçoit sont d'autant plus nombreux et importants que son parcours est plus long. En commençant, le canal d'un cours d'eau n'est ordinairement qu'une rigole de quelques décimètres de largeur et de profondeur. Dans certains terrains sa source, ou point de départ, est dans une plage élevée, le plus souvent marécageuse, et dont l'inclinaison est à peine sensible; dans d'autres, il commence à la naissance d'un vallon qui est plus ou moins profondément creusé en forme de cirque. De distance en distance, il reçoit quelque nouveau ruisseau qui lui arrive du fond d'un angle rentrant, et vers lequel il s'infléchit pour aller le recevoir.

Si les deux cours d'eau qui se réunissent sont à peu près égaux, leur nouvelle direction ne continue celle de l'un ni de l'autre; s'ils sont inégaux, le plus petit quitte sa direction, et prend à peu près celle du plus grand. Celui-ci se dérange de sa direction d'autant moins qu'il est plus fort que l'autre.

Certains cours d'eau marchent en ligne à peu près droite et parallèlement aux deux coteaux adjacents sur des espaces assez longs; mais le plus souvent leur cours est très-sinueux, et ils décrivent d'autant plus de détours que leur pente est plus faible. On appelle direction générale d'un cours d'eau celle qui est indiquée par les deux coteaux qui l'accompagnent, abstraction faite de tous ses petits détours.

Le canal d'un cours d'eau s'agrandit à chaque nouveau cours d'eau qu'il reçoit; mais il n'augmente

]kii f» caiiaeité à raison dès nouvelles etui qnthii arrivent ; par exemple, nn'Ooart d'eau qui en reçtit

un autre qui lui est égal, augmente sans doute sa largeur et sa profondeur, mais elles ne deviennent pas doubles; parce que les deux cours d'eau Féunis, n'ayant plus qu'un fond et deu^t iKNrds, éfirouvent moins de frottements, et rencontrent moins d'obstacles que lorsqu'ils étaient séparés et avaient deux fonds et quatre rivages. Un cours d^eau augmente son volume depuis sa source jusqu'à son embouehure, et il entretient son canal (tais des dimensions qui sont partout en rapport avec lè té* lume ordinaire de ses eaux ; mais sa pente ainsi que sa vitesse vont en diminuant.

Si les deux coteaux qui forment un vallon ont leurs pentes égales, le cours d'eau marche à égale distance de l'un et de l'autre; si l'un des deux est plus rapide que l'autre, le cours d'eau se tient plus près de celui qui est plus rapide ; et si l'un des deux coteaux est un escarpement, le cours d'eau en l]!j|^gne le pied. Quoique cette pente rapide ou cet escarpement se prolonge beaucoup, le cours d'ea^ ne laisse pas d^en suivre la base jusqu'à ce qu'un angle saillant vienne l'arrêter et l'obliger de se porter vers le pied du coteau opposé. Si le lecteur se donne la peine d'examiner, ou de rappeler à sa mémoire, les cours d'eau dont la direction n'a pas été changée par la main de l'homme, il reconnaîtra que ces observations sont constantes.

Dans le canal d'un ruisseau et d'une rivière qui ne sont pas encaissés, les talus et les berges font

en petit ce quêtes coteaux font en grand ; ils sont opposé les uns aux autres et alternent entre eux. Chaque talus forme un angle saillant et cha^e

berge un angle rentrant au fond duquel va expirer le talus; en sorte que celui qui marche au bord d'un cours d'eau et du même côté voit alternative* inent le talus et la berge de son c6té. Il peut remarquer aussi que le cours d'eau, creusant jou^• nellcment au pied de la berge, rend cette partie de son canal de plus en plus profonde et va déposer les matières qui s'en détachent sur le premier talus inférieur qui est sur la rive opposée.

Page 1